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Trop beau pour être vrai… et pourtant ce dessin est bien de Bosch

Agathe Lautréamont 23 décembre 2015

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Auparavant, on le considérait comme « trop » Bosch pour être bel et bien un Jérôme Bosch.  Et pourtant, ce dessin à la plume et encre brune vient d’être récemment attribué au peintre néerlandais (1450-1516), après de longues années de forts soupçons. Il dormait, anonyme, dans une collection privée belge.

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Jérôme Bosch, Paysage infernal © Bosch Research and Conservation Project

C’est une vision apocalyptique, telle que les appréciait le mystérieux maître néerlandais de la Renaissance. Dans une œuvre fourmillant de détails, d’innombrables personnages finissent engloutis par des monstres insatiables, tandis que d’autres sont cuits à point par un dragon au long cou. On y croise un crapaud gigantesque engoncé dans un panier, un monstre humanoïde se déplaçant dans un tonneau, un autre, mi-homme mi-harpie, casqué et prêt au combat.

Acheté lors d’une enchère publique en 2003 par un passionné d’art, le dessin avait été reproduit en 2012 pour un catalogue sur Jheronimus van Aken, plus connu sous le nom de Jérôme Bosch, même si son attribution était encore sujette à débat. D’autant que se faire un avis précis sur la paternité de l’œuvre était compliqué par le fait que le dessin faisait partie d’une collection privée, et donc non visible du grand public et autres experts.

Matthijs Ilsink, historien de l’art et enseignant à l’Université Radboud de Nimègue, aux Pays-Bas, croisa par hasard le dessin dans le catalogue édité par la maison Koreny en 2012 et ; subjugué par la précision de l’œuvre, estima qu’il était temps de jeter un œil plus scrutateur à cette feuille de papier.

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Jérôme Bosch, Paysage infernal (détail) © Bosch Research and Conservation Project

Car jusqu’alors, celle-ci n’était vue que comme un pastiche très réussi, et beaucoup d’experts estimaient que l’œuvre était « trop » Bosch pour bel et bien être de la main du maître. Comprenez par-là que l’œuvre compterait beaucoup trop de références au style et figures de prédilections de l’artiste pour que celle-ci soit authentique. Un avis balayé d’un  revers de la main par Ilskink qui au contraire, pense que Bosch ne saurait jamais être trop fidèle à son propre registre artistique.

Les dernières technologies furent donc mises à contribution pour enfin savoir si oui ou non, on est face à un dessin de l’artiste. Macrophotographies en haute résolution et réflectographie infrarouge permirent d’en apprendre davantage sur le dessin. Qualité du papier, style et type d’encre furent comparés avec d’autres dessins de Jérôme Bosch conservés à Vienne, Paris ou encore Berlin.

Les rayons X ont également révélé des liens flagrants entre ce dessin, Hellelandschap (« Paysage infernal ») et des esquisses préparatoires dissimulées sous des œuvres fameuses de Bosch comme Le Jardin des Délices conservé au Musée du Prado.

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Jérôme Bosch, Paysage infernal (détail) © Bosch Research and Conservation Project

Une preuve, pour Matthijs Ilsink, de l’authenticité de la petite réalisation (25,9 x 19,7 cm). On sait en effet que Bosch modifiait souvent ses dessins au cours de la réalisation d’une œuvre, ce qui fait que les peintures conservées comptent beaucoup d’esquisses et sous-couches. Or, comment un faussaire aurait-il pu avoir accès à ces travaux préparatoires situés sous les toiles connues de nos jours ? Reste une autre théorie défendue par ceux qui ne croient pas à l’authenticité de l’œuvre : que ce dessin soit de la main d’un membre de l’atelier de Jérôme Bosch…

Toujours est-il que cette nouvelle analyse du dessin de Bosch arrive à point nommé, puisque 2016 marquera les 500 ans de la disparition du peintre. C’est ainsi que la ville natale de l’artiste, Bois-le-Duc, accueillera une exposition majeure sur ce mystérieux peintre, intitulée « Jérôme Bosch : Visions d’un artiste », devant ouvrir au musée Noordbrabants à partir du 13 février prochain.

Ce sera en fait le point de départ d’un important dispositif de festivités, conférences et événements en tous genres sur le travail de l’artiste. Du côté de l’Espagne, le Musée du Prado qui expose dans ses collections Le Jardin des Délices (1503-1504) organisera son propre accrochage en hommage au créateur néerlandais, mais un peu plus tard : le 31 mai. Un site internet dédié au travail de Bosch, ainsi qu’un documentaire sur l’artiste sont également prévus pour l’année 2016.

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