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Portrait de Clément Cogitore, artiste-cinéaste et lauréat du prix LE BAL

Agathe Lautréamont 7 janvier 2016

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Le BAL, en partenariat avec l’Adagp, a récemment annoncé le lauréat du Prix LE BAL de la Jeune Création. Et c’est Clément Cogitore, avec son projet Braguino, qui a été désigné vainqueur. Portrait.

Memento Mori, 2012 © Clément CogitoreMemento Mori, 2012 © Clément Cogitore

 

Un nouveau prix dans le paysage artistique français. Mais la particularité de celui-ci est qu’il se centre spécifiquement sur les vidéastes ou les photographes de moins de quarante ans résidant en Europe. Soucieux d’accompagner durablement de jeunes pousses de la création artistique contemporaine, le BAL suivra donc pendant deux années le travail du jeune réalisateur Clément Cogitore, afin de l’aider à mener à bien un projet dont il aura présenté l’esquisse lors de l’ouverture des candidatures pour ce prix.

Enthousiasmé par l’univers de Cogitore, qui explore en profondeur l’image-document, l’expérience humaine et diverses hypothèses sur le monde, le jury a choisi de couronner le projet du vidéaste, Braguino, qui part à la rencontre d’une « communauté impossible » vivant au cœur de l’hostile forêt sibérienne. Le projet une fois terminé, aidé en cela par une dotation de 20 000 euros, sera exposé à l’automne 2017 dans l’espace culturel parisien.

cogitore
Clément Cogitore © MassiveBertrand/Wikimedia Commons.

 

Mais qui est au juste Clément Cogitore, qui s’est récemment illustré dans les salles obscures avec la sortie de son long-métrage Ni le ciel, ni la terre ? Très intéressé par la question du pouvoir de l’image, de la force de la vision humaine et du potentiel métaphysique des images filmées ou photographiées, Clément Cogitore livre des réalisations qui mêlent art contemporain, démarche documentaire et esthétique cinématographique.

Diplômé de l’ESAD de Strasbourg et du Studio National des arts contemporains, le jeune homme né en 1983 peut déjà se targuer d’un beau pedigree. Refusant tout cloisonnement des pratiques artistiques, il travaille à un syncrétisme de la photographie, des installations et des explorations vidéo, pour livrer une œuvre qui ne ressemble qu’à lui, tout en mettant le doigt sur la relation complexe qu’entretient l’homme avec l’image, et plus particulièrement avec sa propre image. Dans ses vidéos, le réalisateur attache ses pas à des hommes et des femmes aux parcours hétéroclites, de l’amoureux d’art classique au migrant à la recherche d’un monde meilleur en passant par la thématique de l’isolement face à la maladie.

Sans titre, 2014 © Clément CogitoreSans titre, 2014 © Clément Cogitore

 

Ses réalisations, toujours extrêmement pensées en amont et définies à la manière de véritables petits tableaux, ont été primées à de nombreuses reprises dans des festivals internationaux, comme la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Il a remporté en 2011 le Grand prix du Salon de Montrouge, et est nommé un an plus tard pensionnaire de l’Académie de France, à la Villa Médicis. Jusqu’à récemment encore peu connu du grand public malgré sa production artistique très vaste pour un créateur si jeune, la consécration arrive véritablement après la sortie dans les salles françaises en 2015 de son premier long-métrage, Ni le ciel ni la terre.

Film fantastique sur fond de guerre en Afghanistan, cette première réalisation de grande ampleur n’use en réalité du sujet du conflit que comme toile de fond, préférant un discours mystérieux proche de l’onirisme qui bouscule les habitudes des spectateurs. Que cache le monde visible ? L’œil humain est-il aussi perçant et infaillible que ces soldats le pensent ? Et qu’en est-il du sacré dans un monde où matérialisme et relativisme dominent les modes de pensée ? Toujours donc, on retrouve cette constante du regard et de l’image dans le travail de Clément Cogitore. Ambitieux, à rebours des codes traditionnels, le film fut justement salué par la critique, et remporta le prix de la Fondation Gan pour le cinéma l’année de sa sortie, en 2015.

ciel terreAffiche du long-métrage Ni le ciel, ni la terre, 2015

 

Difficile donc de ranger Clément Cogitore dans une case bien définie, et heureusement, car c’est précisément ce que veut le jeune homme. L’exploration ne pouvant passer que par l’expérimentation, le tâtonnement, la nouveauté, l’artiste français en attend toujours plus de sa pratique artistique, ne se satisfait jamais de sa production, pour mettre en branle un constant renouvellement de ces créations qui n’en finissent pas de surprendre.

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