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Zaven Paré à Enghien : quand les robots deviennent machines à poésie

Jéremy Billault 22 janvier 2016

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Au Centre des Arts d’Enghien les bains, la deuxième exposition de la saison est consacrée à l’artiste/roboticien Zaven Paré. Intitulée Mécatronic, l’exposition présente une trentaine de sculptures, de robots et d’installations un peu barrées et bizarroïdes qui, par la vulnérabilité de leurs fils qui dépassent un peu partout deviennent extrêmement touchant et un peu humains. En entrée libre et jusqu’au 20 mars prochain. 


« Attendez une seconde, je vais allumer l’Origine du Monde… ». Voilà comment, d’entrée, on fait connaissance avec Zaven Paré. On s’attend à du provoquant, à du lourd, du premier degré : on se retrouve nez-à-nez avec une sculpture mécanique bizarroïde (dont le titre tient plus du clin d’œil que de la réinterprétation), qu’il faut allumer avant d’admirer. Et pour cause. L’artiste, invité par le centre des arts d’Enghien les bains est, à l’image de son oeuvre, un peu barré. Plasticien, docteur en lettres et surtout roboticien à la pointe de la recherche (au sein du Robot Actors Project, dirigé par l’excentrique Hiroshi Ishiguro à Osaka), Zaven Paré compte placer la mécanique au cœur du poétique via une utilisation de robots pleins d’émotions et de compassion.

Des jambes, des machines, des animaux, dans la trentaine d’œuvres présentées au sein de l’exposition Mecatronic, tout dépasse : rien n’est mystérieux, tout est apparent. On aperçoit les fils, les interrupteurs (symboles de la plus grande faiblesse de robots et LA raison pour laquelle ils ne domineront jamais le monde), tout ce qu’il peut y avoir de fragile et de vulnérable dans des mécaniques qu’on aurait pu penser parfaites et froides.

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Robot trop robot

Selon le moment et l’humeur des précédents visiteurs, l’atmosphère de l’exposition change : certaines sculptures s’activent et se désactivent dans une harmonie métallique et vivante que l’artiste qualifie dans un trait d’esprit de « pollution de l’ambiance ». Au rez-de-chaussée, dans une pièce vaste et sombre, une chorale d’enfants chante étrangement. Ce ne sont que des visages qui flottent, accrochés au plafond, grâce à un système simple : la projection de l’image d’un visage sur une tête sans formes et un petit Ipod pour la piste sonore. Parfois certains ne chantent pas mais ce n’est pas important : le dysfonctionnement n’est pas calculé mais fait partie de l’expo, de la faiblesse des robots qui en deviennent beaucoup plus humains que des humanoïdes pourtant ressemblants.

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Par définition, la machine est créée pour être au service de l’homme et celles de Zaven ne dérogent pas à la règle. Mais d’une façon nouvelle. Par leur vulnérabilité apparente (les robots n’ont jamais l’air complets, ils sont des morceaux, des pièces), les sculptures mécaniques provoquent quelque chose, par leur présence et l’émotion qu’elles inspirent. Elle est là, leur « utilité ». Chacun est libre d’imaginer ce qu’il veut face à ces bouts de robots qui ont l’air d’avoir été bricolés innocemment (il a fallu en démonter et remonter certains pour l’expo), de se laisser porter par ces machines à sentiment : tout se passe chez le spectateur, les objets sont les supports de l’esprit humain.

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Dans cette optique, impossible de ne pas évoquer une tête d’éléphant. Ou plutôt, cela va sans dire, une machine tête d’éléphant, exposée ici accompagnée d’une installation vidéo. Sur cette vidéo, une expérience dont notre éléphant est l’élément clé. En Inde, Zaven Paré a présenté son oeuvre, un pachyderme mécanique aux allures assez simples, à la population. A la machine est relié un casque qui filme le visage de celui qui le porte et diffuse l’image sur le visage de l’éléphant. Qu’il soit Ganesh, un inconnu un peu bizarre ou un être familier, l’éléphant devient un support de conversation : il écoute, il répond et son air avenant, un peu bancal (le masque glisse parfois et ne filme pas les parties du visage au bon endroit, encore une fois cela fait partie du jeu) a entraîné de nombreuses situations inattendues.

Certains y ont trouvé une occasion de prier (alors qu’il ne le faisaient jamais), d’autres se confient même si le porteur du masque n’est pas dissimulé et que le visage qui apparaît sur cet éléphant leur est familier. L’objet facilite le dialogue, il prend l’imaginaire par la main et trouve sa grande utilité, non pas dans le monde pratique, mais dans l’accès à un monde plus poétique, qui plaira, à coup sûr, à tous les publics.

ZAVEN PARÉ - MÉCATRONIC

01/01/1970 > 01/01/1970

Centre des Arts d’Enghien-Les-Bains

ENGHIEN-LES-BAINS

Zaven Paré est un artiste chercheur, pionnier de la robotique dans les arts visuels. Son esprit foisonnant et le coup de crayon à l’orig...

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