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Le collectif d’architectes Assemble lauréat surprise du Turner Prize 2015

Jéremy Billault 8 décembre 2015

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Après deux mois d’exposition, on connait enfin le lauréat du Turner Prize 2015. Parmi les quatre finalistes, c’est le collectif Assemble qui a emporté la palme pour son projet de réhabilitation d’anciennes maisons victoriennes à Liverpool. Un message fort envoyé au monde de l’art contemporain via une œuvre qui, une fois n’est pas coutume, n’en fait pas partie.

000_dv2143432Granby’s Workshop par le collectif Assemble © Andy Buchanan/AFP.

 

On le savait dès l’annonce des finalistes, le lauréat le confirme : l’édition 2015 du Turner Prize est historique. Décerné tous les ans depuis 1984 à un jeune artiste vivant en Grande-Bretagne de moins de 50 ans, le Turner Prize s’était installé pour la première fois en Ecosse (à la galerie Tramway) avec ses quatre finalistes. Après un vote du public en mai et une exposition à partir du 1er octobre, le lauréat (qui succédera, notamment, à Anish Kapoor, Damien Hirst ou encore Steve McQueen) a finalement été désigné le 7 décembre. Parmi les quatre candidats, tous assez farfelus, c’est la candidature la plus originale qui l’a finalement emporté, celle dont la présence en finale avait, déjà, créé la surprise.

Cette candidature est celle d’un collectif, Assemble, composé de 18 artistes (designers et architectes) qui a brillé cette année en rénovant une dizaine de maisons victoriennes laissées à l’abandon dans le quartier de Granby, à Liverpool. Ces travaux de rénovation ont été réalisés en partenariat avec des entreprises locales et ont offert une formation (avec parfois une embauche à la clé) à des jeunes de la région.

Difficile, après cette description, de supposer que le collectif Assemble soit autre chose que l’équivalent britannique de Valérie Damidot et Marc-Emmanuel (certains ne se sont pas privé), mais si rien ne semble être de l’art dans le travail du collectif, c’est pourtant précisément ce dont il s’agit. Chaque poignée de porte, chaque fenêtre contribue a faire du projet une œuvre d’art, dans la réinterprétation nécessaire d’un passé en ruine par le génie contemporain.

Historique

Depuis sa création en 1984, le Turner n’a été décerné qu’une fois à plus d’un artiste (à Gilbert et Georges en 1986), un duo plutôt qu’un collectif. Pas plasticiens, ni performeurs, peintres ou sculpteurs, mais des architectes et des designers qui ont la particularité de présenter une œuvre à la fois très matérielle et immatérielle. Cette dualité est un véritable parti pris de la part du jury, loin de l’espace solennel de l’exposition et révèle, comme l’analyse Adrian Searle dans le Guardian, « un rejet des excès du marché de l’art, un rejet de la création d’objets créés pour le marché de l’art ».

Dans l’exposition, Assemble présente un atelier dans lequel est installé un ensemble représentatif de leur travail : des éléments de déco, des meubles, des poignées, des cheminées dont la présence légitime se trouve en dehors de la galerie, à plusieurs centaines de kilomètres. Dans cet état d’esprit, l’organisation du prix avait organisé, entre août et décembre, une galerie itinérante, un bus, dans lequel les œuvres de précédents lauréats ont fait le tour de l’Ecosse et sorti l’art de son monde habituel. Ouverture et échappatoire.

A l’annonce du lauréat, le jury a déclaré : « Ils s’inscrivent dans une longue tradition d’initiatives collectives expérimentées à travers l’art, le design et l’architecture. En faisant ce qu’ils font, ils offrent un modèle alternatif au fonctionnement de la société ». De son côté, le collectif avait exprimé son sentiment quant à une éventuelle victoire et à la somme de 25 000 livres (34 000 euros) qui l’accompagne : « Ça ne va pas lancer ou arrêter notre parcours. Ce n’est pas comme si on allait augmenter nos prix en cas de victoire ». La valeur du travail des lauréats n’explosera donc pas, les salles des ventes ne s’enflammeront pas : entre artistes et jury, on semble s’être compris…

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