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Skate-park, appartements… Réhabiliter le patrimoine religieux pour mieux le préserver ?

Agathe Lautréamont 30 décembre 2015

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En Espagne, une église vieille d’un peu plus d’un siècle laissée à l’abandon depuis la guerre civile espagnole vient d’être transformée en un immense skate-park, tandis que ses murs ont été recouverts d’œuvres de la main d’un street artiste célèbre dans la péninsule ibérique. Une solution pour sauver le patrimoine en danger ?

eglise 1

© Okud’art

L’église Santa Barbara de la petite ville espagnole de Llanera était oubliée de tous depuis 70 ans, et tombait peu à peu en ruine après des dommages subis au cours de la guerre d’Espagne. L’église connaît cependant une deuxième vie depuis la fin de l’année, en ayant été transformée en skate-park.

Des fous de glisse s’en donnent donc à cœur joie entre les belles voûtes de pierre, tandis que l’artiste de rue Okuda San Miguel s’est chargé d’orner les murs de ses travaux kaléidoscopiques.

Montréal, une église reconvertie en bibliothèque © DR

À Montréal, une église reconvertie en bibliothèque © DR

Cependant, tout le monde ne voit pas cette transformation d’un bon œil. Des skateurs dans la maison de Dieu ? Pour quelques croyants taciturnes, on n’est pas loin du blasphème. Pourtant, sous prétexte que l’endroit est un lieu de culte ayant été consacré, doit-on mettre un frein à ces réhabilitations quand elles permettent de sauver le bâtiment de la ruine ou de la démolition, quitte à en transformer l’usage ?

S’il reste encore marginal en France, le phénomène tend à gagner de l’ampleur un peu partout dans le monde ; car réaménager ces vieilles églises en bibliothèque, espace de loisir ou salle de spectacle offre une perspective intéressante de sauvegarde du patrimoine, tout en conservant ces édifices à des usages publics.

show room mode dans une chapelle à Nantes © Franck Dubray

Un show-room mode dans une chapelle à Nantes © Franck Dubray

Car le constat est sans appel : dans les pays occidentaux, et quoi qu’en dise l’Église catholique, de moins en moins de fidèles se pressent dans les stalles des cathédrales. Cette fréquentation en berne rend très délicat la possibilité d’assumer les coûts de fonctionnement, et surtout d’entretien de ces lieux de cultes souvent très anciens, et qui nécessitent une attention constante.

En France, en vertu de l’article 2 de la loi de séparation des églises et de l’État de 1905, les subventions au culte par les collectivités publiques sont interdites.

Que faire alors, de ces superbes bâtiments qui, avant d’être des endroits de prière, représentent un patrimoine inestimable ?

Park Howard Methodist Church ©

Une église méthodiste transformée en loft, Toronto, Canada © DR

C’est là que le secteur privé intervient, les promoteurs immobiliers faisant de plus en plus les yeux doux à ces structures délaissées qui peuvent être repensées en appartements chics, lofts et autres maisons originales à destination d’acheteurs excentriques.

Les démolitions restent toujours très rares, l’opinion publique restant attachée à la préservation des vieilles pierres. À Montréal par exemple, l’église Saint Mathias Apôtre accueille désormais l’association caritative Chic Resto Pop, une sorte de Restos du Cœur made in Québec. Pour les membres de l’association, cette reconversion est parfaite, puisqu’elle continue de servir l’idéal de partage et de charité prôné par la chrétienté.

chic resto pop

L’église Saint Mathias Apôtre transformée par l’association © Chic Resto Pop

En France, la situation est critique pour les bâtiments de culte. L’Observatoire du Patrimoine Religieux estime en effet que d’ici 2030, entre 5 et 10% des églises et cathédrales appartenant encore à l’État pourraient disparaître, si rien n’est fait pour les préserver… ou les transformer.

Certaines agences immobilières se spécialisent alors dans la vente de ces biens si particuliers. Les acquéreurs sont le plus souvent du milieu de la culture, qui ont à cœur de maintenir le lieu ouvert au public, malgré les difficultés évidentes pour les réhabiliter, les isoler et les chauffer. Une idée à creuser, donc, et pourquoi pas à encourager, s’il offre un moyen détourner d’admirer de très beaux édifices… l’aspect religieux en moins !

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