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« Dansez, embrassez qui vous voudrez » : focus sur 3 œuvres galantes exposées au Louvre-Lens

Agathe Lautréamont 7 décembre 2015

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« Entrez dans la danse, voyez comme on danse, Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez ». La fameuse comptine qui a bercé notre enfance aurait été composée par Madame de Pompadour, et accueille aujourd’hui les visiteurs de l’exposition événement du Louvre-Lens, dédiée à la représentation des plaisirs et badinages des fêtes galantes au XVIIIe siècle. Focus sur trois œuvres exposées.

Le Pèlerinage à l’île de Cythère, Antoine Watteau

Le Pèlerinage à l'île de Cythère, 1717, Musée du Louvre, ParisAntoine Watteau, Le Pèlerinage à l’île de Cythère, 1717, Paris, musée du Louvre.

 

On l’attendait, et il est bien là ! Impossible d’évoquer les scènes galantes en peinture sans évoquer la figure de Watteau dans ce registre propre au début du XVIIIe siècle. Jean-Jacques Rousseau et ses amours chastes de Julie, ou la Nouvelle Héloïse sont encore bien loin.

Pourquoi Cythère ? Parce que dans l’Antiquité grecque, cette île de la mer Égée était connue pour accueillir un temple en l’honneur de la déesse de l’amour, Aphrodite. Symbole absolu des désirs amoureux, il est choisi par Watteau pour sa riche allégorie pastel des trois étapes du sentiment amoureux.  Car si l’on se penche sur l’œuvre du maître, il est aisé de remarquer une gradation dans sa composition : trois couples figurent au premier plan de la peinture, et attirent notre regard.

On peut observer la naissance de leurs émois, symbolisés par une femme élégante écoutant les paroles de son amoureux aux pieds, justement, d’une statue de la déesse grecque. Si la dame semble hésitante au premier abord, on devine rapidement qu’elle cèdera aux avances du bellâtre, puisqu’un petit enfant représentant Éros, armé d’un carquois et de flèches, lui tire les jupons pour l’inciter à la tentation.

La jeune femme s’abandonne à l’amour et, convaincue des avances du prétendant, se laisse guider par la main, l’amant lui indiquant dans sa gestuelle le chemin menant vers Cythère. La dernière étape est la descente vers l’embarquement, tandis que le couple se jure fidélité ; on le devine grâce au petit chien qui court près d’eux, symbole de la constance.

La Conversation dans un parc, Thomas Gainsborough

Thomas Gainsborough, La conversation dans un parc, 1745, Musée du Louvre, ParisThomas Gainsborough, La Conversation dans un parc, 1745, Paris, musée du Louvre.

 

D’apparence, une scène à la composition simple de l’artiste anglais, déjà fortement inspiré par les écoles françaises dans cette œuvre de jeunesse. On peut voir un homme galant, élégamment vêtu et assis sur un banc, cherchant à attirer l’attention de l’objet de ses soupirs.  Tous deux sont aristocrates, puisque richement parés et, en ce qui concerne l’homme, porte l’épée au côté. La passion se devine pourtant déjà dans leurs joues empourprées par les sentiments difficilement contenus.

Perdue dans sa robe de satin rose et blanc, symbole de la pureté de la jeune fille, cette dernière semble quelque peu dédaigner les avances du soupirant qui, par contraste, paraît agité aux côtés de sa compagne. Les jambes croisées peut-être pour réprimer un tremblement nerveux, la main levée vers le ciel dans un mouvement empressé, l’autre posée sur le pommeau de l’épée, il semble l’antinomie du symbole représenté par la jeune fille que l’on devine mesurée, calme et silencieuse grâce au livre qu’elle tient à la main.

Ce tableau qui s’inscrit dans le style des « conversation pieces » anglaises maintient la retenue et l’éducation stricte à l’anglaise. Ce qui explique que les deux personnages principaux puissent sembler quelque peu figés en comparaison des scènes de galanteries auxquelles nous ont habitués Fragonard, Bouchet et Watteau. Ici, tout se trouve dans la suggestion, dans un symbolisme encore plus discret qu’à l’accoutumée.

La Balançoire, Francisco de Goya

Francisco de Goya, La Balançoire, 1779, Musée du PradoFrancisco de Goya, La Balançoire, 1779, Madrid, musée du Prado.

 

Ici, pas de toile à proprement parler, mais un « carton », esquisse préparatoire qui sert ensuite de modèle aux tapissiers de la Fabrique royale de tapisserie.

Mise en perspective avec les scènes rococo et frivoles qui courent tout au long de l’accrochage du Louvre-Lens, l’œuvre, qui clôt le parcours, met un point final assagi à une exposition qui plaçait l’accent sur les plaisirs un brin dévergondés. Ici, la thématique de la balançoire n’est pas traitée de la manière aussi mutine que dans l’œuvre célèbre de Jean-Honoré Fragonard, Les Hasards heureux de l’escarpolette (gardée jalousement par la Wallace Collection de Londres). Adieu falbalas, dentelles et jupe qui se soulève malencontreusement. L’érotisme, bien que présent, a l’art de se montrer plus discret…

Dans une scène pastorale, une adolescente se balance sur une escarpolette (l’ancêtre de notre balançoire), tandis que des enfants s’ébattent à ses pieds, surveillés par deux femmes d’âge plus mûr, aux visages enjoués. Goya, que l’on connaîtra à la fin de sa vie peintre du petit peuple et des désastres de la guerre, représente ici une famille de la plus pure aristocratie espagnole.

Mais si l’on prend garde à observer le fond du tableau, on notera une présence dissonante dans cette scène féminine apaisée : un bouvier, mâle et séducteur, jette un regard lourd de sens à la maja représentée de dos, qui semble d’ailleurs le dévisager en retour. L’innocence des femmes, la pureté de la jeune fille sur la balançoire, et la pudibonderie des mères semblent ainsi remises en question par ce regard pensant comme une chape de plomb sur une scène délicate.

DANSEZ, EMBRASSER QUI VOUS VOUDREZ

05/12/2015 > 29/02/2016

Louvre-Lens

LENS

L'exposition rend hommage au genre de la Fête galante, popularisé par Antoine Watteau (1687-1721) et qui connut en France et en Europe un ...

Exposition terminée
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