Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_cercle_2 RENÉ MAGRITTE

21/09/2016 > 23/01/2017

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 PICASSO – GIACOMETTI

04/10/2016 > 05/02/2017

Musée Picasso - PARIS

LA NEWSLETTER

Disparition du mangaka Shigeru Mizuki, dessinateur de monstres et de fantômes

Agathe Lautréamont 1 décembre 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Mangaka célèbre au Japon, Shigeru Mizuki s’est éteint le 30 novembre 2015, à l’âge de 93 ans. Il aura marqué profondément la culture nippone, ses œuvres faisant la part belle aux monstres et autres fantômes issus du folklore asiatique.

 

Déjà fortement affaibli ces derniers mois du fait de son grand âge, Shigeru Mizuki a finalement succombé à une crise cardiaque, laissant orphelins de nombreux admirateurs de son style sans pareil dans la vaste sphère du manga. Né le 8 mars 1922 dans une petite ville côtière du sud-ouest du Japon, celui qui se nomme en vérité Shigeru Mura prend ce pseudonyme en référence à l’auberge dans laquelle il travaillait durant sa jeunesse. Son premier contact avec l’art se fait au sein de cette même auberge, où il distrait les clients avec ses pièces de kamishibai, sorte de théâtre ambulant où des artistes content des histoires tout en faisant défiler des illustrations devant les spectateurs.

Ses parents notent vite ses aptitudes pour le dessin, et l’encouragent à persévérer dans cette voie. Malheureusement, à l’âge de 20 ans, il est enrôlé dans l’armée impériale japonaise, qui jette ses forces dans le tumulte de la Seconde Guerre Mondiale. Soldat en Nouvelle-Guinée, il y expérimente la faim, la peur, la mort. Atteint par le paludisme, il perd son bras gauche lors d’un bombardement ennemi ; celui précisément qu’il utilisait pour dessiner. Mais ce drame ne le décourage pas, et il apprendra à devenir droitier pour poursuivre dans sa voie artistique, et entamer sa carrière de mangaka de retour au Japon. Toutes les atrocités de la guerre en mémoire, il s’inspira de son expérience traumatisante pour nourrir nombre de ses œuvres, comme Opération Mort.

© Yoshikazu TsunoShigeru Mizuki © Yoshikazu Tsuno

 

Il est publié pour la première fois en 1957, et deux ans plus tard, le succès est au rendez-vous. C’est qu’il vient en effet d’imaginer sa saga Kitaro le repoussant, une série de mangas suivant le parcours d’un chasseur de yôkai, ces fameux monstres du folklore japonais si souvent représentés dans des estampes par Hokusai ou Kuniyoshi. Plusieurs fois adaptée pour le cinéma, en animé ou en jeu vidéo, l’œuvre reflète la grande connaissance de Mizuki de ces univers mythiques et folkloriques, où se mêlent squelettes aux yeux globuleux et femmes au cou de serpent.

En explorant les légendes, il espérait révéler les tréfonds de l’âme humaine, ses beautés comme ses laideurs. Un monde qu’il explorera jusqu’en 2007 avec le one shot NonNonBâ, qui remporta le prix du meilleur album lors de l’édition 2007 du Festival d’Angoulême. Ce même festival lui dédia une exposition, deux ans plus tard.

Auteur et dessinateur influent, son travail fut souvent récompensé au Japon, même si Mizuki se montra toujours très critique envers son pays d’origine, notamment dans sa façon de minimiser et gommer sa triste histoire en lien avec l’Allemagne nazie. Dans ses œuvres, le mangaka cherchait au contraire à rappeler les faits, l’implication japonaise dans le conflit aux côtés du Troisième Reich, via des albums comme War in Japan ou Hitler, biographie du Führer.

Voici un reportage réalisé au cours de l’exposition dédiée au mangaka lors du Festival d’Angoulême 2009 :

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE