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A Bâle, Ben expose délires et réflexion

Jéremy Billault 3 décembre 2015

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A Bâle, le musée Tinguely consacre à Ben Vautier (plus connu sous le nom de Ben) l’une de ses plus grandes exposition jamais présentée. Réalisée en collaboration avec l’artiste, l’expo intitulée Est-ce que tout est art ? présente plus d’un demi-millier d’œuvres, de la plus petite réflexion écrite en blanc sur fond noir à son imposant magasin installé dans son intégralité. 

image_s8Ben,  Magasin (1958-1973) © Museum Tinguely. Photo : Daniel Spehr.

 

Est-ce que tout est art ? La question peut sembler vaste, mais lorsqu’il s’agit de Ben Vautier (dont le XXe siècle se souvient surtout pour ses trousses et ses agendas), elle est légitime. Dans l’immense espace (30 salles) que lui offre le musée Tinguely (Bâle), Ben a installé un vaste échantillon de son œuvre et de sa réflexion permanente.

Parmi les 500 œuvres (!) présentées dans l’exposition, une marque immédiatement les esprits, monumentale, délirante qui, pour elle seule, a nécessité une salle entière. À cheval entre la sculpture et l’installation, c’est son magasin, là où jadis il vendait des disques d’occasions mais aussi là où se réunissaient des nombreux artistes (on pense à Arman ou à Yves Klein) et où ont eu lieu plusieurs expositions. Ce magasin, donc, s’est développé sans cesse pendant son activité (1958-1973), les objets, les panneaux, les pancartes s’accumulant pour finalement devenir une œuvre achetée en 1975 par le Centre Pompidou qui le présentera lors de son inauguration.

Ben© Ben Vautier

 

« Je signe tout »

Dans l’univers de l’artiste (on peut, plus que jamais, parler d’univers plutôt que d’exposition tant tout bouge, s’active, pendouille et peuple les mur), une manie se remarque. Au fil du temps, au fil de l’espace d’exposition, Ben signe. Il signe, encore et encore, tout et n’importe quoi. La signature devient œuvre, la signature fait de l’objet une œuvre, si bien que tout est légitimement art, car tout est signable.

Et quand on dit tout, c’est tout. Les formes, les couleurs, la vérité (dans une œuvre intitulée Moi Ben je signe, 1974) mais aussi Dieu et le Diable, sans oublier, plus littéralement, sa fille (Eva Cunégonde qu’il signe en 1964) ou encore la ville de Nice à travers un cadre vide. Beaucoup de signatures mais jamais de redondance, Ben arrive avec un talent assez exceptionnel à surprendre sans arrêt même en utilisant un même principe, un principe simple étendu à ce qu’on attend le moins.

ben-tt-width-653-height-913-bgcolor-FFFFFF© Ben Vautier

 

D’entrée, le visiteur sera sans doute déstabilisé par la salle des bananes : une suite d’études autour d’une forme étrange et familière, celle qui, par la suite, engendrera une carrière extrêmement prolifique. Dans le maelström protéiforme de l’artiste (des dessins, des tableaux, des sculptures, des installations, des photos, des aperçus de performances, des bananes,un magasin…) se dégage malgré tout une patte, un état d’esprit farfelu, drôle et instinctif qui porte toujours à réfléchir.

Au fil de l’expo, cette réflexion prend forme et évolue. Ici un ensemble de questions autour du moi, de l’ego, de la gloire ; là, une question sur l’autre, sur les autres mais toujours, au cœur de la pensée, l’art. On remarquera surtout, dans le genre, le mur des parodies sur lequel s’étendent de nombreux artistes réinterprétés par Ben (le Klein du pauvre, le Malévitch  du pauvre…). Hilarant et réjouissant.

image_s8 (1)Ben, Banane (avec cadre vert et doré),1958.

 

Des plus petits espaces (on pense à la salle PEGI 18 ou à la machine à savoir comment vous allez mourir) au plus vastes, il y en a partout. Rien ne prend trop de place, tout est installé de façon à entrer en rapport, en discussion avec le visiteur, les œuvres et les salles environnantes. Des sculptures s’activent, jouent de la musique dans une harmonie toute spéciale créée par l’activation d’autres œuvres qui font du bruit ; de haut (le musée Tinguely permet de délicieuses perspectives, surtout sur la grande salle), on constate un immense désordre parfaitement organisé dans lequel évoluent les visiteurs de tous âges, fascinés ou amusés, par le ludique comme par la réflexion, par la folie comme par l’histoire de l’art.

BEN VAUTIER. EST-CE QUE TOUT EST ART?

21/10/2015 > 22/01/2016

Museum Tinguely

BÂLE

Depuis la fin des années 1950, Ben Vautier (né en 1935) est pour ainsi dire omniprésent : en tant qu’artiste, performeur, organisateur,...

Exposition terminée
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