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La Fondation Vuitton réussit-elle le rendez-vous attendu avec l’art contemporain chinois ?

Magali Lesauvage 1 février 2016

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Alors que le marché de l’art contemporain chinois n’en finit pas d’atteindre des records, les expositions qui lui sont consacrées en France demeurent assez rares. La Fondation Louis Vuitton tente un rattrapage. Visite.

Zhang Huan, Sudden Awakening, 2006, collection Foundation Vuitton.

Que nous dit l’art contemporain chinois sur le monde d’aujourd’hui, et plus encore sur l’homme d’aujourd’hui ? Les expositions Bentu et Un choix d’œuvres chinoises de la collection, à la Fondation Louis Vuitton, ne répondent pas à la question. Ou du moins y répondent-elles partiellement. Car ce qui ressort de l’accrochage du sous-sol du bâtiment, réunissant douze jeunes artistes, tout comme de celui des œuvres de la collection Vuitton exposées dans les étages, c’est que les artistes chinois ne parlent en définitive que de la Chine, et de son rapport malaisé à l’Occident.

À moins que ce qu’on voit là ne soit le seul art contemporain chinois que l’on veuille bien nous montrer de ce côté-ci de l’Oural. Des artistes les plus connus ici aux nouveaux noms à retenir, les thèmes abordés se réduisent à quelques constantes que l’on peut résumer par un paradigme : « concilier tradition (orientale) et modernité (occidentale) dans un monde globalisé en pleine mutation, régi par une économie sauvage ».

C’est un jeune homme, Hu Xiangqian, qui délivre, juché sur une estrade face à un public disparate, un discours de coaching managérial (Speech at the Edge of the World, 2013). C’est une « carte du Tiers-Monde » (Map of the Third World, 2011, par Qiu Zhijie) qui dessine sur le mode de la mappemonde médiévale une géographie contemporaine où l’internet est au centre, protégé par les hautes murailles du « Made in China ». C’est une longue peinture sur rouleau, à la manière de la peinture ancienne chinoise, évoquant les épisodes de la vie moderne (The Virtuose Being, 2015, de Hao Liang).

C’est une gigantesque sculpture de plus de six mètres de haut qui superpose, comme dans une miroir déformant, une statue bouddhique et la Victoire de Samothrace, les pieds en l’air (Eternity – Material: Winged Victory of Samothrace, Tianlongshan Grottoes Bodhisattva, de Xu Zhen, 2013). C’est, enfin, les immenses toiles de cendre de Zhang Huan, qui mixent les codes de la peinture de bataille européenne et ceux de la peinture chinoise de paysage pour illustrer les ruines de la Chine d’aujourd’hui. C’est, la plupart du temps, virtuose, grandiloquent, plastiquement bluffant.

Hu Xiangqian, The Woman in front of the camera, 2015. Courtesy de l’artiste.

Le sens, et la forme, restent à trouver. Est-ce l’Occident, jouissant avec paternalisme de son ascendant, qui aime à se regarder dans le miroir que lui tendent les artistes chinois récemment (et partiellement) libérés du joug de la censure ? Ou sont-ce les artistes chinois qui se positionnent systématiquement par rapport à lui ? La vérité est sans doute un peu entre les deux, mais l’exposition, co-organisée par le Ullens Center for Contemporary Art de Pékin (dirigé par l’Américain Philip Tinari), n’aide pas à y voir plus clair.

On se prête à penser que TOUS les artistes chinois ne créent pas en ayant sous les yeux les modèles occidentaux auxquels ils s’opposent ou au contraire se conforment. Ou encore que nombre d’entre eux n’ont que faire du « rapport ville/campagne » ou des « complexités d’une société en mutation permanente », tels que nous l’indique le dossier de presse. Ces artistes-là, qui créent hors des diktats du marché et des clichés, oblitérés par les gesticulations esthétiques d’un Ai Weiwei ou les chiffres ridicules des salles de vente, on attend toujours de les découvrir, de ce côté-ci de l’Oural.

LA COLLECTION. UN CHOIX D’ŒUVRES CHINOISES

27/01/2016 > 29/08/2016

Fondation Louis Vuitton

PARIS

Le nouvel accrochage présentera un choix d’œuvres chinoises de la Collection de la Fondation Louis Vuitton, avec onze artistes : Ai Weiw...

Exposition terminée
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