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Bilan exceptionnel pour la vente de la bibliothèque de Pierre Bergé

Agathe Lautréamont 14 décembre 2015

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S’il y avait bien une vente aux enchères qui ne devait être manquée sous aucun prétexte en ce mois de décembre 2015, c’était bel et bien la vente de la somptueuse bibliothèque de l’homme d’affaire Pierre Bergé. Sans regret, il assista le week-end dernier à la première étape de la dispersion de ses trésors de papier et de cuir.

Bergé© Stéphane Briolant

 

Organisée en la salle Drouot par la fondation Pierre Bergé et Associés en partenariat avec Sotheby’s, cette vente s’annonçait exceptionnelle, que ce soit par le chiffre des recettes attendues ou par les lots vendus aux enchères. Cent quatre-vingt ouvrages, dessins et partitions furent ainsi dispersés, tandis que ce premier volet de la vente de cette exceptionnelle bibliothèque se concluait par une recette de 11,68 millions d’euros. Bien plus que ce que donnait l’estimation haute. Un premier acte des plus encourageants donc, lorsque l’on sait que ceci n’était qu’un avant-goût pour six autres enchères qui s’étireront jusqu’en 2017. Quant à l’argent récolté, il sera intégralement reversé à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, reconnue d’utilité publique en 2002.

Quelques lots furent particulièrement disputés au cours de la vente. Ainsi, le manuscrit de L’Education sentimentale de Gustave Flaubert adjugé à 470 000 euros, tandis qu’une édition originale du XVIe siècle des poèmes de Louise Labé s’envolait chez un nouveau propriétaire pour 430 000 euros.  Quant à un dessin à l’encre de Victor Hugo, dans le plus pure style romantique, il atteignit les 400 000 euros. La toute première édition des Confessions du théologien Saint Augustin trouva acquéreur pour 260 000 euros.

augustinLes Confessions de Saint-Augustin, 1470 © Catalogue de la vente

 

Quels sont les sentiments de Pierre Bergé face à l’éparpillement de ce trésor inestimable qu’il mit patiemment, consciencieusement, quatre décennies à collecter, enrichir, admirer ? La joie, semble-t-il. Au terme de la vente qui dura près de trois heures,  il déclarait aux journalistes : « Je suis très content, c’est merveilleux » ; lui qui déclarait en sus ce week-end au micro de France Info qu’il ne s’était jamais considéré comme propriétaire de ces trésors, se contentant de les « accueillir » pour un temps chez lui.

Depuis l’annonce de cette vente exceptionnelle il y a un an, nombre s’étaient questionnés quant au bien-fondé de cet éparpillement, au vue des lots inestimables qui allaient être vendus. L’édition originale de Madame Bovary de Flaubert, dédicacée à Victor Hugo a-t-elle réellement sa place dans les rayonnages d’un particulier ? Ne devrait-elle pas dormir dans les vitrines d’un musée ? La question est valable pour nombre de lots.

labéL’édition des poèmes de Louise Labé © Catalogue de la vente

 

Que certains se rassurent cependant, car certains manuscrits furent préemptés par la Bibliothèque Nationale de France, à l’image de la seule épreuve des Valentines de Germain Nouveau. Pierre Bergé, entendant ces remarques et autres craintes, changea d’ailleurs son fusil d’épaule à deux semaines de l’ouverture de la vente, en offrant quelques-uns de ses biens à des institutions muséales. Les Maximes et Pensées de Chamfort sont ainsi parties pour la Bibliothèque municipale de Grenoble, tandis qu’une édition originale du Docteur Pascal d’Émile Zola trouva résidence à la Maison de Zola à Médan, dans les Yvelines.

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