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« Fertile Lands » à la Fondation Ricard : exposition en terre inconnue

Magali Lesauvage 4 février 2016

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La nouvelle exposition collective de la Fondation d’entreprise Ricard, Fertile Lands, met en lumière une génération de jeunes artistes qui puisent dans la nature leur force d’inspiration. Si le discours reste assez abscons, l’expo révèle quelques pépites.

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Vue de l’exposition Fertile Lands, Fondation d’entreprise Ricard, 2016.

Passons sur le fait que la première œuvre sur laquelle on tombe en entrant dans l’exposition soit une vidéo en anglais sans sous-titres (que l’on aurait pu imaginer, au pire, imprimés), puis la seconde un dialogue, en anglais lui aussi, dont on ne trouve nulle part la traduction. La première, un film de 23 minutes datant de 1969, montre un dialogue que l’on sent (à défaut de le comprendre entièrement, pardon my French) à la fois amusé et tendu entre Nancy Holt et son époux Robert Smithson, tous deux artistes du Land Art. La seconde est une pièce sonore de la Britannique Tacita Dean, intitulée Trying to find the Spiral Jetty (1997), dans laquelle l’artiste part à la recherche de la célèbre œuvre de Smithson sans la trouver.

C’est du moins ce que nous dit le texte qui accompagne l’exposition de la Fondation Ricard, et que l’on devra croire sur parole. Texte que l’on vous invite à lire ici, symptomatique d’une certaine tendance des commissaires d’exposition à noyer les œuvres dans des sur-interprétations à la limite de l’ésotérisme, et où l’on tente vainement de raccrocher les pièces présentées au train chaotique d’une pensée. Ou comment faire une mauvaise exposition avec de bonnes œuvres.

Si les visiteurs restent perdus dans le déchiffrage (voir notre photo), nous préférons lever les yeux vers celles-ci, pour y découvrir de belles surprises dans une scénographie, elle, d’une clarté impeccable. Sur le thème de la régénération de l’art par la nature (jusque là on avait compris), ce sont d’abord les photographies de récifs artificiels immergés de Nicolas Floc’h, formes géométriques soumises à la prolifération marine. Ou encore la sculpture paysagère de Vincent Lamouroux (Blank Spaces, 2016), dialogue en miroir entre des objets vaguement naturels d’île et de nuage.

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Cyprin Gaillard, Untitled (Tooth), 2015, courtesy galerie Sprüh Magers.

Plus loin, les frottages de rails au graphite de Rosa Barba, réalisés dans la région de Marfa, aux Etats-Unis, font le lien avec le Land Art, tandis que deux sculptures minimales d’Elodie Seguin (Trappe claire et Trappe obscure, 2016) jouent aux barres parallèles en évoquant un espace double imaginaire.

Une très belle pièce de Sophie Bonnet-Pourpet (No one left a card, 2016), liens de rotin réunis dans un cadre en ébène, s’impose comme une sorte d’objet énigmatique surréaliste – sans que l’on comprenne ce qu’il vient faire ici, mais nous n’en sommes plus là –, tout comme l’énigmatique « dent » de Cyprien Gaillard, en réalité une pièce de pelleteuse à la beauté brute de sculpture préhistorique.

L’exposition se clôt sur un film étrange et drôle de Samir Ramdani, Styx (2016), sorte de fantasmagorie futuro-kitsch où des formes se tordent dans les flammes, tandis que des rayons lasers sortent des yeux d’un archéologue diabolique. Qui a dit qu’on ne pouvait pas s’amuser dans une exposition d’art contemporain ?

FERTILE LANDS

26/01/2016 > 09/03/2016

Fondation d’entreprise Ricard

PARIS

Fertile Lands esquisse une réflexion sur la liberté des artistes, la capacité à s’inventer un terrain propice aux expérimentations, o...

Exposition terminée
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