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Helena Almeida au Jeu de Paume : une autre expérience du corps

Jéremy Billault 10 février 2016

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Pour la première fois en France, une grande exposition rétrospective est consacrée à Helena Almeida, artiste majeure de la scène artistique portugaise depuis les années 70. Accueillie par le Jeu de Paume jusqu’au 22 mai prochain, l’expo intitulée Corpus présente le travail absolument singulier de l’artiste autour de son image, de la photographie retravaillée qui sort du cadre et de la représentation linéaire. 

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Helena Almeida, Pintura habitada [Peinture habitée], 1975 © Fundação de Serralves, Porto

Corpus. Derrière un tel titre d’exposition, on peut s’attendre à tout. Du déjà-vu à de l’extraordinaire, de l’auto-portrait comme à l’apropriation esthétique du corps d’un autre : corpus, peinture et photo ont tout pour entretenir d’éventuels préjugés. Pourtant, Helena Almeida, on ne s’y attend pas. S’il est à peu de choses près l’unique objet de son travail, ce corps, son corps, est plus que ce dont il a l’air : il est avant tout un support. Autrement dit, plutôt que de se représenter, il représente. Il représente quelque chose de subtil, l’essence profonde de l’artiste qui, par le travail de l’image, de son aspect extérieur, se dévoile et se décrit, sous nos yeux.

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Helena Almeida, Seduzir [Séduire], 2002© Fundação Calouste Gulbenkian, Lisbonne

Pour ceux qui n’auraient jamais entendu ce nom, Helena Almeida est une figure majeure de l’art contemporain Portugais. Depuis les années 60, son travail a fait le tour du monde et de nombreuses expositions lui ont été consacrées au point qu’à deux reprises elle représente le Portugal à la Biennale de Venise (1982, 2005). Dans cette exposition rétrospective présentée au jeu de Paume, la première en France, le travail d’Helena Almeida se dessine autour de son corps : elle ajoute, elle enlève, elle travaille et retravaille des photographies d’elle-même. Son corps est la base sur laquelle se développe le fruit de son inspiration.

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Helena Almeida, Desenho habitado [Dessin habité], 1975 © Museu do Chiado, Lisbonne

Il y a de la photo, il y a de la peinture, il y a surtout les deux. Dans la composition de ses photographies, Helena Almeida prend en compte les coups de pinceaux qu’elle y appliquera ensuite: elle y a joute du fil, de la peinture, des éléments extérieurs qui s’associent à la pose du modèle, très travaillée, presque chorégraphiée. Mais l’art d’Almeida n’est pas protéiforme, à proprement parler : c’est peut-être là une grande partie de son génie. Il n’y a pas de photo, de peinture ou d’installation, il y a tout à la fois. Les quelques illusions d’optique des coups de pinceaux appliqués aux photos font le même effet que les quelques toiles/sculptures de l’exposition : il faut s’échapper du cadre, s’échapper du corps pour mieux se représenter. 

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Helena Almeida, Pintura habitada [Peinture habitée], 1976,© Fundação de Serralves, Porto

Mais, avant toute chose, ce qui marque, ce qui fascine, émeut et impressionne : c’est elle, Helena. On la voit partout sans avoir l’impression qu’elle se montre, elle se prend en photo sans faire dans l’autoportrait (dis-donc elle doit avoir un égo celle-là !), elle se dévoile, tant par son corps que par ces coups de pinceaux bleus et ces fils qui surgissent, entre ses mains et hors du cadre. Pour la première fois en France, l’exposition consacrée à Helena Almeida se présente comme une rétrospective : depuis les années 60 et jusqu’à aujourd’hui, on voit de salle en salle son art évoluer, et elle avec. L’artiste-modèle prend des années sous nos yeux, l’innocence devient maturité, jusqu’au chef-d’œuvre, plus intime et profond que jamais.

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Helena Almeida, Seduzir [Séduire], 2001 © Fundação de Serralves, Porto

Dans une salle limitée à une vingtaine de spectateurs (mais tout de même assez vaste), une série de photos, en noir et blanc, comme toujours. On y voit l’artiste étendue sur le sol dans des positions qui varient au fil des photos accrochées à gauche à droite et sur le mur du fond, comme une suite, comme un ensemble. Présentée comme une invitation à entrer à l’intérieur de l’image de l’artiste, l’œuvre pèse, invite et intimide. A tel point que, instinctivement, la vingtaine d’admirateur autorisée ose à peine franchir le pas d’une frontière symbolique forte : celle du dialogue sensoriel d’un corps à un autre, de l’artiste à soi. Mais on finit toujours par y entrer.

 

HELENA ALMEIDA

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PARIS

L’exposition « Corpus » présente un ensemble d’œuvres – peinture, photographie, vidéo et dessin – réalisées par l’artis...

Exposition terminée
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