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Chant des chamelles et fête du solstice parmi les nouveaux inscrits au patrimoine immatériel de l’UNESCO

Agathe Lautréamont 7 décembre 2015

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Qu’ont en commun la fabrication des sonnailles au Portugal, la Fête du feu du solstice dans les Pyrénées, ou la musique traditionnelle vallenato en Colombie ? Réponse : leur récente inscription au Patrimoine Immatériel de l’UNESCO.

Fabrication des sonnailles © UNESCOFabrication des sonnailles au Portugal © UNESCO

 

Le 4 décembre dernier s’achevait la 10e session du Comité intergouvernemental qui a en charge la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Cette réunion, organisée à Windhoek en Namibie, fit se déplacer 500 délégués d’une centaine de pays différents afin de voir ajoutés à la fameuse liste vingt-trois nouveaux éléments sur trente-cinq candidatures retenues. Parmi cette vingtaine de nouvelles traditions, cinq doivent être l’objet d’une mesure urgente de préservation, sous peine de les voir disparaître dans les prochaines décennies.

Particulièrement fragiles ou en péril, les éléments figurant sur la liste du patrimoine culturel immatériel ayant besoin d’une sauvegarde d’urgence fait partie des priorités d’Irina Bokova et de l’UNESCO. En choisissant d’en inscrire cinq en une seule réunion sur ce précieux registre, la Directrice Générale de l’association espère envoyer un signal fort, et réaffirmer les soucis de l’UNESCO envers les traditions, dogmes et rites qui sont la sève des cultures du monde.

Grande © UNESCOLa musique traditionnelle vallenato du Magdalena Grande © UNESCO

 

De leur côté, les Etats mis en lumière peuvent espérer attirer l’attention internationale sur les dangers auxquels font face ces éléments, ainsi que sur leurs engagements fermes à mettre en œuvre d’importants plans de sauvegarde au sein des communautés concernées.

Les cinq éléments ainsi soulignés par la réunion de Windhoek sont : la musique traditionnelle vallenato de la région du Magdalena Grande de la Colombie, le rituel pour amadouer les chamelles de Mongolie, la fabrication des sonnailles du Portugal, le « glasoechko », chant d’hommes à deux voix dans le bas Polog de l’ex-République yougoslave de Macédoine, et la tradition orale Koogere des Basongora, Banyabidi et Batooro de l’Ouganda. Des traditions venues de toutes les régions du globe, de pays pauvres comme de pays développés… une diversité qui bat en brèche un cliché à la vie dure, comme quoi seuls de petits pays très pauvres verraient leurs cultures disparaître progressivement.

© UnescoRituel pour amadouer les chamelles © UNESCO

 

Très émouvant, le rituel mongol pour amadouer les chamelles à accepter leur nouveau-né ou à allaiter un petit chamelon orphelin. La mère est attachée par une corde près du bébé, tandis qu’un chanteur entonne une douce mélopée monocorde, qu’il accompagne de gestes et de sons. L’amadoueur adaptera le chant selon la réaction de la chamelle, qui peut se montrer agressive, puis l’amadoue peu à peu pour lui faire accepter le petit. Malheureusement, la tradition se délite, les populations préférant les motos aux chameaux pour se déplacer, entraînant ainsi une chute drastique du nombre de bergers et d’éleveurs.

À l’heure actuelle, c’est la Chine qui compte le plus grand nombre d’éléments classés sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, trente-huit au total. Du côté de la France, on n’est cependant pas en reste, puisque quatorze traditions hexagonales sont protégées, à l’instar de notre gastronomie ou de la pratique de l’équitation. A total, ce registre comporte 363 éléments inscrits, ne laissant pour compte aucune région du monde, de l’Indonésie à l’Algérie en passant par la Corée du Nord.

basongora © UNESCOLa tradition orale Koogere des Basongora, Banyabidi et Batooro © UNESCO

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