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Au fil du fleuve Amour, au Quai Branly

Agathe Lautréamont 23 décembre 2015

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Sous le titre poétique « Esthétiques de l’amour », se dissimule une petite mais ravissante exposition s’étirant sur la mezzanine du musée du Quai Branly. Partons à la rencontre des populations qui vivent le long du fleuve Amour, entre Russie orientale et Chine, dans des objets glanés du XIXe au début du XXe siècle…

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Un artisanat habile

Disséminées dans les fameuses vastes vitrines sur fond noir du Quai Branly, les pièces du parcours jettent dans des espaces d’exposition un peu sombres une lumière originale et bienvenue sur des peuplades méconnues du bout du monde : celles de Sibérie extrême-orientale, au rythme de vie éprouvant dû à un climat particulièrement rude. Vivant presque exclusivement de la chasse et de la pêche, les us et coutumes de ces peuplades sont présentés en deux temps : d’abord le textile, puis vient l’artisanat.

Avec beaucoup d’admiration, on se plaît tout au long de l’exposition à prendre le temps de détailler les vêtements magnifiquement conservés; allant de la robe de festivités au lourd manteau de chasseur, doublés de fourrure et ornés de fragiles peaux écaillées de poissons en tout genre.

Des mains presque exclusivement féminines se cachaient derrière ces réalisations, tandis que la gent masculine était plutôt préposée à la fabrication d’artefacts divers et variés, destinés à un usage quotidien ou religieux. On croise çà un coffret de bois sculpté rehaussé de volutes somptueuses, là une bourse en cuir ou en peau duveteuse indispensable pour transporter armes et nourriture.

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L’Amour est un long fleuve tranquille

En effet, les populations de l’Amour ont développé tout au long de leur histoire un fort rapport aux croyances chamaniques, qui se sont exprimées par des motifs complexes, des symboles multiples et des représentations animalières. Le saumon occupe ainsi une place centrale dans l’imagerie de ces peuplades, qui prêtaient à ce puissant animal aquatique,  capable de remonter les cours de longs fleuves, des pouvoirs animistes; incarnation du lien étroit entre les populations de Sibérie orientale et les forces de la nature environnante.

L’exposition surprend, et dans le bon sens du terme, puisque rares furent les fois où ces pièces ont été exposées aux yeux de tous dans des institutions muséales. Pourtant, comme tient à le rappeler le Quai Branly, nombre d’entre elles dorment dans des collections hexagonales depuis le début du XXe siècle.

Peut-être les conservateurs étaient-ils peu enclins à dédier un accrochage à cette partie du monde si peu connue, au climat hostile, et dont on peine à situer les peuples. Sont-ils russes ? Chinois ? Mongoles ? Peut-être tout cela à la fois ? Toujours est-il que leur art et leur artisanat est la résultante de ce syncrétisme exceptionnel, couplé à une place majeure de l’animisme dans leur vie de tous les jours.

Chamanisme et esthétisme

Cette esthétique tout en volutes et en spirales est un vrai régal pour les yeux, et l’on se plaît à décrypter dans chaque objet, chaque vêtement, quel pouvoir allégorique y était étroitement relié. Là où certains vouaient un culte au fleuve et ses richesses piscicoles, d’autres comme les tribus Nanaï, vénéraient l’ours, emblème de puissance, allégorie de la force mais aussi de l’attention maternelle.

Toujours, comme la sève des rêves et visions de ces peuplades aux noms carillonnants (Aïnous, Orotch, Hezhe…), le spiritisme court, fil rouge immuable, instigateur de l’art, espérance d’un au-delà magique où la communion avec la nature serait enfin atteinte.

Aiguillonnée, notre curiosité aimerait encore en apprendre davantage sur les chamanes, les prêtres sorciers qui harmonisaient la vie des peuplades, sur les transes et les visions qui espéraient capter l’avenir des vivants et le devenir des morts. Or, le Quai Branly a adopté ici une approche moins ethnologique qu’esthétique, laissant le soin au visiteur de laisser courir son imagination le long des rives gelées du fleuve Amour, pour tenter de percer le mystère des populations qui ne laissent pas si facilement leurs secrets être percés par nous autres, populations occidentales qui avons oublié depuis bien longtemps le pouvoir onirique de la communion avec la nature.

 

ESTHÉTIQUE DE L'AMOUR

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Exposition terminée
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