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Détruits par les terroristes, les mausolées de Tombouctou renaissent de leurs cendres

Agathe Lautréamont 8 février 2016

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L’obscurantisme n’aura pas le dernier mot, en tous cas pas au Mali. Tombouctou, surnommée la ville aux 333 saints, a finalement retrouvé ses mausolées datant des XVIIe et XVIIIe siècles qui avaient été rasés par les terroristes en 2012.

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© Sébastien Rieussec – AFP

Il aura fallu toute la patience et la volonté des populations locales pour mener ce projet à bien, mais après plus d’un an de travaux, ça y est : les mausolées de Tombouctou se dressent à nouveau vers le ciel, plus forts que la dynamite des  fanatiques. En 2012, la faction terroriste Ansar Dine, groupe armé salafiste djihadiste, décide de la destruction des mausolées de Tombouctou, lieu de conservation des fameux manuscrits du même nom.

Pour les extrémistes, ce patrimoine inestimable doit être réduits en poussière, car ils incarnent « l’idolâtrie » et ne respectent pas leur vision étriquée de l’Islam. À coups de pelles, de pioches et d’explosifs, quatorze des seize monuments funéraires sont rayés de la carte, face à une population impuissante et une opinion publique scandalisée.

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© Sébastien Rieussec – AFP

Les faits, qualifiés de « crime de guerre » par la Cour Pénale Internationale ont pu se dérouler à la faveur de l’instabilité politique régnant au Mali depuis 2012. Initialement, la guerre du Mali se voulait un mouvement indépendantiste instigué par les populations touarègues qui réclamaient un droit à leur propre territoire. Seulement, se sont engouffrés dans la brèche des groupuscules terroristes qui ont alors profité des conflits pour instaurer la terreur dans le pays, et se livrer à leurs exactions contre la population et, bien sûr, le patrimoine.

Mais aujourd’hui, les mausolées des saints musulmans ont refait surface, reconstruits pierre après pierre et ont même eu droit à leur cérémonie de sacralisation : prière collective, lecture du Coran… Cette procession visait à officiellement réhabiliter les mausolées en tant que lieu sacré. Pour mener à bien ces travaux, des photographies d’archives ont été scrupuleusement consultées, des parties de murs encore debout réutilisées, et des « anciens » des villages avoisinants interrogés.

Pas de trace écrite cependant : dans cette région de l’Afrique, le savoir ancestral se transmet toujours de bouche à oreille et la mémoire des anciens aura donc été un apport précieux. Ces mêmes familles qui veillent depuis tant d’années sur les mausolées se sont ensuite vu remettre les clés des sanctuaires.

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© Sébastien Rieussec – AFP

Célébrant des saints de toutes les ethnies, les mausolées de Tombouctou étaient un symbole fort de paix et de respect de la culture, d’où la forte volonté de l’UNESCO de les reconstruire. L’organisation internationale espère également voir dans cette renaissance un signal fort pour le Mali, qui tend à se reconstruire après plusieurs années de guerre.

Tombouctou, ancien carrefour commercial entre le XVe et le XVIe siècle, représente un pôle culturel très riche en Afrique, à tel point que la ville est classée depuis 1988 au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Les mausolées seront bientôt de nouveau ouverts aux visiteurs.

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