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Persona au Quai Branly : des esprits, des robots et beaucoup de surprises

Jéremy Billault 5 février 2016

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Après l’immense succès de sa précédente exposition tatoueurs tatoués, le musée du Quai Branly revient en force avec Persona : étrangement humain jusqu’au 13 novembre prochain. Spiritisme, chasse aux fantômes, robotique, l’expo profite de son grand espace pour montrer comment et avec quelle facilité l’homme s’attache à des choses, des objets ou des phénomènes pour leur conférer une certaine humanité. Intelligent, complètement fou, bluffant. 

 

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Wang Zi Won, Mechanical Avalokiteshvara © Quai Branly

Persona, ae, féminin : masque, rôle, caractère. Un peu d’étymologie suffit pour le comprendre : mettre un pied dans la nouvelle expo du Quai Branly, c’est arriver dans un monde étrange. Un monde où tout est susceptible d’être plus que ce qu’il en a l’air, un monde ou quelque chose devient quelqu’un, du moindre ustensile de cuisine au plus perfectionné des robots. Voilà ce qui se cache derrière Persona : l’exploration des différents processus qui nous poussent à nous projeter par-ci, par-là et à donner une âme humaine à toutes sortes de choses et de phénomènes.

Il y a quelqu’un ?

Musée du quai Branly. Vacances de printemps : le musée numérique > projets collaboratifs : Apprentissage collaboratif du robot Berenson. 16 avril 2012. En immergeant un robot au sein de nos espaces de collections, ce projet de recherche interroge le regard que l'on peut porter sur les collections du musée d'un point de vue anthropologique. Il permet aussi de travailler sur un modèle d'apprentissage de l'émergence d'une forme d'Esthétique Artificielle (EA) dans une machine.

Le robot Berenson, qui analyse la réaction de ceux qu’il croise © Quai Branly

D’entrée, un court-métrage installe le doute dans les esprits : « Qu’est-ce qui est là ? Qu’est-ce qui nous permet de savoir qu’il y a une présence ? ». Beaucoup de questions posées par l’homme invisible qui retentissent et se répètent à travers toute la première partie de l’exposition. Et, étrangement, la question se pose, réellement, très rapidement. Déstabilisé, on oscille entre des œuvres d’arts, des objets mystiques et des expériences scientifiques troublantes qui nous prennent au piège de notre propre imagination. L’une de ces expériences est un petit dessin-animé. Plusieurs formes bougent, un triangle, un cercle, un rectangle semblent interagir. A peine a-t-on le temps de lire et de comprendre qu’il s’agit de prouver que face a une telle situation, l’être humain invente systématiquement une histoire (et donne une personnalité à chaque forme) que d’autres visiteurs jugent (« dis-donc t’as vu, il est pas gentil ce triangle ! »). Effrayant de vérité. Derrière, une sculpture sublime, un Homo Luminoso composé de fibre optique dévoile subtilement une silhouette : quelques mètres et, déjà, on doute. Il y a quelqu’un ?

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Roseline de Thelin, Homo Luminoso, fibre optique © Quai Branly

Personne es-tu là?

Arrivent ensuite les esprits, les vrais. Un bruit dans l’escalier, une table qui tourne, un coup de vent qui (comme par hasard) siffle et nous appelle à l’aide : dans l’invisible il y a du monde. Je dirai même plus, il y a « Personne »… (c’est bon vous l’avez ?). Après nous avoir bien fait douter, l’expo nous plonge donc dans l’histoire du spiritisme, des revenants, des fantômes, des divinités. Et ce qui en ressort est assez fou : du matériel, beaucoup, partout, parfois très élaboré pour entendre et discuter avec ces êtres invisibles.

Des lunettes de détection, une machine pour parler aux morts (par Thomas Edison tout de même) et, clou du spectacle, le matos d’un authentique chasseur de fantôme belge très prolifique à l’époque. Arrivé à ce niveau, on en voit partout : à peine un objet grince que c’est la fin du monde, les cuillères commencent à nous regarder bizarrement. Reste à parcourir la vallée de l’étrange et les robots complètement barrés, ça promet.

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Spatule vomitive, Guadeloupe © Quai Branly

Mon nom est personne

A travers l’exposition, il ne faut pas vraiment chercher de chronologie. Même si certaines formes de projection de l’esprit humain sont attachées à la technologie, on trouve des masques et des traces d’arts premiers partout, pour illustrer différents aspects d’un même phénomène. Donc, au milieu de ces robots, des têtes et des masques (assez réalistes pour nous mettre agréablement mal à l’aise) nous regardent regarder. Des robots  qui bougent et parlent de temps en temps nous fascinent : sur des tiges de métal, trois têtes d’oiseaux (morts?) s’envoient les dialogues de Le bon, la brute et le truand, (rien que ça). Dans l’espace final conçu comme une maison peuplée de robots, un gros poulpe rose déballe ses tentacules gonflables avec mélancolie (enfin ça se voit !) pendant que plusieurs roboticiens parmi les plus imminents expliquent en interviews ce qu’il cherchent et ce qu’il trouvent dans leurs robots hyper-réalistes.

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Christiaan Zwanikken, the good, the bad, the ugly © Quai Branly

Scientifiquement, l’exposition est une perle : le sujet était vaste, il part dans tous les sens, toujours dans une certaine logique. L’espace est vaste, très vaste même, au point que se dessinent différents tableaux, plusieurs atmosphères, du sombre un peu glauque au design futuriste ultra-lumineux. On y va et on y retourne, il y a du monde, il y a personne, il y a un esprit qui pèse, un esprit qui effraie, qui rit, qui surprend. Et en plus il est sympa.

PERSONA

26/01/2016 > 13/11/2016

Musée du quai Branly

PARIS

Comment l’inanimé devient-il animé ? Comment l’homme instaure-t-il une relation insolite ou intime avec des objets ? Un groupe d’ant...

Exposition terminée
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