Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Jackson Pollock exposé au MoMa : retour sur un peintre hors-norme

Agathe Lautréamont 28 janvier 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Le 28 janvier 1912 naissait Jackson Pollock, figure majeure de l’abstrait, qui marqua durablement de son empreinte le XXe siècle. Au long de sa carrière, il réalisa plus de sept cents œuvres, imprimant sa patte dans l’art contemporain, tandis que sa technique dite du « dripping » l’immortalisait, grâce en partie aux photos de Hans Namuth. En ce début d’année, le MoMa lui dédie une grande exposition.

Lucifer

Lucifer, 1947 © Jackson Pollock.org

Si jamais vous avez la chance de partir en voyage du côté de New York en ce début d’année, filez au MoMa ! Ce dernier organise une grande rétrospective sur Jackson Pollock, en se focalisant plus précisément sur ses années d’activité entre 1934 et 1954. Actif très jeune, la reconnaissance ne viendra cependant que très progressivement, et l’explosion de son talent aux yeux du monde entier, bien tardivement.

Ses compositions sont appréciées par le fourmillement artistique de New York au cours des années 1940, et c’est à cette même période qu’il monte ses premières expositions. En 1945, il se marie avec la peintre Lee Krasner, qui l’influencera et le poussera à persévérer dans son registre pictural. L’époque de son mariage correspond à sa période artistique la plus prolifique.

autumn

Autumn Rythm, 1950 © Jackson Pollock.org

Enfermé dans une ancienne grange qu’il a transformée en atelier, il y est libre de réalise des toiles de très grande envergure, préférant étaler ses supports directement sur le sol plutôt qu’accrochés aux murs (ce qui a valu à l’une de ses toiles d’être authentifiée grâce à un poil d’ours polaire issu d’un de ses tapis). Mais ce n’est qu’en 1947 qu’il adopte définitivement le style du « dripping » ou « pouring », consistant à laisser couler de la peinture librement, du bout du pinceau, plutôt que chercher à former un véritable motif.

De son propre aveu, Pollock s’est libéré de ses démons (l’alcoolisme, entre autres) en définissant une nouvelle structure créative,  et en se centrant sur cette étape charnière dans la carrière du peintre, le MoMa entend démontrer toute la complexité du travail de l’américain.

n°5

N°5, 1948 © Jackson Pollock.org

Loin d’être une simple accumulation de lignes, de formes et de taches éparses, chaque peinture suit en vérité un schéma bien précis, spontané et qui semble pourtant terriblement réfléchi : comme si le pinceau suivait ce que lui dictait sa propre intelligence. Espace saturé de couleurs, composition rythmée, presque sismique… l’œuvre de Pollock est tout autant fascinante qu’indéfinissable.

La consécration arrive en 1949, lorsque l’influent magazine Life titre : « Jackson Pollock est-il le plus grand peintre vivant des États-Unis ? ». Les clichés pris par le photographe Arnold Newman jouèrent un rôle déterminant dans l’image qui collera à la peau de l’artiste pour le reste de sa vie : celle d’un personnage nonchalant, un brin provocateur avec son éternelle cigarette vissée entre les lèvres, comme un rebelle issu de milieux sociaux populaires. On est bien loin de la figure éthérée et dandy du peintre traditionnel.

blue

Blue Pole © Jackson Pollock.org

À l’automne 1950, le photographe Hans Namuth vient à la rencontre de Jackson Pollock, et lui propose de réaliser un reportage en images, où il prendrait des clichés du processus créatif. Des gestes élancés, des bras rigides, un regard ferme… Les clichés de Namuth font penser à une pratique spontanée, une danse sans véritable chorégraphie, où la peinture est négligemment jetée afin de finaliser une harmonie surprenante, qu’on n’attend pas au vu d’une telle pratique. La magie opère, les images font le tour du monde.

L’art de Jackson Pollock, mais aussi son personnage, permirent d’attirer durablement l’attention de la critique et du public sur le groupe des artistes abstraits expressionnistes, à l’instar de Robert Motherwell ou Franz Kline. Se doutait-il qu’il marquerait tant l’Histoire de l’art ? Toujours est-il que de nos jours ses œuvres s’arrachent tandis que de nombreux créateurs contemporains se revendiquent de son esprit, de sa technique et de son rejet des normes.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE