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Reportage à Seattle : la ville du grunge et de Microsoft se raconte par ses musées

Magali Lesauvage 17 février 2016

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Seattle : à ce nom qui claque comme un envol de baleines dans le Puget Sound, on songe, selon l’âge de ses artères, à Nirvana, au fameux feel good movie avec Tom Hanks et Meg Ryan, à Starbucks ou à Microsoft. Rarement à ses musées. Et pourtant, la ville offre pléthore d’institutions patrimoniales qui chacune raconte une facette de cette cité vivifiante de l’extrême nord-ouest américain. Visite, pour ce premier volet de notre reportage dans la cité émeraude.

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Vue de Seattle depuis le Space Needle, avec le mont Rainier à l’arrière-plan.

Février est le mois des musées à Seattle : autant dire que c’est le moment idéal, alors qu’il pleut à n’en plus finir dans la Rainy City, pour prendre ses quartiers au SAM, à l’EMP ou au Frye Museum. Même s’il faut avoir un certain esprit de contradiction et accepter de vivre à rebours des habitants de la ville, où le mode de vie outdoors est de mise. Car même s’il pleut un jour sur deux à Seattle, on y vit dehors : le jogging est un sport local et les pistes cyclables courent partout.

Mais il y fait aussi très doux, et la nature est à portée de baskets. Est-ce de là que viendrait cette atmosphère si cool ? Qu’on ne s’y trompe pas, si la marijuana est en vente libre dans l’Etat de Washington depuis 2012, les armes à feu le sont aussi. Et si des barbus à talons hauts servent dans les magasins, si les cheveux se colorent volontiers de rose et de vert, et le piercing est un accessoire banal, la ville qui a vu naître la musique grunge est aussi celle de Bill Gates et de plusieurs générations de geeks.

Que l’on y fasse germer un nouvelle contre-culture ou qu’on y invente des logiciels, Seattle a semble-t-il gardé l’esprit pionnier de ses débuts. Là où depuis un siècle ont été fondées des entreprises connues dans le monde entier (Boeing, Starbucks, Microsoft, Amazon), dont les inventions ont, qu’on le veuille ou non, changé nos vies, vivaient autrefois une trentaine de tribus autochtones, que l’arrivée des premiers colons au milieu du XIXe siècle a rapidement cantonnés dans des zones réservées.

Les premiers arrivés là, poussés par la ruée vers l’or et la quête de la « last frontier » avant l’Alaska, déplacèrent littéralement des montagnes pour faire de cette région inhospitalière un havre de paix, arasant des collines, asséchant des lacs. La ville, nichée sur une presqu’île au creux d’un bras de mer prolongeant l’Océan Pacifique, prend alors son nom d’« Emerald City » (ville émeraude), joyau serti d’un cadre naturel exceptionnel variant baies, forêts et montagnes toujours blanches.

Aujourd’hui ville symbole de progrès, avec des revenus moyens très élevés en raison de la présence de nombreux cadres et ingénieurs, Seattle compte aussi un nombre record de homeless : environ 8000 SDF (sur une population totale de 600 000 habitants) occupent les rues, et vivent pour une large partie sous des tentes dans une zone périphérique surnommée « la jungle »…

A Seattle peut-être plus qu’ailleurs, les musées permettent de raconter la complexe réalité de la ville.

Aux origines : Amérindiens, pionniers et immigrés

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Calvin Hunt (Tlasutiwalis), masque et costume d’oiseau-tempête, 2006, Seattle Art Museum.

Si vous vous promenez dans le quartier de Ballard, les habitants sont grands, ont les cheveux blonds et la carrure massive. Descendants d’immigrés scandinaves, ceux-là ont leur musée, le Nordic Heritage Museum. À Chinatown, pas de surprise, les habitants ont les traits asiatiques : le Wing Luke Museum, installé dans un ancien centre d’accueil pour travailleurs immigrés, leur est dédié, avec son expo Bruce Lee quasi permanente et ses émouvants objets donnés par la communauté locale, témoignant de l’immigration intense venue de l’autre côté du Pacifique. Irlandais, Anglais, Hollandais et aujourd’hui Indiens viennent compléter ce melting pot dont on ne trouve la recette unique que dans l’Etat de Washington.

