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Michel-Ange avait-il de l’arthrose ?

Agathe Lautréamont 9 février 2016

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Une chirurgien italien, appuyé par des historiens de l’art, a passé trois portraits de l’artiste âgé d’une soixantaine d’années au peigne fin, et la conclusion est sans appel. À en juger par la déformation de ses mains visible sur les toiles, Michel-Ange a souffert d’arthrose à la fin de sa vie. Mais alors, comment faisait-il pour peindre ?

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Portrait de Michel-Ange par Volterra

C’est en analysant trois portraits du grand artiste italien (peints par trois de ses contemporains) qui le représentent âgé de 60 à 65 ans, que le médecin italien en est arrivé à cette surprenante conclusion. En effet, si l’on observe ses mains d’un œil attentif, des déformations au niveau des jointures sont visibles : signe évident d’arthrose. Afin d’étayer cette conclusion, le docteur (aidé d’historiens de l’art) s’est également penché sur des portraits du maître de la Renaissance réalisé dans sa jeunesse et cette fois-ci, aucun signe de cette maladie inflammatoire.

Le Docteur Davide Lazzerie, chirurgien officiant à Rome, a publié un long article pour officialiser ses conclusions et explique que ses recherches se sont non seulement appuyées sur des portraits, mais également sur la correspondance personnelle du peintre. Dans ses lettres rédigées au crépuscule de sa vie, le maître se plaignait d’une maladie touchant les jointures de ses doigts, qu’il qualifie de « goutte » : un terme générique souvent utilisé aux siècles passés et qui englobait un grand nombre de maladies articulaires. L’arthrose, aussi appelée ostéo-arthrite (à ne pas confondre avec l’arthrite !) est une maladie très répandue et qui touche fréquemment les personnes âgées.

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Michel-Ange peint par Jacopino del Conte et par Buonarotti (1535 et 1544)

Cependant, les souffrances dues à l’affection n’empêchèrent pas Michel-Ange de continuer de peindre, et même de sculpter ! Un fait étonnant quand on sait que c’est très probablement son activité de sculpteur (manier le ciseau et le burin malmène les mains) qui lui causa ce mal. Malgré tout, il continua de modeler le marbre jusqu’à sa mort, survenue à l’âge de 88 ans. Cependant, les derniers mois de son existence, il ne pouvait plus écrire, se contenant de signer simplement les missives qu’il dictait à un secrétaire.

Les conclusions du docteur et des historiens de l’art ont récemment été publiées en Italie et expliquent en grande partie la perte de dextérité de Michel-Ange au cours de ses dernières années de vie. On aurait peine à lui en vouloir… Mais alors, malgré cette infirmité, comme le sculpteur à l’origine du David parvint-il à continuer de créer, malgré tout ? Selon le docteur Lazzerie, c’est justement sa persévérance dans le travail manuel qui aurait ralenti le processus de l’arthrose. En forçant ses mains à rester active, la dégradation des cartilages et le blocage des articulations se sont retrouvés freinés, autorisant le maître à conserver l’usage de ses mains encore quelques temps. Un bourreau de travail !

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