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Ateliers d’artistes devenus musées (épisode 5) : le studio new-yorkais de Louise Bourgeois

Agathe Lautréamont 27 janvier 2016

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En 1962, Louise Bourgeois achetait une petite maison dans une rue calme de New York, pour la modique somme de 27 500 euros. Onze ans plus tard, toutes ses pièces étaient devenues des ateliers de création, où elle peignait, dessinait, sculptait. Tout est resté en état après sa mort, en 2010. Cette année, l’atelier est devenu musée.

The Easton FoundationLicensed by VAGA, New York; Mark Setteducati

Louise Bourgeois dans son atelier © The Easton Foundation

Si New York peut se targuer d’avoir vu passer nombre de peintres, sculpteurs et autres plasticiens depuis la fin du XIXe siècle, il demeure cependant rare que la ville ait réussi à conserver leurs espaces de créations. Dans la majorité des cas, quand les artistes quittaient leur logement pour telle ou telle raison, un autre habitant prenait sa place, et remodelait le lieu à sa convenance, ne conservant de fait aucune trace du passage des maîtres qui y vécurent avant eux.

Heureusement, il existe quelques exceptions, et l’exemple le plus marquant est celui du 347 West 20th Street : là où Louise Bourgeois avait installé son atelier, de 1962 à sa mort, en 2010.

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© The Easton Foundation

Bourgeois omniprésente

En un demi-siècle, on a largement le temps de laisser durablement son empreinte dans la maison qui nous a vus évoluer. Bourgeois, elle, adorait laisser sa « patte » en recouvrant des pans de murs entiers des couleurs qu’elle adorait : de l’ocre, du bleu de Prusse, quelques touches d’un blanc pur ; et on sent tout de suite sa présence dans ce modeste petit immeuble de briques typiques de ces rues tout en longueur de la Grosse Pomme.

Désormais détenue par la Fondation Easton, la maison a tout récemment ouvert au public, et vient donc s’adjoindre à l’immeuble voisin, également acheté par l’artiste à la fin de sa vie, qui accueille depuis quelques années déjà un musée dédié à son travail de sculpture et de peinture.

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© The Easton Foundation

Une artiste partie la veille

On imagine déjà que le studio devenu tout récemment musée va vite éclipser la petite galerie adjacente. Si Bourgeois a disparu en mai 2010, sa présence est encore palpable dans sa maison. Dans la penderie, certaines de ses robes sont encore accrochées, tandis que les guéridons sont parsemés de magazines. Si on jette un œil aux étagères, on croise des ouvrages de J.D. Salinger à côté de livres de cuisine.

La grande artiste franco-américaine s’apprête-t-elle à franchir le seuil ? On pourrait le croire, tant tout semble figé, comme attendant son retour. Une vieille gazinière est encore coiffée de ses plats, une chaise en métal usé se tient toujours devant un poste de TV cathodique. Lors de l’ouverture de la maison au public, un seul leitmotiv du côté de la Fondation Easton : ne rien changer, laisser la maison « dans son jus ». Le directeur de la Fondation étant Jerry Gorovoy, ami de 30 ans de Louise Bourgeois, on lui fait confiance pour que cette consigne soit respectée.

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© The Easton Foundation

La fonctionnalité avant tout

Ce qui frappe lors de la visite de la maison, c’est bien le manque criant de décor, d’embellissement et de bibelots dans l’intérieur de la sculptrice aux araignées. Mais pour Gorovoy, ce dépouillement était voulu : « Tout ce qui lui importait était d’avoir un sol fiable sur lequel elle pouvait s’assurer que ses sculptures seraient stables. » L’embellissement, la coquetterie, étaient le cadet de ses soucis.

À la mort de son mari 1973, Louise Bourgeois transforma l’entièreté de sa maison en atelier, alors que du vivant de son époux, elle travaillait au sous-sol. Sa force créatrice put donc prendre une totale possession de son habitat, tandis qu’elle dédiait tout son quotidien à la production artistique.

Une façon de faire le deuil de l’homme de sa vie, en effaçant toute trace de leur vie commune passé ? On peut y songer, tant les changements furent radicaux, drastiques. Les personnes disparues ont en effet été une constante dans son art. Ses araignées, baptisées Mother, sont une référence évidente au métier de sa mère, qui restaurait des tapisseries anciennes. Aujourd’hui, deux araignées sont installées, bien en évidence, dans le jardinet situé derrière la maison.

Un petit coup d’oeil sur l’épisode précédent ? Direction l’atelier de Gustave Moreau !

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