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À Seattle, une scène artistique qui s’invente

Magali Lesauvage 17 février 2016

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Si Seattle est une ville de musées (lire le premier épisode de notre reportage), la « Rainy City » est aussi un terreau fertile pour l’art contemporain – qui n’a cependant pas encore la notoriété de ses voisines Vancouver et Portland. Défrichage. 

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L’atelier-galerie de Juan Alonso-Rodriguez au Tashiro Kaplan Building, Seattle.

Jusqu’à il y a peu, Seattle était considérée sur le circuit de l’art contemporain comme « provinciale ». C’est Juan Alonso-Rodriguez, peintre et auteur d’installations dans l’espace public, qui nous le confie. Établi dans un atelier-galerie du Tashiro Kaplan Building, structure associative qui accueille une dizaine d’ateliers, l’artiste d’origine cubaine, arrivé aux Etats-Unis via Miami au début des années 1980, a du mal à donner une définition de l’art des Seattleites.

Il y eut bien, dans les années 1930-1940, la Northwest School, mouvement artistique réunissant des peintres inspirés par le fort mysticisme de la nature environnante et les traditions asiatiques. Il y a bien, encore aujourd’hui, une tradition du verre, qu’illustre l’abracadabrantesque Chihuly Garden & Glass, consacré à l’œuvre de Dale Chihuly, célébrité locale auteur de monumentales sculptures d’un goût incertain.

Mais de jeunes artistes nés dans l’Etat de Washington, on ne connaît, de ce côté-ci du globe, que quelques noms, comme ceux des frères Oscar Tuazon et Eli Hansen – et pour cause, le premier vécut un temps à Paris, où il a co-fondé l’espace d’expo et de diffusion castillo/corrales (aujourd’hui fermé). Connu pour ses installations monumentales forçant la résistance des éléments, Tuazon (que l’on retrouvera très prochainement à la galerie Chantal Crousel, à Paris) a reçu commande d’une sculpture pour le waterfront de Seattle, qui entre les hautes grues du port et la Grande Roue, offre un spectaculaire panorama sur les Olympic Mountains. Preuve que la ville prend soin de ses artistes, même quand ils s’en éloignent, et de l’intérêt de la ville pour l’art de son temps – les œuvres dans l’espace public sont innombrables (voir notre article sur l’architecture de Seattle).

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Sean Johnson, Caught Up, 2012, vue de l’exposition The Potato Eaters à la Greg Kucera Gallery, Seattle.

C’est cet état d’esprit expérimentateur à la Tuazon, mêlé à un attrait certain pour les forces de la nature, qui pourrait peut-être permettre de définir l’art made in Seattle.

Les galeries, quant à elles, connaissent un certain essor – même si, selon Juan Alonso-Gonzalez, « on n’achète pas beaucoup d’art ici ». Quelques-unes émergent, comme les galeries Greg Kucera, qui propose actuellement une réjouissante exposition sur les « Potato Eaters », ou la kitschissime Roq La Rue, mais le circuit n’est pas très dense. Cependant de réelles initiatives voient le jour, comme les « Art Walks », lors desquelles, les deux premiers jeudis de chaque mois, les galeries font portes ouvertes dans les quartiers de Pioneer Square et Capitol Hill, ou encore la Seattle Art Fair, lancée en 2015 par le milliardaire Paul Allen, qui a réussi à faire venir des mastodontes comme Larry Gagosian ou David Zwirner.

Si plusieurs lieux maintiennent une programmation de bon niveau (citons la Henry Art Gallery avec son installation permanente de James Turrell, le Frye Art Museum, lieu vivant du quartier hipster-gay de Capitol Hill accueillant performances et rencontres, la Soil Gallery, le modeste Center on Contemporary Art ou encore 4Culture, qui promeut la démocratisation de l’art), il manque encore à Seattle un réel centre d’art contemporain qui placerait la ville sur la carte. Une mission qu’un nouveau site, le Pivot Art + Culture, inauguré en décembre dernier au sein de l’Institute for Brain Science fondé par Paul Allen (encore lui), semblait pouvoir remplir, mais dont l’avenir se révèle incertain.

A lire également :

– À Seattle, le défi de l’architecture à la nature

– Reportage à Seattle : la ville du grunge et de Microsoft se raconte par ses musées

Photos : Magali Lesauvage.


Partir à Seattle : infos pratiques

Office du Tourisme de Seattle et de l’Etat de Washington : 01 44 77 88 06 – www.seattle-tourisme.fr – Facebook : www.facebook.com/seattletourisme.

Equinoxiales, spécialiste du voyage sur mesure, propose des séjours (toutes durées) à Seattle, circuit au volant au départ de ou finissant à Seattle, voire circuit accompagné (01 77 48 81 00 – www.equinoxiales.fr).
Exemple : L’Ouest américain côté Pacifique, circuit au volant 14 jours/12 nuits, à partir de : 2445 euros par personne, base double. Boucle au départ de Seattle : Olympic-Astoria-Coos Bay-Crater Lake-Bend-Portland-Yakima-Wenatchee-Seattle. Le prix inclut vol, location de voiture, 12 nuits d’hôtel, assurance assistance-rapatriement April. Itinéraire  modulable (ajout de nuits à  Seattle à volonté).

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