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On a trouvé la (seconde) tombe de Soliman le Magnifique !

Agathe Lautréamont 11 décembre 2015

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Monarque parmi les plus puissants de l’Europe du XVIe siècle, artisan de la puissance inégalée de l’Empire ottoman, Soliman Ier surnommé « Le Magnifique » régnait sur un domaine s’étirant sur une grande partie du Moyen-Orient et de l’Europe de l’est. 

Attribué au Titien, Soliman Le Magnifique, 1530Attribué au Titien, Soliman Le Magnifique, 1530

 

Une partie des restes du souverain reposerait-elle dans une tombe située en Hongrie ? C’est en tout cas ce que vient d’affirmer le chercheur Norbert Pap, archéologue de l’Université Hongroise de Pécs, à l’origine de l’identification du site funéraire en 2013. Près de trois années auront été nécessaires aux fouilles et à l’identification de ce qui y reposait. C’est en effet dans ce pays que le sultan rendit son dernier soupir, en 1566, après une vie de conquêtes, de guerres mais aussi de profondes réformes administratives, économiques et juridiques qui lui permirent de glaner le surnom de « Législateur » en Orient.

Âgé de 71 ans au moment de sa mort, au cours du siège orchestré par son armée de la forteresse de Szigetvar, à un peu moins de 200 kilomètres de la capitale Budapest, près de la frontière croate, les archéologues soupçonnaient depuis quelques temps déjà que ses organes (cœur et viscères) avaient été inhumés sur place, et non rapatriés en Turquie en même temps que sa dépouille. Hypothèse vérifiée par des découvertes réalisées au mois d’octobre dernier, mais qui n’ont été annoncées officiellement que le 9 décembre dernier. Maintenant, tout le défi consiste à reprendre des fouilles plus approfondies du site dès avril 2016, le chantier ayant été interrompu pendant la période hivernale, peu propice à des recherches archéologiques.

Hans Eworth, Soliman le Magnifique sur sa monture, 1549Hans Eworth, Soliman le Magnifique sur sa monture, 1549

 

Pour le moment, les investigations menées sur le petit tombeau (quand placé en comparaison avec celui qui fut érigé en Turquie…) sont des plus encourageantes. Sur le site hongrois ont en effet été mis au jour des fragments de décors et de fresques murales, dont le style se rapproche fortement de sa tombe d’Istanbul. Des objets divers (bijoux, offrandes, pièces de mobilier) ont également été découverts. Plus encourageant encore, les vestiges d’un monastère, d’une mosquée orientée vers La Mecque et d’une caserne confirment l’emplacement de la création d’une ville turque en plein cœur de la Hongrie, baptisée Turbek, et qui sur une ancienne carte française du XVIe siècle, comportait l’inscription « Ici repose Soliman ».

L’archéologue Norbert Pap peine à refreiner son exaltation, et souligne l’aspect extraordinaire des trouvailles. La confirmation de l’existence de la ville de Turbek vient couronner celle de la tombe accueillant les entrailles de Soliman.  Cette cité est en effet unique dans l’histoire de la Hongrie ottomane, les envahisseurs de cet empire ayant davantage pour habitude d’occuper et transformer les villes conquises plutôt que d’en bâtir de nouvelles. Il faut croire que Soliman fit une exception cette fois-ci ; ce qui n’est pas surprenant pour un sultan de cette importance. Conquérant qui guida ses armées à l’assaut de Rhodes, Belgrade et qui ne fut arrêté qu’aux portes de Vienne, il annexa la majeure partie du Moyen-Orient ainsi qu’une vaste portion du Maghreb actuel. Il commanda également aux mers, puisque sa gigantesque flotte faisait régner l’ordre sur la Méditerranée, le golfe Persique et la mer Rouge.

Cercueil de Soliman, dans la mosquée Süleymaniye ©Cercueil de Soliman, Istanbul © World Imaging – Wikimedia Commons

 

À sa mort, l’Empire Ottoman pouvait se vanter d’être une des puissances les plus avancées de cette époque, que ce soit en matière militaire bien sûr, mais également culturelle, économique et scientifique.  Sultan mécène, Soliman le Magnifique présida à la construction de chefs-d’œuvre architecturaux, tandis qu’il soutenait la création artistique, encourageait les philosophes et protégeait les écrivains. L’actuelle mosquée Süleymaniye, bâtie en 1557 à sa demande à Istanbul, est le lieu où repose son corps et celui de son épouse Roxelane.

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