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Ateliers d’artistes devenus musées (épisode 4) : le musée Gustave Moreau

Agathe Lautréamont 21 janvier 2016

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850 peintures et cartons, 350 aquarelles, 13 000 dessins, 15 sculptures, le tout exposé sur 3 étages… Vous avez déjà le tournis ? Nous aussi ! Et pourtant, ce sont bien là les collections léguées par l’artiste Gustave Moreau à sa mort ; souhaitant que l’atelier où il travailla toute sa vie devienne un musée dédié à son œuvre. Visite…

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© DR

Un testament

« Ce soir 24 décembre 1862. Je pense à ma mort et au sort de mes pauvres petits travaux et de toutes ces compositions que je prends la peine de réunir. Séparées, elles périssent ; prises ensemble, elles donnent un peu l’idée de ce que j’étais comme artiste et du milieu dans lequel je me plaisais à rêver. »

En 1862, Gustave Moreau est pourtant un peintre méconnu à Paris. Cependant, il manifeste bien vite des inquiétudes quant au devenir de ses créations, témoignage d’une époque et d’un esprit, qu’il serait tragique de voir disparaître. Soucieux de passer à la postérité, déjà, il est logique qu’à la fin de sa vie, le peintre symboliste ait demandé à ce que son domicile du 14 rue de la Rochefoucauld lui survive, et se mue en un espace entièrement dédié à la promotion de sa création, et son entérinement dans l’Histoire de l’art.

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© DR

Une obsession

En 1895, Gustave Moreau est désespérément seul. Ses proches, sa famille, tous ont disparu, le plongeant dans une solitude qui lui pèse et le désespère. Son besoin de passer à la postérité l’obsède alors d’autant plus. Ayant conservé avec lui la majorité de ses œuvres qu’il entasse dans son atelier, il estime tout à fait réalisable ce projet de musée à son nom qui l’occupe, l’obsède. La maison est petite, toute en hauteur, mais elle est lumineuse, et offre de grands murs nus qui lui permettraient d’accrocher et ainsi présenter ses tableaux.

De plus, l’endroit est chargé de souvenirs affectifs puisqu’avant d’y vivre seul, Moreau habitait dans la rue de La Rochefoucauld avec ses parents. Le quartier à cette époque est couru par les artistes, tout le monde veut installer son atelier, son espace créatif dans ce coin de Paris non loin de Montmartre. Moreau voit plus grand : il y laissera un espace muséal après sa disparition.

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© DR

Un projet

S’en suit une période de travail intense, pour le peintre. Lui qui a passé sa vie à peindre, dessiner, sculpter, doit désormais faire face à cette immense collection d’œuvres. Armé de sa patience et de son ambition, il  engage d’importants travaux dans son domicile du 14 rue de La Rochefoucauld. Il met ainsi en ordre ses appartements et lieu de vie du premier étage, et organise également le rez-de-chaussée.

Les deuxième et troisième étages sont, en revanche, totalement bouleversés, et de vastes ateliers parfaitement éclairés par de grandes fenêtres accueillent désormais un espace d’exposition parfait pour un lieu dédié à ses années de création. Trônant au centre de la pièce, s’insérant parfaitement dans ce décor princier de boiseries, peintures et vitrines, un élégant escalier en colimaçon permet de rallier un atelier à l’autre.

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© DR

Un trésor

Pour l’occasion, Moreau entreprendra de retoucher certaines de ses créations. À compter de 1896 donc, il commence à reprendre des dessins, agrandit des toiles, entreprend de nouvelles créations ex nihilo. Plus qu’un espace d’exposition, plus qu’une chasse, le Musée Moreau est une œuvre à part entière.

Du sol au plafond, dans des vitrines et étagères, sur les murs et rebords de fenêtres, partout, absolument partout, des œuvres du maître du symbolisme, des couleurs chatoyantes, des figures de femmes ensorcelantes, des détails à n’en plus finir. On entre dans l’ancien atelier comme dans une caverne d’Ali Baba, pour en sortir des visions exotiques et nimbées de mystère plein la tête.

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