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Les Beaux-Arts de Lyon s’offrent une oeuvre de jeunesse de Poussin

Agathe Lautréamont 15 février 2016

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Officiellement révélée le 11 février dernier, l’œuvre La mort de Chioné de Nicolas Poussin est la plus récente acquisition du Musée des Beaux-Arts de Lyon. Vendu par une galerie londonienne, l’œuvre rejoint donc les cimaises de l’institution de l’ancienne capitale des Gaules.

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Nicolas Poussin, La mort de Chioné, vers 1622 © Musée des Beaux-Arts de Lyon

Neuf ans après avoir acheté La Fuite en Égypte du plus célèbre représentant du classicisme pictural, le Musée des Beaux-Arts de Lyon ajoute donc à ses collections une seconde œuvre de Nicolas Poussin : une huile sur toile de  109,5 x 159,5 cm réalisée vers 1622 et représentant une scène issue de la mythologie grecque. Une acquisition d’autant plus exceptionnelle que cette œuvre, La mort de Chioné a été récemment redécouverte.

En effet, il faut attendre 1998 pour trouver une mention du tableau dans un catalogue d’exposition dédié au peintre préféré de Louis XIII. À cette époque, il était exposé dans la galerie Colnaghi, à Londres. Par la suite, l’huile sur toile passa entre différentes mains avant de refaire l’actualité en ce début d’année 2016. Mis en vente pour la somme de 3.75 millions d’euros par la galerie britannique de Jean-Luc Baroni, le tableau est finalement acquis par le Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Un achat qui n’aurait pas été possible sans le soutien sensible du Club du musée Saint-Pierre, un fond doté par plusieurs entreprises de la région qui s’est constitué à l’occasion de l’achat de La Fuite en Égypte. Ces mécènes sont donc venus apporter leurs précieux deniers à des sommes déjà versées par l’État français (600 000€), les collectivités territoriales (300 000€) et la région Rhône-Alpes (100 000€).

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Nicolas Poussin, La fuite en Égypte, vers 1657-1658 © Musée des Beaux-Arts de Lyon

Une oeuvre de jeunesse mal connue

La mort de Chioné est un récit tiré de l’œuvre phare du poète Ovide : Les métamorphoses. Chioné, aimée par Apollon, osa comparer sa beauté à la sœur du dieu : Artémis. Cette dernière, jalouse, lava l’affront en perçant l’impudente de ses flèches. C’est précisément cette acmé du récit mythologique qu’a choisi de représenter Poussin.

Il représente donc Céyx, l’oncle de Chioné qui, fou de douleur en apprenant la mort de sa nièce, se jette du haut du Mont Parnasse. Apollon sauve in extremis le malheureux en le transformant en épervier. Ce qui permet d’estimer la date de réalisation de cette œuvre est un dessin de Poussin touchant au même sujet, quand bien même sa composition est légèrement différente. L’esquisse en question est aujourd’hui conservée dans les collections royales de Windsor.

En excellent état de conservation, cette œuvre de Nicolas Poussin représente un intérêt tout particulier pour le Musée des Beaux-Arts de Lyon puisqu’elle permet d’en apprendre davantage sur l’activité picturale du peintre classique avant que celui-ci ne parte pour l’Italie, en 1624.

Nicolas Poussin, Autoportrait, 1650 © Musée du Louvre

Nicolas Poussin, Autoportrait, 1650 © Musée du Louvre

Un club de mécènes particulièrement actif

Cette période d’activité de l’artiste est donc mal connue des Historiens de l’art et l’œuvre (très probablement issue d’une commande par un riche producteur de soie lyonnais) apporte un éclairage bienvenu sur la « patte » Poussin. Lyon peut désormais se targuer de posséder dans ses fonds une des premières réalisations connues du peintre qui sera exposée aux côtés d’une de ses dernières toiles : La Fuite en Égypte.

Le Musées des Beaux-Arts de Lyon est évidemment extrêmement reconnaissant envers le Club du musée Saint-Pierre, ce cercle si fidèle à l’institution et aux apports si précieux. Ce sont en effet les actions de mécénat de ce groupe qui ont permis au lieu culturel lyonnais d’acheter, en plus de la Fuite en Égypte, trois œuvres signées Pierre Soulages, Ingres (L’arétin et L’envoyé de Charles Quint), un Corneille de Lyon et bientôt un Matisse. De quoi assurer le rayonnement du musée en l’aidant à poursuivre sa politique d’acquisition.

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