Mais que reste-t-il de la multitude de tribus amérindiennes (notamment les Duwamish, les Spokane, les Chinook) qui occupaient le territoire, et sont cantonnées aujourd’hui dans des réserves ? Les témoignages matériels de ces populations nomades restent relativement rares, et c’est au Burke Museum, notamment, qu’on ira les chercher. Dans ce musée d’histoire naturelle situé sur le campus de l’université de Washington, nature et culture dialoguent en mêlant paléontologie, biologie et anthropologie.

Il faut aussi compter sur le principal musée de la ville, le Seattle Art Museum, superbe édifice de verre récemment agrandi, où de magnifiques Americana en disent long sur la sacralisation de l’âge des pionniers : du mobilier rural sans style particulier côtoie des vues brutes de la nature sublime tel que la découvrirent les premiers Européens. Arts et coutumes du Pacific Northwest (dont quelques rares masques datant du XIXe siècle) sont quant à eux appréhendés du point de vue esthétique, dans une scénographie spectaculaire qui ménage peu de place à l’approfondissement anthropologique.

La capitale des inventeurs

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Hall du Museum of History & Industry avec un avion Boeing de 1919, Seattle.

Pour découvrir l’histoire de Seattle et sa formidable réussite technologique, il faut aller au Museum of History & Industry (MOHAI), joli petit musée logé dans un ancien bâtiment naval situé sur les bords du Lake Union. Riche d’une collection de 4 millions d’objets et photographies, il exhibe fièrement dans son vaste hall un avion Boeing vieux d’un siècle qui donne le ton : ici on célèbre le génie des Seattleites. Le Bezos Center for Innovation (du nom du fondateur d’Amazon) y raconte les innombrables success stories et inventions de la région, du PC de Microsoft à l’échographie sur smartphone, en passant par la vague hip hop (il n’y a pas que le grunge à Seattle) et Twin Peaks, la mythique série de David Lynch tournée non loin de là.

Et pour compléter le tableau, les amateurs de technique pourront visiter le Museum of Flight, avec sa galerie d’avions bigger than life et ses simulateurs de combat aérien de WWII, s’embarquer en bateau à moteur au charmant Center for Wooden Boats, s’essayer aux 50 flippers du Pinball Museum, ou rêver devant les machines pensantes du Living Computer Museum.

L’EMP, un musée pour les geeks

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Ghostbuster, Alien et Nirvana à l’EMP.

On l’aura compris, Seattle est une ville de geeks. Paul Allen, cofondateur milliardaire de Microsoft, est l’un d’eux. Ce fou de musique a décidé d’offrir à sa ville un musée, l’Experience Music Project (EMP), véritable expérience en soi inaugurée en 2000 – une grande partie des artefacts présentés provient de la collection de la famille Allen. « Music + SciFi + Pop Culture » sont les trois mots par lesquels se définit ce lieu, qui tient à la fois du parc d’attraction, du mall et du pur délire architectural (lire notre article sur l’architecture de Seattle).

À l’intérieur, on peut y visiter une douzaine d’expos (dûment sponsorisées). Ici on assume totalement le côté entertainment du musée, avec son écran géant à l’entrée diffusant des clips de musiciens du cru, sa sculpture de 700 guitares par Trimpin, ses expos Hendrix et Nirvana (« Taking punk to the masses », tout un programme…), Hello Kitty et Indie Game, et son Science-Fiction and Fantasy Hall of Fame, qui met en extase les fans de Star Wars à Harry Potter.

Et l’art dans tout ça ? Seattle en regorge aussi : c’est à découvrir dans le troisième épisode de notre reportage.

A lire également :

– À Seattle, le défi de l’architecture à la nature

– À Seattle, une scène artistique qui s’invente

Photos : Magali Lesauvage.

 


Partir à Seattle : infos pratiques

Office du Tourisme de Seattle et de l’Etat de Washington : 01 44 77 88 06 – www.seattle-tourisme.fr – Facebook : www.facebook.com/seattletourisme.

Equinoxiales, spécialiste du voyage sur mesure, propose des séjours (toutes durées) à Seattle, circuit au volant au départ de ou finissant à Seattle, voire circuit accompagné (01 77 48 81 00 – www.equinoxiales.fr).
Exemple : L’Ouest américain côté Pacifique, circuit au volant 14 jours/12 nuits, à partir de : 2445 euros par personne, base double. Boucle au départ de Seattle : Olympic-Astoria-Coos Bay-Crater Lake-Bend-Portland-Yakima-Wenatchee-Seattle. Le prix inclut vol, location de voiture, 12 nuits d’hôtel, assurance assistance-rapatriement April. Itinéraire  modulable (ajout de nuits à  Seattle à volonté).
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