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Au Metropolitan Museum de New York, des œuvres d’art accompagnées de musique

Agathe Lautréamont 16 février 2016

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Écouter Strauss accompagner Watteau, cela vous dit ? Depuis le 6 décembre dernier et jusqu’au 22 mai prochain, le Metropolitan Museum de New York propose une programmation qui aura de quoi réjouir mélomanes et amateurs des beaux-arts : coupler des peintures célèbres à des compositions classiques, dans le cadre de grands concerts visuels. 

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Louis Léopold Boilly, Le public regardant le Couronnement de David au Louvre, 1810 © Metropolitan Museum

Si la Tate Modern et la National Gallery ont déjà eu l’idée d’associer des œuvres d’art à des compositions musicales originales (spécialement pensées pour ces dernières), le Met de New York a décidé de se tourner vers ses classiques. Dans le cadre de sa programmation de trois concerts atypiques appelés « Sight & Sound » (littéralement « Vue et Son »), l’institution américaine a noué un partenariat prolifique avec The Orchestra Now.

L’idée est simple, mais brillante : adjoindre à de grandes œuvres de l’Histoire de l’art (toutes présentes dans les collections du fameux musée) des airs célèbres de musique classique. Musiques et peintures ont été sélectionnées en fonction de la corrélation de leurs époques, thèmes ou concepteurs.

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Antoine Watteau, Les comédiens français, vers 1720-1721 © Metropolitan Museum

Ce partenariat mêlant ouïe et vision a finalement donné naissance à une série de trois grands concerts organisés au Metropolitan Museum. Ils sont ouverts à tous et visent à faire découvrir l’art selon une autre approche : celle de la contemplation accompagnée d’une musique qui charmerait l’oreille et qui aiderait l’imaginaire du spectateur à se développer (en partant de la toile qu’il a sous les yeux).

Afin d’inaugurer ce trio de concerts d’un genre surprenant, le Met a décidé le 6 décembre dernier de rapprocher la 3e symphonie de Ludwig van Beethoven à la toile de Louis-Léopold Boilly : Le public regardant le Couronnement de David au Louvre. Pourquoi avoir choisi d’unir ces deux œuvres séparées de quelques années ?

Le compositeur allemand s’étant inspiré de Napoléon pour écrire sa symphonie (même si selon la légende, l’annonce de son sacre aurait mis le musicien fou de rage), il tombe sous le sens pour le Met de lui adjoindre la peinture de Boilly, représentant une foule de curieux se massant devant la fameuse toile de David : Le sacre de Napoléon (1806-1807).

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J.M.W. Turner, Les baleiniers, 1845 © Metropolitan Museum

Rebelote le 7 février dernier, avec un programme tout aussi alléchant : rapprocher sous la baguette du chef d’orchestre Leon Botstein des créations de Richard Strauss et Antoine Watteau. Si les deux personnages sont séparés par les années, ils ont cependant en commun leur intérêt pour le monde de la scène et du théâtre.

En effet, Antoine Watteau réalisa peu de temps avant sa mort la toile Les comédiens français (vers 1720 -1721) qui dépeint une troupe de théâtre de son siècle. Quoi de mieux donc, que de la rapprocher de la suite pour orchestre Le Bourgeois  Gentilhomme composée par Strauss entre 1911 et 1917 ? Dans les deux cas, Watteau et Molière traitent de la thématique du jeu, de la duperie et de la dissimulation, des sujets que le compositeur mort en 1949 a mis en musique.

Si d’ici mai prochain, vous prévoyez un voyage du côté de la Grosse Pomme, pensez à réserver vos billets pour la troisième et ultime représentation de Sight & Sound. Cette fois-ci, ce seront le musicien Mendelssohn et le peintre Turner qui seront au programme des réjouissances !

Beethoven, 3e symphonie : Eroica dirigée par Philippe Herreweghe

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