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Des robes-trésors exposées au Musée Galliera

Agathe Lautréamont 22 décembre 2015

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Passer la porte de l’exposition « La Mode Retrouvée » du musée Galliera, c’est pénétrer dans une autre dimension, un  monde où le brillant du velours rivalise avec l’éclat de la perle ; où l’apparence est reine. Bienvenue dans la garde-robe de la Comtesse Greffulhe.

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Worth, Robe du soir, 1896 © © L. Degrâces et Ph. Joffre / Galliera / Roger-Viollet

Si le nom d’Élisabeth Greffulh tend à s’oublier au fil des années, les lecteurs de Marcel Proust la connaissent pourtant très bien sans le savoir, la noble dame illuminant les grands salons parisiens de la fin du XIXe siècle ayant été immortalisée par le prolifique écrivain sous le nom de Duchesse de Guermantes.

Vantée en son temps pour sa grâce sans pareille, virevoltant d’une réception à une autre dans un frôlement de jupes, la Comtesse Greffulhe faisait de son vivant figure d’icône, tandis que son goût prononcé pour les riches étoffes et les parures remarquables servait d’étalon d’or aux couturières influentes comme Nina Ricci ou Jeanne Lanvin. Si son nom n’est désormais plus connu que par les spécialistes de la mode d’il y a deux siècles, son exceptionnelle garde-robe, donnée au Musée Galliera, tient une place centrale dans la définition du goût français.

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Worth, Robe « tea gown », 1897 © © Stéphane Piera / Galliera / Roger-Viollet

Égérie admirée des photographes Otto Wegner et Paul Nadar (fils de Félix), Greffulhe incarnait un idéal d’éternelle jeunesse aux yeux de l’aristocratie parisienne. Sa silhouette en sablier, particulièrement adaptée au port du corset, soulignait une taille très fine et des hanches marquées ; un atout qu’elle persista à mettre en avant passé le XXe siècle, alors que le corps baleiné était en nette perte de vitesse au profit de la gaine, moins contraignante, plus confortable.

Une véritable gravure de mode donc, qui avait parfaitement saisi l’importance de la parue dans un univers essentiellement axé sur le paraître comme l’est la haute-société de la capitale. Soucieuse de renouveler perpétuellement l’admiration du « monde », sa garde-robe est l’exact reflet de sa vanité ; faisant d’elle l’amie des couturiers et la coqueluche des intellectuels.

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Paul Nadar, Portrait de la Comtesse Greffulhe, 1896 © Nadar / Galliera / Roger-Viollet

Photographies, croquis, textes de Marcel Proust ponctuent le parcours plongé dans l’ombre du musée Galliera, mais ce sont bien sûr les robes que l’on vient admirer. Que l’on soit amateur de haute-couture ou néophyte en matière de mode, tout un chacun s’accordera sur la préciosité des pièces exposées, la richesse des tissus sélectionnés, la délicatesse des broderies ornant les corsages, manchettes et bustiers.

Faisant preuve de beaucoup de goût, la Comtesse Élisabeth Greffulhe savait choisir les couleurs qui allaient mettre en avant son teint, demander les coupes qui souligneraient sa silhouette élancée, et entretenait une aura de mystère autour de sa personne, attisant ainsi l’attirance et la fascination de ses admirateurs.

Worth, Robe byzantine, 1904 © © L. Degrâces et Ph. Joffre / Galliera / Roger-Viollet

Égocentrique, la Comtesse ? On peut effectivement rester quelque peu circonspect face à ce culte d’elle-même qu’elle aura savamment bâti au cours de sa vie. Mais il convient de conserver à l’esprit que la noble dame faisait partie de ce milieu influent de l’aristocratie française, influençant les choix politiques de son pays et fréquentant les ultimes têtes couronnées subsistant en Europe.

Vers la fin de sa vie, l’époque dorée de la jeunesse définitivement flétrie, elle sut se muer en un mécène important, recevant les musiciens Bartók, Debussy ou Stravinsky dans son salon, tandis qu’elle s’affirmait comme protectrice des arts et des sciences de la première moitié du XXe siècle. C’est ainsi qu’elle soutint les travaux du chercheur Édouard Branly, et qu’elle joua un rôle non-négligeable dans l’établissement de l’Institut du Radium (devenu aujourd’hui l’Institut Curie) en 1909.

LA MODE RETROUVÉE, LES ROBES-TRÉSORS DE LA COMTESSE GREFFULHE

07/11/2015 > 20/03/2016

Palais Galliera

PARIS

Cette exposition propose de découvrir la garde-robe de la Comtesse de Greffulhe dont la beauté et l’élégance légendaires ont inspiré...

Exposition terminée
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