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Trois questions à… Romain Quirot, lauréat des Audi Talent Awards

Agathe Lautréamont 11 décembre 2015

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Jeune réalisateur amateur de science-fiction, mais aussi photographe et directeur artistique, Romain Quirot présentait le 7 décembre son court-métrage Le Dernier Voyage de l’énigmatique Paul WR, un conte onirique et futuriste quelque peu désenchanté. Exponaute a voulu en savoir plus sur cette jeune pousse du cinéma français.

quirot© Romain Quirot

 

Qu’est-ce qui vous attire dans l’univers de l’écrivain américain Ray Bradbury ?

En écrivant le scénario, j’avais effectivement Les Chroniques martiennes dans un coin de ma tête. Je devais avoir seize ou dix-sept ans quand je l’ai lu et je me souviens m’être dit que ça ferait un film complètement fou. Ray Bradbury aborde la science-fiction avec une poésie et un détachement qui m’ont beaucoup inspiré. Et puis il y a un côté très pop, super coloré que j’adore. C’est un livre assez étrange et envoûtant. Bradbury assume pleinement certains codes du genre mais on sent que ce qui l’intéresse est ailleurs.

En faisant Le Dernier Voyage de l’énigmatique Paul W.R., mon ambition était justement d’aborder à contre-pied les films de science-fiction et les films post-apocalyptique, de détourner les codes pour raconter une histoire où l’héroïsme grandiloquent et le final explosif n’ont pas leur place.

La science-fiction a le vent en poupe en ce moment (Interstellar, Seul sur Mars, Star Wars…) Vous sentez-vous proche de ces visions très hollywoodiennes du genre ?

C’est un cinéma divertissant, ambitieux visuellement et qui permet de créer de vrais univers. Mais le revers de la médaille, c’est que les Américains ont un peu tendance à faire les choses en trop grand. Il y a un peu de « trop », un peu partout : trop d’effets, trop de bons sentiments, trop de gens de la NASA debout, la larme à l’œil devant l’écran de contrôle… Le public américain aime l’ultra-entertainment. C’est presque dans leurs gènes !

En France, c’est un peu plus compliqué. Et en même temps, je pense que le cinéma français se doit de proposer ce genre de films. En tant que spectateur, je fais un peu une overdose des comédies familiales où la caméra ne raconte rien… Qu’est ce qui nous empêche de faire des films de science-fiction ? On n’a clairement pas les mêmes moyens qu’Hollywood mais on n’est pas non plus obligé de singer le modèle américain. N’oublions pas que La Jetée de Chris Marker est l’un des plus beaux films de SF… Il suffit de trouver notre propre ton, notre façon de raconter ces histoires. C’est toute mon ambition avec Le Dernier Voyage de l’énigmatique Paul W.R. : faire un film de science-fiction, mais un film de SF français !

Paul 2© Romain Quirot

 

Vous êtes aussi photographe, et appréciez les paysages désolés (The last free place in America, Fake, Ghost Town…). Pourquoi ce goût pour une esthétique un peu apocalyptique ?

Mon approche de la photographie est très liée à mon regard de réalisateur. Ce n’est pas vraiment l’esthétique apocalyptique qui m’intéresse, j’aime les paysages et les situations qui semblent raconter une histoire ; une histoire souvent étrange ou mystérieuse.

Par exemple, pour la série Fake, je me suis baladé dans des studios hollywoodiens complètement désertés. Dans l’un d’eux, le centre d’une petite ville américaine était entièrement reconstitué. J’en ai presque oublié que c’était un décor. La seule chose que je sentais, c’était ce truc bizarre : les rues sont vides, il n’y a personne. Et des lampadaires sont allongés sur le sol. J’avais l’impression d’être dans un film de Hitchcock.

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