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Un Picasso bientôt découpé en 150 000 morceaux ?

Jéremy Billault 29 décembre 2015

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Pour les fêtes de fin d’années, l’équipe d’un jeu de société plutôt original, Cards against humanity, propose aux internautes de dépenser 15 dollars pour recevoir huit cadeaux mystérieux dévoilés fin décembre. Parmi eux, un Picasso acheté avec l’argent des 150 000 participants qui sera, après leur vote, offert à l’Art Institute de Chicago ou… découpé au laser en 150 000 morceaux et envoyé à chacun. Résultat le 31 décembre.  

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Faut-il découper un Picasso en 150 000 morceaux ou l’offrir à un musée ? La question est sérieuse et ne trouvera sa réponse que le 31 décembre. Tout a commencé avec l’idée un peu folle d’un collectif plus qu’un peu fou : offrir huit cadeaux mystères dévoilés au mois de décembre aux internautes qui auraient le courage et la confiance aveugle d’investir 15 dollars. Evidemment, la démarche et les cadeaux n’ont rien à voir avec ce que l’on pourrait s’attendre à recevoir.

Geeks, activistes, humoristes, on ne sait pas trop comment qualifier le collectif Cards against humanity (des cartes contre l’humanité), connu pour avoir créé un jeu de cartes au succès international dans lequel les cartes blanches comblent les phrases à trou des cartes noires, le tout dans la joie, la bonne humeur et la vulgarité sans limites. Parmi les huit surprises, pas de vrai cadeaux bien matériels (si, des chaussettes), mais plutôt des donations (on offre des vacances à l’imprimeur du jeu en Chine), des gestes engagés (dons à la radio publique locale pour préserver la qualité des médias) et, pour tester la communauté elle-même, un Picasso.

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Pablo Picasso, Tête de Faune, 1962. Photo: Koller Auktion.

Avec une partie de l’argent des 150 000 audacieux, l’équipe des cartes s’est donc offert Tête de Faune, une gravure sur linoléum signée Pablo Picasso dont le destin ne sera scellé que le 31 décembre prochain, après le vote des principaux intéressés. Deux options se présentent : d’un côté on décide d’offrir gracieusement l’œuvre à une institution culturelle (le prestigieux Art Institute de Chicago), de l’autre on la charcute à grands coups de laser de façon à obtenir 150 000 morceaux (avec des dimensions de 64,1 × 53,3 cm, les morceaux s’annoncent discrets) pour satisfaire chaque individu.

Le vote est sérieux et, le cas échéant, le groupe devrait aller jusqu’au bout de son idée et pulvériser sa Tête de Faune en vertu de la décision du peuple. Et cette éventualité a été envisagée. Car, s’il s’agit bien d’un Picasso, on ne parle pas des Femmes d’Alger (œuvre la plus chère vendue en salle des ventes qui a battu le record en mai dernier en partant pour 179 millions de dollars), mais d’une reproduction dont il existe une cinquantaine de copies et dont l’estimation varie entre quinze et vingt mille dollars.

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Capture d’écran de picasso.eightsensiblegifts.com.

On l’aura compris, l’état d’esprit de cette liste de cadeaux tend plus à l’altruisme (et parfois au troll) qu’au matérialisme de cadeaux purement personnels : peu de chance, donc, de voir l’œuvre pulvérisée et éparpillée. Sur le site qui donne accès au vote, une vidéo tourne en boucle : on y voit l’oeuvre étalée, plongée dans le noir et menacée en permanence par un laser qui n’attend qu’un clic pour s’exécuter. Le faune et ses grands yeux ont l’air de nous supplier tandis que Vivaldi installe une atmosphère mesquine qui dévoile presque le plaisir qu’éprouveraient éventuellement les créateurs de ce système diabolique à voir que, finalement, ils avaient raison.

Dans le cas (probable) où la gravure serait sauvée par ses 150 000 propriétaires, elle rejoindrait la collection permanente de l’Art Institute de Chicago (deuxième plus grand musée d’art des Etats-Unis derrière le Met). Pour se consoler, chaque donateur aura malgré tout un dernier cadeau : l’honneur d’être nommé roi d’un véritable château acheté par Cards against humanity en Irlande. C’est déjà ça.

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