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En Angleterre, la technologie révèle de terrifiants crânes sous une toile du XIXe siècle

Agathe Lautréamont 18 janvier 2016

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Peintre britannique de la seconde moitié du XIXe siècle, Henry Gillard Glindoni se spécialisa dans la peinture historique et dans la représentation de scène de genre. À l’occasion d’une rétrospective qui lui est consacrée à Londres, les chercheurs ont fait une découverte glaçante…

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Henry Gillard Glindoni, John Dee réalisant une expérience devant la Reine, 1913 © Wellcome Library

Le sorcier de la reine

Le personnage de John Dee est un mystère dans l’histoire britannique. Ami de la reine Élizabeth Ière, mathématicien et géographe le jour, occultiste et astrologue la nuit, cet homme curieux de tout au point de toucher à la magie noire continue de fasciner l’imaginaire anglais pour ses connaissances encyclopédiques et son goût pour l’occulte et le surnaturel. Et c’est comme si le peintre du XIXe siècle Henry Gillard Glindoni avait voulu rendre hommage à cet aspect angoissant du scientifique, en cachant sous sa peinture des détails qui font froid dans le dos.

Tandis que les scientifiques se livraient à des analyses sur la toile John Dee réalisant une expérience devant la Reine (1913), les rayons X ont révélé un tout autre aspect de ce tableau victorien : l’artiste avait initialement entourée le sulfureux John Dee d’un ensemble de crânes humains, formant un cercle au milieu duquel Dee se livre à une expérience cabalistique sous les yeux de la reine d’Angleterre.

Une évocation de l’art énigmatique de Dee qui n’aurait rien à envier à l’univers de Faust. Pourtant, après avoir peint un à un ces crânes grimaçants, Glindoni décida finalement de les effacer, jugeant probablement le détail trop excessif pour le commanditaire de l’œuvre. Mais au-delà de la frilosité de l’artiste, ce choix et ce repentir dénotent bien l’hésitation constante qui court dans la société anglaise depuis des siècles sur ce personnage : John Dee doit-il être considéré comme un grand esprit éclairé et visionnaire, ou un sombre sorcier ayant des connivences avec le Malin ?

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Radiographie aux rayons X de l’oeuvre de Glindoni, dévoilant les crânes © Wellcome Library

Magicien ou mathématicien ?

Car le conseiller de la reine d’Angleterre est la dualité incarnée. Connu pour être l’un des hommes les plus brillants de son temps, génie universel vont jusqu’à dire certains, il aurait inspiré le personnage de Prospero dans la pièce La Tempête de William Shakespeare, et déchaîna l’imagination aussi bien de ses contemporains que des générations suivantes pour ses penchants sibyllins pour l’ésotérique et la magie.

Alors, courtisan ? Affabulateur ? Érudit ? Ou peut-être simplement, tout cela à la fois ? Quoi qu’il en soit, le grand tableau de Henry Gillard Glindoni a su capter à la perfection le parfum de de secret  qui enveloppe ce grand personnage paré de sombre aux airs de Nostradamus.

Imaginant une démonstration de magie noire face à la souveraine et sa suite, Glindoni est entouré de dignitaires de la cour comme William Cecil et Walter Raleigh. Derrière l’occultiste, Edward Kelley prend des notes, habillé d’un bonnet qui couvre ses oreilles… qui n’a plus ! Ces dernières furent en effet coupées en punition pour un crime commis dans sa jeunesse.

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Artiste inconnu, Portrait de John Dee, XVIe siècle © DR

Une réputation justifiée ?

Nul doute que cette édifiante découverte attirera nombre de visiteurs dans cette exposition organisée au Royal College of Physicians de Londres. Pourtant dans un sens, elle dessert considérablement le propos que voudrait tenir l’accrochage : à savoir qu’il est temps de ne plus considérer John Dee comme un personnage obscur rôdant dans les arcanes de l’occulte mais comme un homme intelligent et brillant, à qui on doit des recherches fascinantes sur les mathématiques, la météorologie et l’astronomie.

Car c’est principalement à la tradition du XIXe siècle britannique, époque où la fascination pour les fantômes, démons et autres magie noire était à son paroxysme, que l’on doit cette image dépréciative du scientifique du XVIe siècle. Ainsi, parmi les nombreux objets exposés dans le parcours, on pourra croiser des manuscrits, des objets d’analyse scientifique, des instruments de géométrie…  mais pas de crâne humain !

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Un des livres de la bibliothèque de John Dee, qui sera présenté dans l’exposition de Londres © Royal College of Physicians

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