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La plus vieille taverne gauloise découverte dans le sud de la France

Agathe Lautréamont 29 février 2016

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Les archéologues pensaient avoir découvert les vestiges d’une boulangerie, ils sont en réalité tombés sur ce qui semblerait être la plus ancienne taverne mise au jour en France ! À Lattes, dans le département de l’Hérault, cette surprenante découverte va permettre aux scientifiques d’en apprendre davantage sur nos ancêtres les Gaulois et leurs habitudes… festives !

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© CNRS

Des débris d’assiettes, des fragments de cruches et de gobelets, des arêtes de poissons, des os de bovins… Pas de doute, les ruines sur lesquelles les archéologues ont mis la main la semaine dernière sont bien celles d’une taverne datant du 1er siècle avant Jésus-Christ, ce qui en fait la plus vieille de toutes celles retrouvées sur le sol français jusqu’à présent ! Si l’on savait depuis longtemps maintenant que ces peuples disparates celtes qu’on regroupe souvent à tort sous le nom de « Gaulois » étaient fortement portés sur les arts de la table, les banquets (allez, avouez-le, vous avez pensé à Asterix !) et les fêtes autour d’une bonne rasade d’alcool, les archéologues hésitaient encore quant à la naissance des premières tavernes.

Or, grâce aux fouilles réalisées sur le site de l’antique cité de Lattara, les chercheurs peuvent y voir désormais un peu plus clair. Ces ruines d’une ancienne « tabernae » solnt donc les plus anciennes excavées sur le sol hexagonal, sur un emplacement situé près de la ville de Lattès, non loin de Montpellier. La cité, fondée après la conquête romaine, est un site portuaire important dans la province romanisée de Narbonne.

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Emplacements des fours de terre cuite © CNRS

Et à l’intérieur des remparts de Lattara, cette taverne de 2100 ans fait sens, quand on sait que marins et commerçants abondaient dans ses rues et devaient bien avoir besoin d’un  lieu alliant convivialité, repos et bonne chère. Dans cet important port commercial de la région, s’échangeaient des vivres venues de Grèce (huiles), Espagne (fruits de mer) ou Italie (vins). En 2013, des fouilles avaient révélé la présence d’amphores et de presses à raisin, attestant l’existence de la viticulture dans cette zone septentrionale, remontant à 500 avant Jésus-Christ. Trouver une taverne à cet emplacement semble donc logique. Comptant un duo de corps de bâtiments, cette échoppe apporta un nouveau mode de vie aux habitants de la région sous domination romaine.

Dans un premier temps, la thèse de la boulangerie fut avancée puisqu’on y retrouva des fours en terre cuite et des meules. Dans un article publié dans la revue anglophone Antiquity, Gaël Piques, chercheur en Archéologie des Sociétés Méditerranéennes au CNRS, explique cependant que cette thèse a été rapidement abandonnée. En effet, les archéologues n’ont pas tardé à découvrir un foyer central entouré de banquettes en arc de cercle. Non loin, une fosse contenait des restes alimentaires et autres déchets comme des ossements de bœuf et de mouton. Ces découvertes, couplées à la mise au jour de débris de plats, d’amphores, de cruchons et de pièces de monnaies marseillaise ne laissent plus de doute : c’est bien là une taverne en bonne et due forme ! Il ne reste plus qu’à imaginer que notre petit guerrier au casque à ailes y est passé un jour, à l’occasion d’un de ses nombreux voyages…

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