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À la fondation Cartier-Bresson, Ugo Mulas immortalise les plus grands artistes sur pellicule

Agathe Lautréamont 15 janvier 2016

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Encore peu connu en France malgré son amitié avec des noms majeurs de l’art des années 1960, l’italien Ugo Mulas fait partie de ces figures atypiques de la photographie européenne qui savait saisir les plus grands dans la spontanéité de l’intimité. La Fondation Cartier-Bresson met à l’honneur l’artiste en une sélection de clichés émouvants.

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Ugo Mulas, Marcel Duchamp, 1965 © Estate Ugo Mulas, Milano

Nombreux sont ceux qui s’accorderaient à dire que rendre hommage à la créativité artistique, à son savoir-faire coloré, via la photographie en noir et blanc pourrait être tâche ardue. L’œil aguerri de l’italien Ugo Mulas (1928-1973) prouve pourtant le contraire. L’accrochage organisé dans les salles blanches de la Fondation Henri Cartier-Bresson démontre avec éloquence la proximité, la complicité presque mutine que le photographe savait parfaitement établir avec les grands artistes qu’il rencontra et immortalisa en argentique.

Car, très actif durant les années 50 et 60, Mulas fréquenta les plus grands. Giacometti, Lichtenstein, Calder, Duchamp… Car l’italien a l’œil aguerri et observateur, il a la sensibilité nécessaire pour comprendre la nouveauté intrinsèque incarnée par les artistes modernes qui étaient ses contemporains, qu’il fréquente dès l’après-guerre, plus précisément en 1948, lors de son installation à Milan.

Bouillonnant d’un grand foisonnement artistique, la cité italienne accueille de grands créateurs, et Ugo Mulas lie très vite avec des personnalités et commence à les photographier dans le cadre informel des cafés milanais ou absorbés par leur travail, au cœur du désordre inventif de leurs ateliers.

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Ugo Mulas, Alexander Calder, 1964 © Estate Ugo Mulas, Milano

À compter de 1954, Ugo Mulas affirme sa réputation de grand reporter et glane un prestige affirmé en devenant photographe officiel de la Biennale de Venise. Cette nouvelle position est l’occasion rêvée de renforcer son statut de proche confident des artistes modernes, et c’est grâce à cet événement au retentissement international qu’il se lie, entre autres, avec Alberto Giacometti.

Qu’il fige sur pellicule les créateurs pinceau à la main ou affairés dans leurs studios, ou dans des séries de portraits serrés à la table d’un bar, Mulas révèle son ambition qui anima toute sa vie sa pratique : identifier sa propre réalité, en l’enregistrant dans sa totalité via la pellicule.

Par l’exposition d’une soixantaine de tirages en noir et blanc, tous plus émouvants les uns que les autres, Ugo Mulas tire le portrait à une époque exceptionnelle, où la puissance créatrice ne semblait souffrir aucune limite, incarnée comme elle l’était par des esprits novateurs et des idées qui n’aimaient rien de plus que pourfendre les idées reçues.

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Ugo Mulas, Warhol, Fagan et Malanga, 1964 © Estate Ugo Mulas, Milano

Hypnotisé par la puissance de l’instant, la fugacité d’une seconde que seul l’appareil photo est véritablement capable de capter, il n’était pas rare que Mulas conserve, en tant qu’œuvre parfaitement finie, des planches contact entières, qui permet aux visiteurs une plongée saisissante dans le processus d’une séance photo ; tandis que sous nos yeux, s’animent au travail Roy Lichtenstein ou Marcel Duchamp.

Les clichés de l’italien analysent avec une acuité irréprochable l’art de son temps, et tandis qu’il s’attarde sur la figure de ces artistes (Calder, Warhol, Jasper Johns…), il saisit l’inextricable rapport entre l’art et le cours du temps.

UGO MULAS - LA PHOTOGRAPHIE

15/01/2016 > 24/04/2016

Fondation Henri Cartier-Bresson

PARIS

Au photographe revient le devoir d’identifier sa propre réalité, à l’appareil celui de l’enregistrer dans sa totalité.

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Exposition terminée
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