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Applications, 3D et réalité augmentée : à quoi ressemblera la culture de demain ?

Jéremy Billault 15 janvier 2016

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Cette semaine, à la Cité de la Mode et du Design, on a parlé musée et technologie à l’occasion du vingtième Salon International des techniques muséales. Entre les nouvelles techniques de pointe concernant la façon d’exposer, d’illuminer et de présenter la culture et les avancées en terme de médiation, retour sur ce que sera le nouvel aspect de la culture de demain.

Des applications, de la 3D, des lumières, le Salon International des techniques muséales (SITEM) qui s’est tenu du 12 au 14 janvier s’est implanté pour la première fois aux sein des Docks-Cité de la Mode et du Design. Pour sa 20ème édition, le Salon a accueilli sur trois jours, entre autres, la fine fleur des nouvelles technologies dans ce qu’elles peuvent  apporter à l’expérience du musée, du patrimoine et du tourisme moderne. Parmi eux, quelques nouveaux outils de scénographie (du verre anti-reflet, des nouvelles lumières…) et des avancées en terme de médiation, pour essayer d’intensifier l’expérience de l’oeuvre d’art et l’immersion culturelle du visiteur.

La 3d au service du patrimoine

Grotte

La reconstitution de la grotte Chauvet a nécessité l’enregistrement de 16 milliards de points grâce à des rayons laser

Alors qu’en Syrie et en Irak, le patrimoine culturel détruit est sur le point d’être « sauvé » par la reconstitution 3D, la question se pose sur d’autres types de menaces face à des objets parfois très fragiles. C’est précisément le cas de la grotte Chauvet. Découverte en 1995, la grotte située en Ardèche a bénéficié d’extrême précautions dès les jours qui ont suivi les premières explorations. Pas question d’ouvrir l’endroit au public, les centaines d’objets (crânes, ossements…) et de fresques dans un état de conservation remarquable sont trop fragiles pour qu’on y accède régulièrement. Pas question, non plus, de pratiquer les moindres travaux qui nécessiterai un peu de temps à l’intérieur.

Pourtant, en 2015, un après la classification du site au patrimoine mondial de l’UNESCO, une réplique permet à un public (deux fois plus nombreux que prévu) de découvrir, en quelques sortes, cet endroit exceptionnel. Grâce à une technologie de pointe, des scanners extrêmement rapides et précis (16 milliards de points enregistrés), une partie de la grotte a pu être reconstituée. Ou plutôt ré-assemblée.

Cette reconstitution (qui s’étend sur 3’500 m²) est composée de plusieurs zones choisies et réunies (dans l’immense grotte, elles sont éloignées) qui, grâce à des années de travail, reproduisent au millimètre chaque ondulation et chaque pigment des peintures rupestres (reproduites par des artistes) au bestiaire extrêmement complet. Ce projet, qui représente un budget de 50 millions d’euros, a permis d’atteindre un degré de précision inédit. Certes, tout est faux, mais le travail de recherche et l’union d’un grand nombre de compétences sont parvenus à recréer l’atmosphère solennelle et la puissance historique de l’endroit.

Réalité augmentée pour plus de réalité tout court ?

Du côté des musées  et des lieux patrimoniaux moins fragiles, la tendance est et sera de plus en plus à la réalité augmentée et, donc, à l’application mobile. Cet été déjà, quelques églises et châteaux présentaient leurs applis et leurs objets connectés qui, via le smartphone des visiteurs, révélaient tous les détails et les informations qui les concernent. Plus qu’un cartel, différent d’un audioguide, ce système va vers une expérience culturelle plus personnalisée et recentrée sur le visiteur et ses centres d’intérêts.

Amboise

Capture d’écran de Au service du Roy, le jeu du château d’Amboise

Dans cette optique, le château d’Amboise propose dès ce début d’année un programme d’un nouveau genre. Pour intéresser un public jeune qui a souvent tendance à « traîner la patte », la direction du château a fait appel à la société Cent millions de pixels pour créer une application Ipad (qui seront fournis) qui se présentera sous la forme d’une série de jeux, suivant un scénario historique et qui proposera une reconstitution de bâtiments aujourd’hui disparus. Si à la base, on voulait une sorte d’Assasin’s Creed en ultra-haute définition, immersif et plein d’effets spéciaux, il a fallu revoir ces objectifs un peu fou pour finalement parvenir à un résultat malgré tout assez original.

Pas question de croiser les puzzles ou autres jeux du genre, inintéressants au possible et déjà vus partout. L’expérience vidéoludique doit se placer comme un accompagnement, comme une manière moderne de visiter un lieu sublime. Pas question, donc, de rester coller sur un écran du début à la fin : pour jouer, il faudra admirer, il faudra lever les yeux. Reste à savoir si la démarche plaira aux principaux intéressés, auquel cas ce type de médiation connectée pourrait faire son apparition un peu partout et même dans les musées.

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