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Nouvelles Halles de Paris : à deux mois de l’ouverture, retour sur un chantier qui a fait couler beaucoup d’encre

Agathe Lautréamont 3 février 2016

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Six ans maintenant que ce chantier à un milliard d’euros a vu le jour en plein centre de Paris. Cœur battant de la capitale, les Halles étaient vieillissantes et nécessitaient un sérieux coup de jeune. Fort d’un  projet architectural ambitieux, où en est-on vraiment de ce renouveau du quartier ?

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Le projet © Parisleshalles.fr

Quarante ans maintenant que Paris réfléchissait au devenir du quartier des Halles. Quarante ans que les habitants de la capitale se demandent pourquoi avoir abattu les anciens pavillons datant du XIXe siècle, magnifique illustration du goût de cette époque, entre omniprésence de l’acier et importance du verre. La structure séculaire imaginée par Victor Baltard avait laissé place à un centre commercial souterrain, étriqué, où les transports en commun poussiéreux (ou amiantés…) se disputaient à des couloirs labyrinthiques.

Le coup d’envoi du renouveau fut donné en 2010, avec un projet d’envergure, aérien et tourné vers l’avenir. Le projet retenu, celui de David Mangin et Patrick Berger, est initialement chiffré à 802 millions d’euros. Mais il faut bien cela pour pouvoir dévoiler cette année, si tout va bien, une structure époustouflante : un toit ondulé de 2,5 hectares, tout de verre, qui viendra se poser délicatement sur un espace repensé et qui laisse la part-belle aux espaces verts.

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Le chantier en 2015 © Parisleshalles.fr

Sobrement baptisé « La Canopée », ce toit en forme de vagues est composé de 18 000 pièces de verre disposées à la manière d’escaliers et est soutenu par une structure métallique pesant à elle seule 7000 tonnes. Rien que ce toit aura coûté la bagatelle de 200 millions d’euros, dessiné par Mangin comme un nouveau panorama sur le centre de la capitale.

Entre temps les frais ont grimpé et de 800 millions d’euros, la note a atteint le milliard. Pourquoi ? Parce que la Canopée, selon les plans de départ, n’était techniquement pas réalisable. Il a donc fallu la revoir en cours de route. Mais le temps presse. Tout n’est pas totalement achevé, et les nouvelles Halles sont attendues à l’horizon du mois d’avril. Anne Hidalgo de son côté, espère bien offrir un nouveau souffle à ce quartier un peu triste de la capitale, grâce à une architecture moderne qui attirera les touristes autant que les investisseurs.

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L’intérieur du centre commercial © Parisleshalles.fr

Un renouveau pour effacer les regrets d’avoir démolis les Halles de Baltard ? Toujours est-il que ce qui fut érigé à leur place restera longtemps dans les mémoires comme un grand fiasco. D’abord, il faut savoir que le terrain laissé par la démolition des anciennes structures demeura nu pendant de longues années, un terrain vague gigantesque au milieu de Paris. Puis, quand fut enfin décidée une reconstruction, le tout devint une grande plaque tournante pour transports en commun (3 lignes de RER et 5 lignes de métro se croisent à Châtelet-Les Halles) où transitent chaque jour 750 000 voyageurs.

Le tout est entouré d’un centre commercial. S’il offre un grand choix de boutiques, l’ensemble est si sombre, si mal agencé que les touristes peinent à s’y intéresser, et même les parisiens ont, au fil des années, de plus en plus boudé l’endroit (la mauvaise réputation du quartier n’aidant pas non plus).

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Le projet © Parisleshalles.fr

Qu’en est-il du nouveau visage des Halles ? S’il conserve son centre commercial, celui-ci se verra additionné d’une bibliothèque réinventée, d’un jardin bien plus spacieux que le précédent, un conservatoire de musique, et une… école de hip-hop. C’est sur cette nouveauté qu’Anne Hidalgo insiste très souvent. En effet pour la maire de Paris, il était crucial d’offrir cette activité aux principaux visiteurs des Halles, des jeunes de moins de 25 ans pour la plupart venus des banlieues autour de Paris, dotant de fait les Halles d’une grande mixité culturelle et sociale : un aspect que les autres zones du centre de Paris n’arborent pas nécessairement.

D’où la volonté de la mairie de Paris de leur proposer cet espace attractif, au lieu de les éloigner des Halles. Dans la même optique, des studios d’enregistrement et des salles de danses seront également de la partie dans ce renouveau du quartier.

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Le projet © Parisleshalles.fr

Cependant, le projet n’a pas fait que des heureux. Entre l’explosion du budget, la vente bradée du centre commercial « Le forum des Halles » à  Unibail et Axa et les démêlés judiciaires avec les riverains se plaignant de la longueur des travaux et des désagréments qui en résultent, le chantier aura connu nombre d’aléas.

À l’approche de la fin des travaux, certains architectes n’hésitent plus à critiquer les travaux. Ainsi, l’architecte Albert Lévy parle-t-il de projet « mégalomane » dans les colonnes du journal britannique The Guardian, estimant que la Canopée n’est pas justifiée. En lieu et place du plafond de verre, l’urbaniste aurait vu un toit bien plus discret, moins coûteux, et surtout plus dans l’esprit de ce que Napoléon III avait commandé originellement à Baltard : une structure pour le marché couvert « aussi légère qu’une ombrelle ».

Du côté de Donato Severo, historien et architecte enseignant à Paris, la destruction des Halles de Baltard fut un véritable traumatisme, un acte d’une violence inouïe contre le patrimoine de la capitale ; heureusement selon lui, qui ne serait plus guère possible de nos jours. Il ne reste plus qu’à espérer que ce nouveau centre névralgique de la vie parisienne comblera toutes les espérances, et redonnera un coup de neuf à l’arrondissement.

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