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Louise de Savoie, la reine sans couronne au Château d’Écouen

Agathe Lautréamont 18 janvier 2016

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Grande oubliée des manuels scolaires, Louise de Savoie n’en demeure pas moins une figure majeure du XVIe siècle français, épouse du prince Charles d’Angoulême et surtout mère du roi François Ier. Le château d’Écouen ravive dans une belle exposition la mémoire d’une femme de caractère dans un monde d’hommes.

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Traité des vertus et de leur excellence © Bibliothèque Nationale de France

Dans les appartements d’apparat du Château d’Écouen, parmi les richesses des collections permanentes qu’expose ce domaine, Louise de Savoir est remémorée, célébrée, décryptée. C’est ainsi que l’on découvre une personnalité mariée à douze ans, qui devient bien vite curieuse, lettrée, qui appréciait la lecture et se montrait volontiers bibliophile.

Le parcours chronologique insiste également sur son rôle de mère, dévouée à l’éducation de son fils qu’elle voulait complète, pour qu’il puisse devenir à son tour un personnage influent : elle le prépara à ceindre la couronne, bien que François n’était pas avantagé par l’ordre de succession. Quand celui-ci accéda au pouvoir, elle continua à piloter ces choix par ses conseils avisés, ne reculant pas devant la tâche ardue qu’était prendre les rênes d’un royaume entier alors que le souverain s’absentait pour guerroyer.

La fin de sa vie, quant à elle, rayonna par la négociation de la « paix des Dames » de 1529, où Louise put démontrer ses talents de tacticienne et prouver qu’elle brillait encore de son intelligence malgré le soleil déclinant de sa santé.

Le rondeau des vertus

André de La Vigne, Le rondeau des Vertus, vers 1500 © RMN – Grand Palais

C’est que cette descendante de Saint Louis avait un caractère affirmé, et se muait volontiers en une mécène dispendieuse quand elle se piquait d’art et d’artisanat. Pourtant, lors de sa prime jeunesse, l’éducation qu’elle reçoit ne la destine pas à un tempérament indépendant et ambitieux.

Jeune femme, comme l’explique la première étape du parcours proposée par le Château d’Écouen, la jeune noble se passionne pour les ouvrages de morale, vantant la vertu, la pudeur excessive et de la prudence qui sied à toute femme ; une discrétion qui touche logiquement à l’effacement, mais dont la jeune femme saura se défaire. Les artefacts disposés dans les deux premières salles du parcours insistent bien sur le passage de Louise de Savoie dans des cours lettrées grâce à son mariage avec Charles d’Angoulême.

Tapisseries, manuscrits, bijoux et autres pièces de vaisselleries délicatement ouvragées témoignent d’un goût pour le précieux, non pour le plaisir de l’ostentatoire, mais pour l’appréciation de l’art et de la technique. Enlumineurs, écrivains, poètes… Louise les défend, les fait travailler, salue leurs réalisations et les collectionne dans ce qui allait bientôt devenir une des plus riches bibliothèques de France.

Buste de Louise de savoie

Buste de Louise de Savoie, vers 1515 © RMN – Grand Palais

Suite à la mort sans descendance du roi Louis XII en 1514, François d’Angoulême est nommé successeur, et montera un an plus tard sur le trône du royaume de France sous le nom de François Ier. Entre 1504 et 1514, Louis de Savoie sent donc le vent tourner en faveur de son fils, dont elle prend seule en main l’éducation.

Dans les deuxièmes et troisièmes étapes de la visite, les accrochages expliquent sur les choix réalisés par la dame en matière d’instruction. Celle-ci a en effet l’intelligence de s’entourer d’esprits éclairés de son temps, acteurs de la Renaissance et esprits profondément humanistes comme Florimond Robertet ou Jean Calveau. C’est également à cette époque qu’elle ajoute à ses armoiries la salamandre, emblème qui sera également choisi par son fils ; créature fascinante qui, comme on le croyait au Moyen-âge, vivait dans les flammes.

Les artefacts, pièces d’orfèvrerie et grandes tapisseries de ces salles de l’exposition témoignent d’un esprit éclairé, ainsi qu’un goût certain pour la peinture, aussi bien française qu’italienne. On comprend donc à quel point Louise de Savoie joua un rôle majeur dans le penchant que montra son fils pendant tout son règne pour les Arts et les Lettres.

Femme politique d’envergure, dominant la pratique artistique de son époque, collectionnant les livres richement enluminés, la vie intellectuelle de Royaume dut beaucoup au rayonnement de Louise de Savoie. On murmure qu’elle dirigea même les choix architecturaux de son fils au moment de l’érection des Châteaux de Fontainebleau, de Blois et de Chambord. Une belle exposition donc, qui permet de redécouvrir une personnalité historique tombée injustement dans l’oubli.

UNE REINE SANS COURONNE ? LOUISE DE SAVOIE, MÈRE DE FRANÇOIS IER

14/10/2015 > 01/02/2016

Musée national de la Renaissance

ÉCOUEN

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