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Au Grand Palais, l’art en ricochets avec « Carambolages »

Agathe Lautréamont 29 février 2016

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Et si l’on dépoussiérait un peu les expositions d’art ? En organisant « Carambolages », le Grand Palais a opté pour une thématique déconcertante, où toute logique d’époque, de style ou registre a été abolie au profit d’une expérience profondément visuelle et intuitive. Suivons donc le jeu de domino établit par le musée, où chaque œuvre dépend de sa précédente et introduit la suivante.

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Crâne Asmat, Irian Jaya, Indonésie, XIXe -XXe siècle © Photo François Doury

La première salle de l’exposition « Carambolages » se veut une introduction, qui par son éclairage, pourra guider sans peine le visiteur dans les méandres déboussolants du nouvel accrochage proposé par le Grand Palais. Au centre de la salle, gigantesque et riche de mille détails, une maquette réalisée par Anne et Patrick Poirier, celle d’une ville idéale, utopique, impossible, intitulée « Mnémosyne ». La cité qui ne se trouve « nulle part » (u topos, en grec) a la forme d’un cerveau humain, châsse de nos souvenirs et qui indique la thématique de la première salle, tout en lançant le jeu auquel nous allons nous prêter tout au long du parcours.

Avant de débuter, une œuvre en néon de Maurizio Nannucci, nous donne un indice : « Listen to your eyes », « Écoutez vos yeux ». Voilà le dessein de l’événement du musée parisien. Nous inviter à abandonner ce que l’on sait des accrochages classiques, des scénographies dirigistes qui nous prennent par la main à grands coups de cartels et explications puisées dans l’Histoire de l’Art.

Annette Messager, Gants-tête, 1999 © Galerie Marianne Goodmann

Ici, afin de plonger dans le monde de la création, grâce à des œuvres de notre époque comme du deuxième millénaire avant J-C, il nous suffit de nous laisser guider par notre seule appréciation. Notre capacité à nous émouvoir, nous émerveiller, notre goût pour les devinettes et les jeux de pistes apporteront toute la matière nécessaire, et suffisante, pour apprécier cette exposition qui a été bâtie à la manière d’un jeu.

Le principe est très simple. Le parcours est constitué de stalles et dans chacune d’entre elles, une énigme nous sera proposée : à partir des œuvres qui s’y trouvent exposées, il nous faudra deviner quel est leur point commun, le thème qui les lie toutes. Une fois le lien découvert, il suffit de passer à la présentation suivante, pour accéder à la prochaine énigme. La première étape est plutôt simple et s’inscrit directement dans l’indice donné par les néons de Maurizio Nannucci : le thème, c’est l’œil, notre regard, notre capacité à voir pour décrypter et comprendre.

Une ouverture logique, quand on sait que tout le principe de « Carambolages » repose justement sur les yeux : en sollicitant notre regard et en activant notre imagination, il sera possible d’interpréter ce que l’on voit via une découverte sensible et profondément ludique.

Albrecht Dürer, Tête de cerf percée d’une flèche, 1504 © RMN – Grand Palais

L’idée ? Être mus par une pensée visuelle. Dans cette exposition, nous ne pourrons pas nous reposer sur une logique d’organisation, une classification selon un artiste, une époque, un style… Dans le même ordre d’idée, on ne trouvera aucun cartel accompagnant les artefacts. Rien de tout cela dans « Carambolages » ! Oubliées, les signalétiques qui nous disent quoi voir, quoi lire, dans quel ordre ! Abolies, les longues explications qui nous indiquent comment lire et comprendre une œuvre !

Le mot d’ordre est l’intuition. Peu importe donc si les siècles séparent Joseph Heintz le jeune et Annette Messager. Il convient de faire fi des règles pour mieux déceler ce qui rapproche ces deux personnalités de l’art, au-delà des époques et des normes. En entrant pleinement dans le jeu, on prendra donc beaucoup de plaisir à voir Daniel Spoerri côtoyer une coupe chinoise datant de la dynastie Tang. Les thématiques du repas et de la convivialité ont été découvertes et voilà tout ce qui compte.

Concetto spaziale - Attese (T 104) (Attentes)

Lucio Fontana, Concetto spaziale – Attese, 1958 © Photo Cnetre Pompidou

Les mauvais esprits pourront peut-être trouver à grogner face à ce chamboulement muséographique, ce jeu de domino certes quelque peu déboussolant, mais qui après quelques étapes, devient terriblement amusant. Bien sûr, on peut hausser un sourcil dubitatif face à un accrochage rapprochant un bouclier kényan du XIXe siècle et un Lucio Fontana (on vous laisse le soin de deviner ce qui lie les œuvres entre elles dans cette étape précise…).

Mais qu’importe ? L’important est de se divertir tout en parcourant le globe à la découverte de pièces issues de cultures ancestrales indiennes, de dessins admirables d’Albrecht Dürer ou de créations fantaisistes et un brin provocantes de Bertrand Lavier. « Carambolages » est un voyage à travers les cultures et les époques, les traditions et les esthétiques, toutes liées par le plaisir de la découverte qui stimulera notre curiosité.

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