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Les modèles d’art vont manifester pour une meilleure reconnaissance de leur métier

Agathe Lautréamont 16 février 2016

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Selon leurs propres mots, ils et elles ne veulent plus « être invisibles ». Pas banal, pour une profession consistant à être scruté pendant des heures ! Malgré deux manifestations organisées en 2008 et 2014, les modèles d’art font toujours face à une conséquente baisse de leur salaire et un manque de reconnaissance. Ils se réuniront donc à nouveau samedi 20 février à Paris, pour réclamer un véritable statut professionnel.

© Eddie Keogh – Getty Images

On ne pense pas forcément à ces acteurs de l’ombre,  et pourtant. Sans leurs longues heures de pose, les étudiants des Beaux-Arts ne pourraient pas se former au dessin de nu ! Trois collectifs, composés de l’Association des modèles d’art de France, du Collectif des modèles d’art de Paris et la section Force Ouvrière des modèles d’art entendent bien faire valoir leurs droits samedi prochain dans la capitale, pour demander une revalorisation de leurs salaires et plus de reconnaissance de la part du corps professionnel.

Car jusqu’à présent, ces derniers étaient présentés comme « employés à employeurs multiples » ou plus simplement comme « vacataires », ce qui signifie qu’ils n’avaient pas de véritable statut professionnel.

Modèle nu oui, à poil non !

Leur cheval de bataille : la différence de statut existant entre les modèles d’art et les modèles mannequins que l’on peut admirer sur les catwalk lors de défilés de mode. Ces derniers et dernières jouissent d’un statut professionnel, alors que ceux qui posent dans les écoles d’art n’ont aucune reconnaissance, souvent relégués à la catégorie « divers et spéciaux », comme une exception dont on ne saurait pas vraiment quoi faire… Une situation discriminante aux yeux des trois collectifs précédemment cités, qui ont donc décidé de faire entendre leur voix dans les rues parisiennes en fin de semaine.

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© Courrier de l’ouest

Car oui, être modèle d’art est un emploi comme tant d’autres, et pas forcément des plus simples. Il faut en effet une certaine volonté pour pouvoir poser nu pendant des heures devant des étudiants qui vont vous scruter sous toutes les coutures, tout en restant parfaitement immobile dans des poses pas nécessairement confortables.

Pas de congé maladie si on attrape froid, pas de droit au chômage, et pour un salaire tournant autour de 20€ de l’heure. Ces difficultés avaient amené les modèles d’art à organiser une première manifestation en 2008, qui avait fait couler beaucoup d’encre. Hommes et femmes avaient alors manifesté, nus comme des vers, devant la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris.

Ce qui avait alors mis le feu aux poudres était la suppression du « cornet », cette sorte de pourboire que les élèves de cours de dessin étaient libres de verser, ou non, au modèle à l’issue de sa séance de pose. Nouvelle action en 2014, pour demander au Ministère de la Culture de meilleures conditions salariales… Des réclamations qui demeurèrent lettre morte.

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Manifestation des modèles en 2014 © paris-luttes.info

Un métier où il ne faut pas être frileux

Il est loin en effet, le temps où les muses des grands peintres des siècles passés étaient reconnues comme des artistes à part entière et jouissaient donc d’une aura de célébrité et de gratitude. Aujourd’hui, les modèles peuvent travailler plus de neuf heures par jour et s’exposent à des risques de santé qui ne sont pas à négliger (outre les maladies liées au froid, beaucoup souffrent de problèmes de dos du fait de ces longues heures d’immobilité).

La manifestation de samedi visera donc à plus de reconnaissance, mais aussi à l’obtention de meilleurs salaires. Leur gain brut étant de 17.4€ de l’heure, les modèles espèrent bien le faire passer à 21.78€. Car avec des revenus oscillant entre 500€ et 1200€ par mois, beaucoup d’entre eux optent pour le cumul des emplois. Mais de nombreux efforts sont encore à faire… Si jamais cette profession venait à disparaître, comment se formeront au dessin les artistes de demain ? Espérons qu’une revalorisation leur parvienne, ou les artistes n’auront bientôt plus de muse à titiller.

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