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Lille programme une grande expo Modigliani pour 2016

Jéremy Billault 30 novembre 2015

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À partir du 27 février 2016, le musée d’art moderne de Lille Métropole présentera l’exposition Modigliani : L’Œil intérieur. Au programme : 49 peintures, 43 dessins et 5 sculptures réunis par Roger Dutilleul, proche de Modigliani, et son neveu Jean Masurel, fondateur de la collection du musée.


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Amedeo Modigliani, Autoportrait en Pierrot, 1915, National Gallery of Denmark

 

Dans l’Histoire récente on associe son nom à l’argent, à l’outrance, à la folie : celle de ce collectionneur chinois qui, en achetant aux enchères l’un de ses tableaux (pour un montant de 170 millions de dollars), a propulsé son nom sur le podium des peintres les plus chers en salle des vente. Mais cette exubérance est loin de lui, de sa vie, de son œuvre.

A partir du mois de février, Amedeo Modigliani brillera par sa modestie au LaM (Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut) à travers une expo événement organisée en partenariat avec la RMN. Pas de Nu Couché donc (il s’est envolé vers la Chine) mais trois axes chronologiques qui explorent les détails d’une carrière brève mais productive.

L’Œil intérieur

3_Modigliani_Zborowski_canneAmedeo Modigliani, Zborowski à la canne, 1917 © N.Keating Pictures

 

Plus qu’une simple chronologie, l’exposition se présentera comme une vision en trois partie distinctes de l’œuvre et de la vie de l’artiste. Jusqu’en 1914, Modigliani est fasciné par la sculpture, dans son inspiration (la sculpture antique notamment) et dans sa constante expérimentation.

La première partie de l’exposition sera donc consacrée à cet intérêt intarissable de la figure, remodelée, aplatie, développé autour d’une œuvre, une tête sculptée (en marbre, unique exemplaire connu aujourd’hui) qui se présente comme une citation, une inspiration ouverte tirée de la sculpture grecque de l’antiquité. A Paris, au Louvre et au musée du Trocadéro, Modigliani découvre, absorbe l’art asiatique, l’art africain, l’antiquité égyptienne et l’antiquité grecque qu’il travaillera via de nombreuses études exposées au LaM.

Pendant la Première Guerre Mondiale, Modigliani se rapproche d’autres artistes, des artistes d’avant-garde (notamment du cercle de Pablo Picasso) restés à Paris. Pour des raisons techniques et par manque de moyen, le sculpteur se concentre sur la peinture et, dans la continuité de ses études de têtes, sur le portrait. Paradoxalement (ou pas), le travail sculptural de Modigliani autour des têtes et des visages conduira à l’aboutissement d’une nouvelle forme de portrait pictural. Les visages sont déformés mais toujours reconnaissables, les figures s’approchent des masques africains et, de façon détournée, du cubisme des artistes qui l’entourent. C’est à ces portraits avant-gardistes que sera consacrée la deuxième partie de l’exposition du LaM, représentant des artistes devenus ses proches dans une forme qui mêle à la fois caricature, sculpture et expressionnisme.

En 1918, après l’exposition scandale de la galerie Berthe Weill, le poète Leopold Zborowski (qui essaye de répandre et de faire connaître partout le travail de Modigliani) décide de partir, avec l’artiste, vers le sud de la France. A quelques tentatives de paysages s’ajoutent les portraits d’anonymes qu’il rencontre grâce à ses proches. Parmi eux, celui qui deviendra son principal acheteur, Roger Dutilleul, un amateur d’art qui, réunissant plusieurs portraits de cette période, constitue une véritable collection à laquelle s’ajouteront par la suite plusieurs tableaux antérieurs.

Grâce à une donation de Jean Masurel, neveu de Roger Dutilleul, le LaM dispose de travaux remarquables des dernières années du peintre (il meurt à 35 ans des suites d’une méningite), qui constitueront la dernière partie d’une exposition prometteuse.

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