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Le portrait de Kevin Spacey rejoint la galerie des présidents américains

Jéremy Billault 24 février 2016

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A la Smithsonian’s National Portrait Gallery, un nouveau portrait vient de faire son entrée au sein de la prestigieuse section des présidents des Etats-Unis. Mais si celui de Barack Obama n’y figure pas encore, son tour n’est pas encore venu. C’est Kevin Spacey, ou plutôt son personnage de Frank Underwood tiré de la série House of Cards qui, grâce à l’artiste Jonathan Yeo, rejoint les plus grands hommes de son pays. Une performance troublante.

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Kevin Spacey en Frank Underwood par Jonathan Yeo

C’est une cérémonie comme les autres qui s’est déroulée ce lundi à la Smithsonian’s National Portrait Gallery. L’artiste britannique Jonathan Yeo présente, avec son modèle, son œuvre qui s’apprête à entrer dans la collection du musée. Ce portrait, comme le veux la tradition, c’est celui d’un président des Etats-Unis sur le point de rejoindre ses prédécesseurs (le musée rassemble, comme la Maison Blanche, les portraits de tous les chefs d’état du pays). S’il est vrai que Barack Obama n’a pas encore sa toile, ce n’est pourtant pas lui qui, en ce lundi de février, a fait son entrée au panthéon pictural de la vie politique américaine. Non, cette fois-ci, c’est un président d’un autre genre, un personnage de fiction : le Président Frank Underwood incarné par Kevin Spacey dans la série House of Cards, dont la quatrième saison est sur le point de sortir via netflix.

WASHINGTON, DC - FEBRUARY 22: (L-R) Artist Jonathan Yeo, Portrait Gallery Director Kim Sajet, and Kevin Spacey attend the portrait unveiling and season 4 premiere of Netflix's "House Of Cards" at the National Portrait Gallery on February 22, 2016 in Washington, DC. (Photo by Paul Morigi/Getty Images For Netflix)

Le président Underwood devant son portrait © Getty Images

Ici, on peut admirer un Richard Nixon bienveillant, représenté de façon ouvertement flatteuse par Norman Rockwell. Là,  Lyndon Johnson apparaît pensif sur un tableau de Peter Hurd qu’il décrivait lui-même comme « la chose la plus laide que j’ai jamais vue ». Et, aujourd’hui, surgit Frank Underwood, son regard profond plongé dans une caméra qu’on soupçonne, avec la même intensité que lorsqu’il l’interpelle à l’écran. Car oui, on est dans la fiction, mais le portrait reste solennel, majestueux et imposant : le modèle ne sourit pas, ses jambes sont croisées, son bras ferme, tout en lui impose le respect. Et pour cause, l’arrivée du tableau à la Smithsonian apparaîtra dans la série : le président Underwood a fait son discours, comme le veut la tradition.

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Lyndon Johnson par Peter Hurd

Le portrait sera accroché jusqu’en octobre prochain, aux côtés, donc, des hommes politiques les plus illustres de l’Histoire du pays, ce qui, évidemment, amuse et impressionne Kevin Spacey : « C’est très amusant de brouiller les lignes entre les faits et la fiction au point de ne plus savoir ce qui se passe », a t-il déclaré au cours de la cérémonie. « Le fait de faire ça dans la ville qui abrite de véritables événements politiques, dans un musée qui possède la plus célèbre collection de portraits politiques au monde et, évidemment, les meilleurs portraits de présidents, c’est extraordinaire ». Pour ce qui est de Jonathan Yeo , la fierté est immense mais pas inédite. Il y a quelques années, l’un de ses portraits avait déjà été exposé à la National Gallery, à Londres. Son modèle était le même, son rôle était différent : Kevin Spacey interprétait alors Richard III.

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Kevin Spacey en Richard III par Jonathan Yeo

La cérémonie et, dans son prolongement, le portrait, font finalement partie d’une performance artistique originale, acceptée et encouragée par la Smithsonian : dans son costume de Frank Underwood, Spacey parvient presque à convaincre l’audience que ce qui se passe est réel. La frontière entre réalité et fiction est plus poreuse que jamais : on a affaire à un personnage de fiction qui, néanmoins, exerce une fonction bien réelle, aux côtés de personnages réels (et historiques, célèbres, identifiés) qui ont exercé cette fonction. Le doute se propage à n’en pas douter.

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