Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_3 SOULÈVEMENTS

18/10/2016 > 15/01/2017

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_5 VIVRE !

18/10/2016 > 08/01/2017

Musée de l'histoire de l'immigration - PARIS

LA NEWSLETTER

En Italie, on couvre les nus antiques pour la venue du président iranien

Agathe Lautréamont 26 janvier 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

C’est la polémique du jour : en visite à travers l’Europe, le président de la République Islamique d’Iran Hassan Rohani a fait une halte du côté du Capitole de Rome, qui s’était préparé pour l’occasion de façon on ne peut plus surprenante : toutes les statues de nus avaient été soigneusement dissimulées sous des coffres en bois le temps du passage du chef d’état.

Hassan Rohani © John Minchillo – AP Photos

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir./ Par de pareils objets, les âmes sont blessées,/ Et cela fait venir de coupables pensées. » L’Italie craignait-elle de voir Hassan Rohani s’émouvoir plus que de raison devant de beaux antiques grecs ?

Toujours est-il que pour parer à toute éventualité, le musée du Capitole de Rome a dû prendre quelques décisions drastiques : cacher des statues dont la seule faute est de représenter des hommes et des femmes nus comme des vers. De la part d’un musée italien conservant le plus grand nombre de sculptures et vestiges antiques, il y a de quoi rester quelque peu circonspect.

Mais depuis la levée des sanctions internationales contre l’Iran, et donc l’ouverture de ce vaste pays du Moyen-Orient  aux marchés européens, l’important est donc de caresser dans le sens du poil tous les dignitaires perses qui daigneraient faire le déplacement afin de signer deux ou trois juteux contrats, quitte à pour cela, occulter pour un temps quelques piliers antiques de la culture européenne.

capitole 2

C’est ainsi que durant la promenade d’Hassan Rohani dans les couloirs du Capitole, une « mesure de pudeur » (pour reprendre les termes du Corriere della Serra) a été décidée par l’institution culturelle : déesses, nymphes, olympiens et fringants discoboles se sont retrouvés enfermés dans de grossières boîtes en bois, le temps que le président iranien passe. Il ne faudrait pas que les yeux du président à la lecture quelque peu préoccupante de l’Islam tombent malencontreusement sur une paire de fesses rebondies !

Il n’en fallait pas davantage pour provoquer un véritable tollé. La presse italienne s’est donc emparée du sujet, provoquant une levée de bouclier général contre la décision du Capitole, certains titres de presse n’hésitant pas à parler de « soumission » (en référence au titre du dernier ouvrage de Michel Houellebecq ?) pour caractériser cette décision.

Face à la tempête médiatique qui ne cessait d’enfler, les officiels italiens ont tenté de calmer le jeu, opposant à l’ire générale un « respect envers la culture et la sensibilité iranienne » et une « simplification » du travail des équipes de tournage iraniennes venues suivre les déplacements de Rohani (on les comprend, cela doit prendre du temps de flouter tous ces corps de marbre blanc).

capitole

Dans le prolongement de cette décision qui peut faire hausser un sourcil, aucune trace de délicieux chianti (ni de fèves aux beurre) lors du dîner officiel, l’alcool étant évidemment prohibé en Iran.

La visite d’Hassan Rohani en Italie doit s’achever mardi soir. Mercredi, direction la France, qui tient déjà ses investisseurs sur les startin’ blocks, prêts à se jeter sur le marché Iranien qui est l’objet, on le devine, de toutes les convoitises. Seulement, cette fois-ci, un dîner entre François Hollande et le président iranien aura-t-il lieu ? En effet, en novembre dernier, la visite du chef d’État avait été écourtée, l’Élysée s’étant refusée à bannir le vin de sa table. Il y a fort à parier que cette fois-ci, les enjeux étant bien différents, les demandes de Rohani seront très probablement accordées.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE