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Place de la République, une fresque où les migrants racontent leur parcours

Agathe Lautréamont 19 janvier 2016

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Place de la République à Paris, un mur sur lequel, par la création de simples graffitis, les migrants peuvent peindre leur douleur. Un témoignage par le dessin et la création, pour un mode d’expression cathartique.

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Un lieu chargé de symboles

Dans le Xe arrondissement de Paris, la Place de la République est devenue un symbole pour les regroupements citoyens, les manifestations de soutien en faveur des réfugiés, et des commémorations des attentats qui frappèrent la France au cours de l’année 2015 ; tandis que les tags, mots de soutien et bouquets de fleur fluctuent en fonction de l’événement suscitant l’émotion du public.

Rien de surprenant donc, à ce qu’un groupe d’artistes et de bénévoles issus de la capitale (Collectif des Soutiens aux Exilé(e)s de Paris) aient décidé d’installer un tout nouvel espace de libre création. Baptisée « Mur des exilés », cette simple palissade temporaire a pour vocation de recevoir les histoires de migrants récemment arrivés sur le territoire français suite aux vagues de départs résultant des tensions qui secouent le Moyen-Orient depuis quatre ans.

Des groupes d’adultes courant vers une destination inconnue, le dos courbé par l’angoisse ou par le poids de ce qu’ils doivent abandonner derrière eux.

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Surmonter la barrière de la langue

Parmi des représentations de groupes d’enfants ou l’évocation pudique de la photo de l’enfant syrien retrouvé mort sur une plage grecque, des mots inscrits en grands lettrages rouges : « terreur », « peur », « migrants », « Afghanistan ».

Pour ces réfugiés, en très large majorité des hommes, qui balbutient souvent à peine quelques mots de français, le street-art est probablement le meilleur moyen d’exprimer leur passer, et de se frayer un chemin parmi l’amoncellement de leurs regrets en les projetant sur une surface où ils sont libres de réaliser ce qu’ils veulent ; du moment que cela leur fait du bien. Quelle que soit leur langue, ils pourront ainsi extérioriser des cauchemars et doutes qui les taraudent depuis tant de temps.

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L’humain au cœur du projet

Dimanche 17 janvier dernier célébrait la 102e Journée mondiale des migrants et des réfugiés. C’est donc pour marquer d’une pierre blanche ce jour particulier que le Collectif parisien de soutien aux exilés a décidé d’installer ce grand panneau, pour que les migrants puissent y dire toutes les hideurs de la guerre, toute la douleur d’abandonner précipitamment son foyer sans savoir s’il sera possible un jour d’effectuer le cheminement inverse.

En attendant, à l’aide de sommaires bombes de peinture, ils se figurent courant vers un mot porteur de tant d’espoirs : « welcome », brandi et revendiqué par les associations. Une manière pour ce collectif d’artistes très impliqué dans les causes humanitaires que derrière chaque œuvre ou chaque graffiti sommaire, se dissimule une histoire particulière qu’il est important de ne pas éclipser.

Pour l’association, on parle bien trop des migrants comme une masse homogène et unique, un grand pluriel aux membres indistincts. Or, ces récits de vie sous forme de destin prouvent bien le contraire.

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Toutes images © France 24.

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