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Aux États-Unis, une toile monumentale, une niche fiscale et… 42 chats !

Agathe Lautréamont 27 janvier 2016

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C’est l’histoire d’une millionnaire amoureuse de chats, de 350 boules de poils, d’une juteuse vente Sotheby’s, et d’une niche fiscale providentielle américaine. Tout ça en même temps ? Lisez la suite, vous allez voir que c’est tout à fait possible… !

my wife's lovers

Carl Kahler, My wife’s lovers, 1891.

Un monde de chats

Mrs. Johnson, une riche aristocrate américaine de la fin du XIXe siècle, aimait les chats. Les adorait. Nous pourrions même dire, leur vouait un culte. À tel point qu’elle en élevait chez elle… environ 350. Vous avez bien lu. Chacun avait son propre nom, et chaque boule de poiles répondait à l’appel de son nom. Et pour prendre soin de son armada de minets, un véritable de cortège de domestiques était employé par la maison Johnson, exclusivement dédiée aux animaux : nourriture, toilettage, caresses…

Rien n’était trop beau pour ces centaines de félins, à tel point qu’en 1891, la millionnaire Kate Johnson passa commande à un peintre américain très en vue de l’époque, Carl Kahler, d’une toile monumentale qui rendrait hommage à 42 de ses chats préférés, majoritairement des angoras et des persans. La peinture est à la hauteur de l’amour de Mrs. Johnson pour les bêtes…

Et si vous observez l’œuvre d’un œil attentif, vous constaterez que chaque chat a une expression différente, suivant le désir de l’excentrique millionnaire qui voulait que chacun de ses matous, qu’elle considérait comme unique, ait sa propre personnalité.

portland

Le Portland Art Museum.

Un tableau qui voyage

En novembre dernier, l’œuvre de 2,4 sur 1,8 mètres avait été mise en vente par la maison d’enchères Sotheby’s à New York. Estimée autour de 275 000 euros, l’huile sur toile avait finalement trouvé acquéreur (le riche couple John et Heather Mozart, vivant en Californie) pour 760 000 euros. Il faut croire que les heureux propriétaires sont aussi de grands amoureux de nos compagnons greffiers, et qu’avoir dans leur salon une œuvre figurant une quarantaine d’entre eux, tous plus grands que nature, devait les séduire…

Seulement charmés par la fourrure qu’on devine soyeuse des bêtes ? Pas si sûr… Car sitôt après avoir acheté le tableau, le couple d’amateur a annoncé vouloir immédiatement l’exposer, pour une durée de quelques mois, au sein du Portland Art Museum, dans l’Oregon. Pourquoi une telle décision ?

© Sotheby’s

Évasion fiscale

Si l’on se penche un tant soit peu sur les lois de l’Oregon, on constate assez vite qu’acheter un tableau dans cet Etat de l’ouest des États-Unis est tout sauf anodin, en plus d’être financièrement très intéressant. En effet, l’Oregon figure parmi les cinq Etats à ne pas avoir de « sale tax » (taxe qui s’impose à chaque vente au détail) ni de « use tax » (taxe imposée à des biens de valeur qui se trouvent sur son sol).

Une niche fiscale providentielle donc et surtout techniquement légale qui est largement exploitée par de grands amateurs d’art américains. En achetant puis exposant tout de suite leur bien dans une institution culturelle publique, pas d’impôt ! Quand l’œuvre achetée est expédiée chez le nouveau propriétaire, celui-ci doit généralement s’acquitter de frais, sauf bien sûr s’il vit dans un Etat-El-Dorado-des-collectionneurs comme l’Oregon.

Par exemple, si le couple Mozart avait immédiatement envoyé son acquisition chez eux, en Californie, la loi leur imposait de débourser 7,5% du prix total de la peinture récemment achetée. Nous allons faire preuve de bon esprit et penser que Heather et John Mozart ont simplement voulu que le public puisse profiter également de leur récente acquisition.

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