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Street-Art : la ville de Reims efface une oeuvre qu’elle a elle-même commandée

Jéremy Billault 29 février 2016

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A Reims, un pochoir posé sur un transformateur par le street-artist C215 a été effacé par la brigade anti-tag de la mairie. L’oeuvre en question était pourtant légitime : commandée par la mairie elle-même pour annoncer une exposition, elle a été victime d’une mauvaise communication entre les services. Tout un symbole. 

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Le pochoir effacé qui n’aura été visible que pendant quelques jours. ©c215

C’est une histoire anodine qui finalement en dit long. A Reims, un nouveau cas d’incompréhension entre institutions culturelles et autorités locales a conduit à la destruction d’une œuvre d’art. Comme souvent, il s’agit de street-art et d’une « brigade anti-tag » assidue et efficace qui n’a rien laissé sur son passage. Mais cette fois-ci, l’œuvre en question était une commande de la ville : réalisée par le street-artist C215, elle faisait partie d’un plan de communication pour annoncer une expo aux quatre coins de la ville.

Comme le rapporte le journal L’Union, la mairie reconnaît un problème de communication entre différents services : « Il y a eu un petit couac : les services qui ont dealé avec C215 ont oublié de prévenir le service propreté. Ils n’ont pas dit qu’il y avait quatre ‘grafs’ qu’il ne fallait pas effacer ». De son côté, C215 a fait part de son étonnement (une commande détruite par le commanditaire ?) et sera invité à revenir pour créer (et non pas recréer, ce n’est pas le genre de la maison) un autre dessin au même endroit, sur un transformateur à quelques pas de l’hôtel de ville. La mairie s’est excusée, l’affaire n’en sera pas une et pourrait même être un joli coup de projecteur sur la grande exposition du travail de C215 au printemps prochain.

Symbole ?

Si le street-art bénéficie depuis plusieurs années d’une certaine reconnaissance, la méprise de la « brigade anti-tag » de Reims illustre l’incompréhension qui pèse sur lui. A l’origine illégal et traqué avec assiduité, le street-art se développe au point d’être toléré, d’arriver en galeries, de se vendre et, paradoxe toujours aussi effectif, d’être commandé. Du point de vue des artistes, la situation est compliquée : la reconnaissance conduit à créer pour le compte de la ville, de celle qui a, pendant des années, cherché à saborder la création. C’est la difficulté qu’a ressentie Shepard Fairey, figure emblématique du street-art lorsque, invité par la ville de Detroit, il a recouvert beaucoup plus que prévu les immeubles alentours et a fini par se rendre aux policiers.

Ici, l’histoire est inversée : la ville supprime plus que ce qu’elle devait supprimer. Il semble donc difficile d’imaginer, de prime abord, qu’un dessin sur un mur ou transformateur puisse être légal. Et encore moins commandé par la ville. Mais la bonne fois des services culturels ne l’a pas imaginé une seconde : on pensait peut-être que la qualité esthétique du pochoir ou l’annonce de l’expo à venir pourrait suffire pour que l’œuvre reste intacte. Pour certains, le street-art est donc devenu une forme totalement légitime d’art public, pour d’autre c’est encore difficile à concevoir. Le positif dans l’histoire, c’est que l’exposition bénéficie d’un joli coup de pub et que désormais, à Reims, le street-art devrait avoir à l’avenir, le bénéfice du doute.

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