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Le Musée Africain de Lyon menacé de fermeture

Agathe Lautréamont 11 décembre 2015

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Après le Musée des Tissus déjà susceptible de fermer ses portes à Lyon, une nouvelle institution culturelle serait menacée de fermeture. Cette fois-ci, l’épée de Damoclès est suspendue au-dessus de la tête du Musée Africain… Mais que se passe-t-il donc ?

salle des masquesSalle des masques © Musée Africain de Lyon

 

Bien caché dans la petite cours Gambetta, le Musée Africain se meurt dans l’indifférence. Boudé par le public, ne bénéficiant que de peu de couverture publicitaire et médiatique, on passe devant ses portes, sans savoir que dans ses murs sont conservées des collections rares, 2200 pièces exposées et 6000 autres dormant dans les réserves. Sous pression financière, l’espace a lancé le 13 novembre dernier une campagne de crowdfunding pour l’aider à récolter une somme dérisoire : 20 000 euros, une poche d’air bienvenue qui lui permettrait de rester ouvert jusqu’au mois de janvier 2016, et correspond à un tiers des besoins complémentaires du musée avant mai 2016. Pour la suite, tout demeure encore bien incertain.

Pour le moment, la campagne de financement participative semble fonctionner selon l’angle de la couverture médiatique : les journaux traitent de l’affaire, on interroge les employés du musée pour chercher à en apprendre davantage. Ouvert en 1860 sur l’initiative de la Société des Missions Africaines, l’espace muséal ouvre ses portes sur une collection à l’époque de 6000 artefacts et une bibliothèque non moins riche de 8000 volumes. La main passa au fil du temps à des missionnaires, puis des bénévoles, avant de se professionnaliser tardivement : en 2012, quand des salariés à plein-temps viennent s’occuper du musée. Celui-ci affiche 10 000 visiteurs par an au compteur, un nombre hélas bien insuffisant, puisqu’il en faudrait le double pour pouvoir espérer atteindre une autonomie financière.

expo rosa parksExposition Rosa Parks © Musée Africain de Lyon

 

Merja Laukia, directrice du Musée Africain depuis 2012, rappelle que la structure ne bénéficie d’aucune subvention, que ce soit au niveau national ou régional. Impossible d’espérer une manne financière providentielle de ce côté-là. Spécialiste de l’art contmporain, Laukia travailla quelques années au Centre Pompidou à Paris, avant de porter sur ses épaules le musée lyonnais. Elle tâcha d’en élargir les horaires, de redéfinir les angles scientifiques des expositions, et parvint entre 2012 et 2014 à faire grimper la fréquentation de 8000 curieux à 10 000.

Un chiffre famélique, à l’image du budget annuel de l’institution : 60 000 euros par an ; ce qui lui permet d’ouvrir et de penser à deux ou trois expositions par an. La faute à un manque de communication selon la directrice, mais également à une hésitation compréhensible de la part du public. Musée Africain, mais encore ? Rien n’indique si l’on sera face à un musée d’ethnologie ou d’art contemporain. Avec des pièces allant du XVIIIe siècle à la période contemporaine, le public ne sait pas nécessairement à quoi s’attendre avant de franchir l’entrée du musée, ce qui le dissuade souvent finalement d’acheter son billet.

groupe scolaire en visiteGroupe scolaire en visite © Musée Africain de Lyon

 

C’est une des missions de Merja Laukia : mieux expliquer aux curieux que le musée travail à une meilleure connaissance de la création contemporaine des artistes africains, tout en proposant un passage en revu de certaines remontant jusqu’à trois siècles en arrière, venues de pays majoritairement situés en Afrique de l’Ouest. Tout un programme qui se trouve d’ailleurs détaillé sur la page du crowdfunding, mais qui elle non plus n’attire pas les foules. En un peu moins d’un mois, 1600 euros seulement ont été récoltés. La campagne ayant été lancée le matin des attentats de Paris, on peut comprendre que le public avait la tête à tout sauf au mécénat… Malheureusement, le temps s’écoule, et l’opération ne s’étire que jusqu’au 27 décembre.

Face à l’appel à l’aide du musée, les collectivités locales semblent s’être réveillées de leur torpeur, et la directrice de l’établissement culturel paraît confiante quant à un coup de pouce. La ville de Lyon devrait verser un petit quelque chose, assez maigre cependant car s’étant déjà engagée auprès d’autres structures plus porteuses (sans parler de son budget pour la culture amputé de 7 millions d’euros, comme annoncé en juin dernier).

réserves du muséeRéserves du musée © Musée Africain de Lyon

 

Merja Laukia tourne ses espérances vers les entreprises africaines et françaises, mais aussi vers le grand public ; qui rechigne pourtant à verser de l’argent à un musée qui originellement fut fondé par des missionnaires chrétiens qui se livrèrent à une évangélisation forcée et violente de cette partie du globe. Même si le musée s’efforce de montrer l’évolution du travail des missionnaires, cette mauvaise image pèse lourd.

Mais le Musée Afrincain ne se laisse pas décourager. Deux expositions pour l’année 2016 sont déjà programmées et en cours de finition, tandis que sa directrice réfléchit à une éventuelle ouverture d’un nouvel espace dédié aux expositions temporaires si d’aventure, d’ici 2017, les cieux s’éclaircissaient. En attendant, si vous souhaitez de votre côté donner un petit coup de pouce au musée, direction la page de soutien au Musée Africain.

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