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En Chine, une expo contre les violences conjugales censurée

Jéremy Billault 1 décembre 2015

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A Pékin, une exposition a été fermée quelques heures seulement avant son vernissage, le 25 novembre, rapporte l’AFP. Considérée comme polémique et dérangeante, elle traite de la parité et de la violence envers les femmes. Elle a été définitivement annulée.

 

chine3Gao brothersUne femme trainée par trois hommes en Mao © Wechat/Cangjia.

 

Dans certains pays, on n’est jamais à l’abri de la censure, même au dernier moment. C’est ce qu’illustre tristement la mésaventure d’une exposition à l’aube de son inauguration. L’histoire s’est déroulée mercredi 25 novembre. Alors que, pour le monde entier, le 25 novembre est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, un pays et une ville résistent encore et toujours à la volonté de l’ONU. Ce pays ? La Chine. Cette ville ? Pékin.

Pour célébrer à sa façon cette journée de lutte contre la violence faite au femmes, un sujet très sensible en Chine (24% des familles chinoises sont touchées par les violences domestiques selon la Fédération des femmes de Chine), la Jinge Art Gallery décide d’organiser une grande exposition, militante, contestataire et représentative d’un combat qui, comme tout ce qui touche de près ou de loin au féminisme, est victime d’une répression quotidienne et d’arrestations en masse.

L’exposition est intitulée Adultère : les symboles culturels d’une violence de genre – HeForShe (HeForShe étant une campagne de lutte pour la parité initiée par l’ONU Femmes) et regroupe 64 artistes chinois. Parmi eux, 32 hommes et 32 femmes, parité symbolique mais extrêmement dérangeante pour les autorités locales. Jusqu’au jour de l’inauguration, personne n’a pu visiter l’exposition. A quelques heures du vernissage, les autorités chinoises ont décidé de censurer l’événement sans sommation, les portes de la galerie restant bloquées.

La raison pour laquelle l’exposition a été fermée : des « pressions venant d’autorités supérieures », selon Cui Guangxia, commissaire d’une exposition qui aurait pris trop d’ampleur autour d’un sujet dont on ne raffole pas du côté des dirigeants chinois. « Ils n’ont pas apprécié qu’on se concentre sur les violences domestiques et la parité de l’exposition ».

Du côté du Bureau municipal de la culture de Pékin, on déclare ne pas être responsable de l’exposition, de son organisation comme de sa fermeture. Idem pour la galerie dont le rôle n’aura été que de mettre à disposition les locaux pour les artistes. Les ordres viendraient donc d’ailleurs, d’en haut, du Parti Communiste et de l’entourage du président Xi Jinping dont l’arrivée au pouvoir a marqué une grande vague de restrictions en tout genre.

CHINE2Yu Xinjiao, M. le proviseur, prenons une chambre et laissez cette élève partir ! © Wechat/Cangjia

 

Devant les portes fermées de la Jinge Art Gallery, des artistes dépités montrent aux journalistes de l’AFP des photos prises à l’intérieur de l’établissement des œuvres in situ. Une sculpture représente trois hommes sous les traits de Mao portant chacun un membre d’une femme qui se débat. Plus loin, une femme prend la posture de la Statue de la Liberté avec à la main et sur la tête des casseroles.

Dans un restaurant proche de la galerie, les artistes réunis réfléchissent à l’impact que pourrait avoir leur travail en dehors de l’exposition (les œuvres seront rendues à chaque artiste mais il sera difficile d’exposer quoi que ce soit en Chine). « Notre exposition ne peut avoir lieu, mais notre attitude et notre point de vue restent inchangés », déclare Tong Yujie, critique d’art et féministe, devant les artistes découragés. « Manger ensemble montre que l’exposition se poursuit encore… cette exposition a toujours une place dans l’histoire de l’art ». La censure fera du bruit, le message sera passé. Mais pas en Chine.

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