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Visages de l’effroi : quand les Romantiques explorent la noirceur de l’âme

Agathe Lautréamont 8 janvier 2016

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Il semblerait que les musées de Paris se plaisent à se faire peur. Après des expositions exceptionnelles comme William Blake en 2009 ou Le Romantisme Noir en 2013, le goût pour la terreur poursuit sur sa lancée en jetant la lumière sur les obscures thématiques de la violence et du fantastique dans la peinture du XIXe. Un parcours magistral !

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Eugène Delacroix, Roméo et Juliette devant le tombeau des Capulets © RMN – Grand Palais

Géricault, Ingres, David ou encore Girodet… Tous à leur manière ont trempé leurs pinceaux dans l’ombre des thématiques propres au Romantisme fantastique, celui qui dédaigne les envolées lyriques et les odes au pouvoir de l’imaginaire pour lorgner vers l’autre côté, celui où l’obscurité règne, celle où les pulsions de violence, les meurtres et les rugissements percent dans un noir de poix.

Car le long XIXe siècle se révèle également l’ère des atrocités perpétrées durant la Terreur et des désastres humains des guerres napoléoniennes. Les Romantiques, écrivains mais surtout peintres, ceux qui nous occupent dans le cas présent, nourrissent leur sensibilité des passions ; toutes les passions, y compris les plus ténébreuses.

Qu’ils soient croqués selon les souffrances du peuple ou dépeints à partir des plus grandes œuvres littéraires (allant de Dante Alighieri à Shakespeare en passant par l’imposture Ossian), les artistes de cette époque se tournent délibérément vers des palettes terreuses, ténébreuses où seul le rouge éclatant du sang vient apporter des touches de rehaut à certaines scènes macabres et saisissantes de réalisme.

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Théodore Géricault, Étude de pieds et de mains © RMN – Grand Palais

Sortent les ruines gothiques à l’infinie beauté dans leur déréliction, exit les paysages au soleil levant instigateur de rêveries. Au Musée de la Vie Romantique sont exposés au regard de tous les parias, condamnés, loqueteux et malades ; ceux dont on détourne ostensiblement les yeux, ayant pleine conscience de leur présence, mais qu’on s’interdit de considérer.

Dans nombre d’œuvres, l’influence de l’antiquité est prégnante. Des personnages casqués portent armes et visages fermés, résolus face à l’adversité et l’imminence de la guerre. Des corps dénudés aux muscles noueux rappellent l’idéal de beauté grec. Mais le sujet a glissé de la noblesse d’un acte héroïque vers des représentations de meurtre ou de désir de vengeance.

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Charles Desains, Femme asphyxiée, 1822 © RMN – Grand Palais

La réinterprétation des Romantiques opère le glissement de l’idéal vers le malsain ou l’orgiaque. Les visages, surtout, portent sur leurs traits toutes les passions négatives, les troubles du cœur, les douleurs du corps. Qu’ils se détournent vers un coin d’ombre de la toile (le noir est omniprésent dans le parcours) ou qu’ils nous regardent droit dans les yeux, jusque dans les tréfonds de l’âme, les personnages représentés luisent tous de cette puissance évocatrice et bouleversante.

Une des œuvres les plus saisissantes de l’accrochage est probablement La mort d’Ugolin par le peintre Fortuné Dufau (vers 1800). Le thème, tiré du chant XXXIII de l’Enfer du plus célèbre des poètes italiens, est très connu, et fut interprété à de nombreuses reprises dans l’Histoire de l’art, puisqu’il inspira entre autres Johann Heinrich Füssli, Auguste Rodin, William Blake ou même Gustave Doré.

Fortuné Dufaut, la mort d'Ugolin

Fortuné Dufaut, La mort d’Ugolin, 1800 © Musée des Beaux-Arts de Valence

L’exposition Visages de l’Effroi a ainsi le mérite de rétablir certaines vérités concernant le long XIXe siècle (1789 – 1914) que l’on tend encore bien trop souvent à idéaliser, tant l’image du Romantisme en France est celle d’un siècle de renouveau fondé sur le retour à l’Homme et à ses espoirs comme ses songes éclairés.

À n’en point douter, ce temps se caractérisa tout autant par les désenchantements suscités par les guerres et les perpétuelles instabilités politiques, tandis que la littérature (même si la mode naquit véritablement en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle) s’enfonce dans des bas-fonds étranges peuplés de fantômes, esprits vengeurs, cimetières et autres châteaux médiévaux hantés de vampires et autres meurtriers.

L’art pictural, croissant sur le terreau de son époque, se sustente des Lettres et de la politique pour redéfinir un nouveau code artistique où le Mal devient légitime en peinture.

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