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Une oeuvre inconnue de Francis Bacon découverte dans une collection privée

Agathe Lautréamont 24 février 2016

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L’œuvre dormait dans une collection londonienne privée et n’avait jamais été montrée au public, encore moins étudiée. L’historien de l’art Martin Harrison, qui s’apprête à publier un nouveau catalogue raisonné sur l’artiste le 28 avril prochain, vient de révéler cette toile inconnue exécutée en 1991, peu de temps avant la mort de l’artiste… 

study of a bull

Francis Bacon, Étude de taureau, 1991

Géométrique, aux teintes terreuses, l’œuvre « Étude de taureau » semble trancher radicalement avec les peintures précédentes, torturées, pour lesquelles le peintre britannique est célèbre. Le taureau s’apprête-t-il à rentrer dans l’arène ? Hésite-t-il au moment d’affronter le matador ? Est-ce seulement un véritable animal, fait de chair et de sang, auquel nous faisons face ; ou bien son fantôme, imprécis et translucide ?

Aux pieds de la puissante bête, Bacon a utilisé de la véritable poussière récoltée dans les méandres de son atelier de Londres, comme pour donner l’illusion que l’animal furieux vient de frapper le sol de son sabot. De poussière, nous retournons tous à la poussière. Est-ce là le chant du cygne de Bacon, une manière d’illustrer qu’il sent la mort venir ? C’est en tout cas le regard porté par Martin Harrison sur l’œuvre, qui selon l’historien de l’art, doit être regardée en résonnance avec son dernier Triptyque, datant également de 1991. L’artiste était en effet très malade à cette époque.

Francis Bacon In Soho

Francis Bacon en 1953 © The John Deakin Archives – Getty Images

À l’image de Pablo Picasso, l’artiste britannique éprouvait une fascination sans borne pour la tauromachie ; une pratique à laquelle il avait été introduit par son ami, le surréaliste Michel Leiris. Il représenta cette tradition espagnole une première fois en 1969 et y dédié par la suite plusieurs compositions, dont un fameux triptyque datant de 1987.

En 1991, à l’âge de 82 ans, Bacon achève cette œuvre alors que ses forces déclinent sensiblement. Asthmatique, porté sur la boisson, fuyant les médecins et les hôpitaux, Bacon a brûlé la chandelle par les deux bouts, et il en avait conscience. Le choix du taureau comme ultime motif décrit son envie de se tenir droit et fier une ultime fois, une dernière grande entrée sur scène, avant la fin. Le peintre meurt  à Madrid le 28 avril 1992.

En novembre dernier, Martin Harrison avait annoncé la découverte de cette « Étude de taureau » dans une collection britannique privée, sans en dire davantage ni sur son motif, ni ses dimensions, ni sa date. Finalement, la peinture a été révélée au grand public mardi 23 février, une œuvre qu’il a « découverte » alors qu’il travaille à un nouveau catalogue raisonné de l’artiste anglais, qui comptera d’autres travaux inédits ou peu connus du maître moderne. Un ensemble de 584 réalisations seront présentées dans l’ouvrage et parmi elles, une centaine n’a été que peu voire pas étudiée.

Installation shots of the Henry Moore and Francis Bacon exhibit at the Art Gallery of Ontario

Exposition Bacon en 2014, en Ontario © Vince Talotta – Getty Images

Un travail d’ampleur pour l’historien de l’art qui admet avoir voyagé aux quatre coins du monde, exploré des musées, des galeries, visité des collections privées en quête d’œuvres méconnues de l’artiste. Une enquête digne de Sherlock Holmes, car la plupart des collectionneurs privés gardent jalousement leurs biens cachés du grand public et ne déclarent pas qu’ils possèdent telle ou telle œuvre d’un grand maître. Il faut donc aller voir, chercher, fouiller, et aussi avoir de la chance.

Et pourtant, pour « Étude de taureau », inutile de chercher bien loin. Elle faisait partie d’une collection privée londonienne, à quelques kilomètres de l’appartement où vivait Francis Bacon ! Si le tableau est si peu connu, c’est parce que Bacon était malade et fatigué. Se tenant éloigné de la presse et de la vie mondaine, il n’a pas eu l’occasion d’en parler et de la présenter plus largement. Ce qui explique le mystère qui l’enveloppe aujourd’hui. La toile est d’ores et déjà prévue comme la pièce maîtresse d’une exposition dédiée à Bacon qui devrait avoir lieu à Monaco dans les prochains mois.

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