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Clap de fin pour la foire Officielle

Agathe Lautréamont 25 février 2016

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Après l’arrêt de Paris Photo Los Angeles et de la FIAC Los Angeles, le ciel semble encore s’assombrir au-dessus de Reed Expositions. Cette fois, c’est sur la seconde foire organisée en même temps que la FIAC, OFFICIELLE, que le couperet s’est abattu. En cause ? L’impact des attentats de Paris, la concurrence toujours plus rude de nouvelles pousses de foires d’art contemporain, un ralentissement marqué du marché… Les raisons seraient nombreuses, et l’organisateur tient donc à se montrer quelque peu défiant.

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Entrée de la foire OFFICIELLE, aux Docks – Cité de la Mode et du Design © DR

Il n’y aura donc pas d’édition 2016 pour la foire OFFICIELLE, ainsi l’indiquent les voix conjointes de Jennifer Flay et Maxime Hourdequin. Cet événement satellite, mi-extension, mi-petite sœur, n’est décidément pas parvenu à trouver sa place au cœur des Docks-Cité de la mode et du design. Ventes ternes, emplacement trop éloigné du salon principal (le Grand Palais), espaces jugés par les galeries trop chers quand mis en parallèle avec le chiffre d’affaires, peu de visiteurs ayant voulu se déplacer jusqu’au Quai d’Austerlitz… Autant d’explications qui sont avancées pour justifier cette fin annoncée le 24 février dernier.

Jennifer Flay, directrice de la FIAC, concède que le modèle économique et le lieu choisi n’ont pas su convaincre le public, qui répond toujours chaque année présent au grand rendez-vous de l’art contemporain de l’avenue Winston Churchill. Cependant, cette décision douloureuse serait à séparer de deux autres annulations annoncées par Reed Exposition France, à savoir les coups d’arrêts portés à Paris Photo Los Angeles et à la FIAC organisée dans la même ville américaine.

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Les Docks – Cité de la Mode et du Design © DR

Pourtant, le moins que l’on puisse dire est qu’OFFICIELLE avait su attirer de nombreux exposants. Venus des quatre coins du monde, de Dubaï à Shanghai en passant par Genève et New York,  environ un quart des galeries présentes à la Cité de la Mode étaient originaires de l’Hexagone. Malheureusement, les noms n’ont pas suffi et les attentes de la part des exposants et des visiteurs n’ont pas été remplies. Trop cher, trop loin… Bien sûr des galeries avaient répondu présentes à la foire parallèle, mais pas nécessairement celles qui étaient ciblées à l’origine. Or, comme le rappelle Jennifer Flay, le but de la foire est l’excellence.

Une des raisons majeures qui ont stoppé la tenue 2016 de la foire serait le paysage économique. Le contexte du marché, qui essuie une chute des ventes de 20% dans les maisons de vente aux enchères en France et à l’étranger, a poussé Reed à la plus grande prudence. Organiser malgré cette atmosphère terne un salon 2016, apparemment, était un trop grand risque que l’organisation n’était pas prête à prendre. C’est d’ailleurs cette raison qui a amené à l’arrêt de Paris Photo Los Angeles, à la mi-février.

D’importants investissements avaient été engagés aux USA pour la tenue de cette foire dédiée à l’image, or les amortir avait été compliqué. Sans compter que Reed Expositions France avait subi la nécessité de dédommager à hauteur de 20% les sommes engagées par les exposants de la dernière exposition de Paris Photo au Grand Palais, qui avait été brutalement abrégée suite aux attentats de Paris, le 13 novembre 2015.

Un stand de la FIAC 2015 au Grand Palais © Chesnot – Getty Images

Dernière explication avancée : la concurrence de plus en plus rude dans Paris de la part d’autres foires artistiques. Ces dernières doivent d’ailleurs probablement se frotter les mains à l’annonce de ce coup d’arrêt concernant OFFICIELLE. En 2015, une petite nouvelle avait en effet fait son apparition dans le paysage des événements tenus dans la capitale : Paris Internationale.

Fraîche, dynamique, beaucoup de collectionneurs et d’exposants avaient salué cette initiative qui apportait un nouveau souffle aux foires traditionnelles. Sans compter que ce salon s’était axé sur une politique d’accessibilité accrue, c’est-à-dire que les stands étaient proposés à des prix abordables, la communication avait opté pour un budget raisonné, tandis que l’entrée était libre (là où le billet pour la FIAC est payant).

Y aurait-il un sentiment de saturation de foires d’art contemporain dans les murs de la capitale française ? Entre le Grand Palais, Art Paris, la FIAC, sans parler du projet de l’ancien directeur du Salon de Montrouge, Stéphane Corréard, d’initier son propre salon au Carreau du Temple (3e arrondissement), le paysage semble pour le moins rempli. Surtout à une période où le secteur semble peu à peu ralentir.

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