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Nicolas Cage contraint de rendre un crâne de dinosaure volé à la Mongolie

Jéremy Billault 23 décembre 2015

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On l’a connu Benjamin Gates, à la chasse au trésor des templiers. Aujourd’hui, de retour en tant que Nicolas Cage, l’homme a résolu le mystère d’un trésor préhistorique. Moins d’exotisme, moins d’aventure mais beaucoup de générosité de la part de l’acteur américain sans l’aide duquel une pièce rare mise sur le marché par un contrebandier aurait pu ne jamais retrouver sa terre d’origine.

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Le specimen de Tarbosaurus bataar du musée Victoria de Melbourne.

Tout commence en 2007 dans une galerie de Beverly Hills. Alors qu’il assiste paisiblement à une vente aux enchères. Nicolas Cage est pris au piège, happé par un regard envoûtant qui ne le lâchera pas. Ce regard, c’est celui d’un bataar, un gros : un Tarbosaurus bataar dont le crâne retrouvé en Mongolie siège à Beverly Hills dans l’attente d’être vendu. Evidemment, nombreux sont les collectionneurs passionnés et les enchères se suivent. Mais en proposant 276 000 dollars (252 000 euros), Nicolas Cage parvient à décourager ses adversaires dont faisait pourtant partie (véridique) son confrère Leonardo di Caprio lui aussi séduit par le regard profond du fossile vieux de 70 millions d’années. Comme l’a précisé Alex Schack, son agent, l’acteur américain reçoit alors un certificat d’authenticité de la part de la galerie, la vente est totalement légale.

Pourtant, en 2014, les autorités américaines l’avertissent que le crâne pourrait avoir été volé avant d’atterrir à Beverly Hills. Quelques mois d’enquête plus tard, la chose est certaine : on a volé le crâne là où on l’a découvert, en Mongolie. Naturellement, Nicolas Cage n’y est pour rien ; la galerie à laquelle il avait acheté ce crâne préhistorique non plus. Celui qu’il faut tenir responsable de cette vente frauduleuse s’appelle Eric Prokopi, un nom bien connu dans le milieu du trafic et de la contrebande. Prokopi, paléontologue considéré comme un marché noir à lui tout seul, a déjà fait de la prison après avoir détourné le squelette entier d’un dinosaure similaire retrouvé dans le désert de Gobi dont certains éléments avaient été vendus en 2012 dans la galerie I.M Chait (celle de l’achat de M.Cage). Pour alléger sa condamnation, l’homme a collaboré avec les enquêteurs et a déjà permis de retrouver et restituer 17 fossiles à la Mongolie. Pour l’heure, le rapport entre le trafiquant et le crâne en question n’est pas avéré.

Retrouvé en Mongolie (seul endroit au monde où ont été retrouvés des squelettes de Tarbosaurus bataar), le crâne est arrivé aux Etats-Unis en 2006 en provenance du Japon accompagnés de la simple description « morceaux de pierre fossiles ». Pourtant, les fossiles retrouvés dans le désert de Gobi sont considérés comme étant la propriété du gouvernement mongol et leur exportation est formellement interdite. Contacté par le bureau de Preet Bharara, procureur de Manhattan très actif dans la recherche et la restitution de fossiles aux origines troubles, Nicolas Cage s’est vu confisquer son précieux bien, décision à laquelle il s’est plié le plus volontairement du monde. Et Di Caprio se félicite d’avoir économisé 270 000 dollars.

 

 

 

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