Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_3 SOULÈVEMENTS

18/10/2016 > 15/01/2017

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_5 VIVRE !

18/10/2016 > 08/01/2017

Musée de l'histoire de l'immigration - PARIS

LA NEWSLETTER

La crise des migrants au cœur du premier prix du World Press Photo

Agathe Lautréamont 18 février 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Près de 83 000 images, proposées par 5775 journalistes venus de 128 pays différents soumises à 1 jury. Au bout du compte, seuls 41 photographes ont été récompensés. Et parmi eux, Warren Richardson, qui remporte le prix de la « Photo de l’année » avec son cliché sur la crise des migrants.

warren

La photo primée © Warren Richardson

L’image est très classique dans sa composition. Classique aussi dans le sens où son sujet, même s’il est ancré dans la dure réalité de la crise migratoire qui frappe de plein fouet l’Europe, peut sembler intemporel. La peur, le départ, la guerre n’ont pas attendu 2016 pour déraciner les peuples et morceler les familles. Mais cette photo dégage une force indéniable, une tension exacerbée, un moment de danger absolu suspendu comme ces fils barbelés dont on devine le tranchant. Des mains tendues, un regard exorbité par l’urgence du moment, des barrières acérées de lames aiguës : la puissance visuelle est là, prégnante, sidérante.

Actualité oblige, le jury composé pour remettre les différents prix du World Press Photo (une petite dizaine) a vu défiler sous ses yeux des centaines de clichés traitant des vagues migratoires venant du Moyen-Orient. Mais l’image saisie par Warren Richardson impose à notre regard de s’arrêter, détailler la scène déchirante qui se joue, dans une courbe formée par un heureux hasard par les bras des deux hommes qui s’échangent un nourrisson.

warren 3

© Warren Richardson

Warren Richardson est un photographe indépendant. Il a centré son travail sur les sans-abris, les drogués, les migrants… Toutes ces figures en marge de la société, que l’on taxe de tous les maux du monde, qu’on aimerait ne pas voir tant leur misère rebute et dérange. Le photojournaliste leur donne systématiquement un visage, traduit leur détresse en photographie, agite sous le nez des aveuglés volontaires ce qui devrait susciter l’indignation et la réaction solidaire.

Forcément, ces indénombrables migrants qui affluent sur le sol européen depuis quelques années maintenant représentent une thématique de choix pour Richardson. Intitulée « L’espoir d’une nouvelle vie », le photographe espère bien que cette photo pourra donner aux migrants un autre visage que celui dont on veut bien les affubler; à l’image de l’actuel premier Ministre de Hongrie, Viktor Orbán, qui a choisi de fermer les frontières de son pays pour mettre un coup d’arrêt au flux de réfugiés. Les reportages de Richardson prouvent à quel point l’homme politique se fourvoie.

warren 2

© Warren Richardson

Alors bien sûr, l’image est terriblement floue. Le grain numérique est de la taille d’un ongle de pouce. Mais quand on connaît les conditions dans lesquelles le cliché a été saisi, on ne peut pas blâmer le reporter. Évoluant dans la clandestinité en compagnie d’un groupe de migrant, au beau milieu de la nuit, Richardson ne pouvait pas prendre le risque d’alerter les autorités en utilisant le flash de son boîtier.

Du coup, seule la lumière de la lune éclairait la scène. Le photographe a dû repousser les limites de son appareil : grande ouverture et lente vitesse d’obturation provoquent un flou inévitable, la sensibilité très élevée amène l’immanquable « bruit ». Mais ces défauts n’entachent en rien l’anxiété saisissante de ces figures presque fantomatiques et, paradoxalement, la prise de vue réalisée de côté s’avère tout aussi poignante qu’une vue frontale plus conventionnelle.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE