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Tokyo 2045 : le projet architectural un peu fou pour dynamiser la capitale japonaise

Agathe Lautréamont 1 février 2016

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À une époque où émergent des villes-états influentes, et que la course aux plus hautes tours est lancée, Tokyo entend bien garder sa place de cité influente et d’acteur économique mondial majeur. Or, pour s’affirmer sur la scène internationale, il faut savoir se réinventer. Le bureau d’architecte Kohn Pedersen Fox Associates a donc imaginé le Tokyo de demain, entre rêves de grandeur et défis techniques.

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Vue du projet © global.ctbuh.org

Faisant partie des principales places financières asiatiques et mondiales, la ville de Tokyo est le cœur économique et financier du Japon, espace dynamique où les sièges sociaux de nombreuses entreprises se pressent et participent à l’activité de la capitale. Espace des contrastes, Tokyo s’illustre par son architecture éclectique et résolument moderne qui cohabite parfaitement avec le patrimoine shintoïste et bouddhiste du pays (temple, sanctuaires…)

Célèbre dans le monde entier comme une métropole en perpétuelle mutation et résolument tournée vers l’avenir, ses folies architecturales n’ont d’égal que la frénésie de consommation des citadins qui y évoluent. Elle est également symbole de renaissance, puisque la capitale souffrit terriblement des bombardements de 1945, et parvint tout de même à bien vite se reconstruire, gagnant déjà à cette époque son image d’espace moderne.

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Vue du projet © global.ctbuh.org

Or, à notre époque moderne, les grands pôles économiques n’hésitent pas à se livrer une rude concurrence afin d’assoir leur influence financière et politique dans la région, et ainsi attirer les investisseurs étrangers. Depuis le début des années 2010, les gratte-ciels ont ainsi la cote, et poussent comme des champignons après la pluie un peu partout en Asie et au Moyen-Orient (Burj Khalifa, Jeddah Tower, Guangzhou Tower…)  ; une manière pour ces divers pays de revendiquer leur puissance économique.

Tokyo, axe financier majeur en Asie, doit donc constamment veiller à ne pas être distancé par ses concurrents comme Taïwan ou Singapour. Pour ce faire, elle a déjà engagé quelques travaux d’envergure depuis 2008 comme la construction de la tour Skytree ou une rénovation complète de la gare de Shibuya, fréquentée par 2 millions de visiteurs par semaine.

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Vue aérienne des îlots © global.ctbuh.org

Mais ce n’est pas tout. Tokyo, on le sait, manque drastiquement de place. Avec ses 6 156 habitants au kilomètre carré, il lui arrive de lorgner de plus en plus du côté de la mer afin de résoudre son problème de densité de population, après avoir opté pendant un temps pour les tours afin de réguler ce souci.

Désormais, les architectes pensent coloniser la baie de Tokyo, sur le modèle de Venise, même si le projet n’est pas nouveau : déjà en 1960, suite à l’accueil des Jeux Olympiques, la ville avait commencé à réfléchir à gagner sur la mer. Nouvelle époque, nouveau Jeux. Cette fois, la capitale accueille l’événement de 2020, aussi les architectes et autres urbanistes se creusent-ils la tête pour coloniser la baie encore peu exploitée ; et un projet d’ampleur pourrait voir le jour dès 2045, c’est-à-dire demain.

Le principe ? Relier les deux rives les moins éloignées de la baie, séparées d’une petite quinzaine de kilomètres, par une véritable cité-flottante. Des îlots artificiels accueilleraient habitations, parcs et centres commerciaux, le tout dans une conception qui, XXIe siècle oblige, sera éco-responsable.

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Projet de jonction des deux rives de la baie © global.ctbuh.org

Des zones d’agriculture urbaine seront aménagées, tandis que l’eau salée de la baie pourra être exploitée pour la culture de micro-algues, exploitées depuis quelques décennies maintenant pour la production de carburant propre, renouvelable et à moindre coût. Du côté des transports, trains et bateaux auront la primeur sur les voitures, tandis que des plages artificielles seront pensées pour le plus grand bonheur des habitants.

Clé de voûte du projet : une tour résidentielle d’une capacité de 55 000 personnes, baptisée Sky Mile Tower, se dresserait sur l’île principale de l’archipel artificiel. Et comme son nom l’indique, elle atteindra un mile, c’est-à-dire 1609 mètres (les saoudiens pourront aller se rhabiller !) Reste à savoir maintenant si le projet sera bel et bien lancé, et surtout quel coût cela représentera, à une période où la ville de Tokyo a dû revoir à la baisse ses ambitions architecturales pour son stade de 2020, jugé trop coûteux.

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